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Une remarquable enquête du New York Times

Comment la morale vient aux enfants

Processus de moralisation de nouveau-nés

dimanche 9 mai 2010, par Picospin

Parmi ces questions surgit celle qui a trait à la compréhension de l’esprit d’autres personnes que nous-mêmes en ce qui leurs connaissances, leurs désirs et leur expérience personnelle. Qu’est-ce qui autorise les investigateurs à pénétrer dans les pensées des bébés concernant leur aptitude à devenir des êtres moraux ?

Une question fascinante

La question est d’autant plus fascinante que des savants comme Freud, Piaget ou Kohlberg ont soutenu depuis longtemps la thèse de l’amoralité constitutionnelle du commencement de la vie. Une des tâches de la société consiste justement à transformer les bébés en êtres civilisés pourvus de sociabilité, d’empathie, de honte et de culpabilité. La question est d’autant plus prégnante que l’on s’aperçoit de l’existence d’un nombre croissant d’enfants considérés comme des êtres dits « sociopaths » dépourvus de toute repentir. Comment se fait-il qu’il faille travailler aussi durement pour tenter d’humaniser des êtres déjà pourvus de notions morales ? Les êtres humains ont une notion rudimentaire de la moralité dès le début de la vie comme s’il existait au plus profond de la moelle des os un sens inné du bon et du mauvais. Cette notion ne s’oppose pas à la nécessité d’une socialisation moins parce que le sens du bien et du mal diverge que parce que ce dernier est différent de ce que désirent les adultes. Rousseau s’est permis de qualifier le bébé comme idiot parfait ce que James confirme en parlant de confusion.

Ignorance ?

Les psychologues parlent d’ignorance se prolongeant dans l’enfance, que le temps d’apprentissage se prolonge longtemps en ce qui concerne les évènements survenant dans le monde de la réalité ou de la physique ou qu’un objet de cesse pas d’exister quand il a disparu du champ de vision. L’étude des comportements et des capacités des bébés a été limitée jusqu’à présent en raison des limites qu’ils présentent par comparaison avec les oiseaux ou les rats. Ils ne savant ni se servir d’un levier ni sortir d’un labyrinthe. On s’est aperçu depuis que les bébés avaient une capacité ignorée de la part des chercheurs, celle de regarder les choses intéressantes avec une attention et une durée plus grandes que celles qu’ils considèrent n’avoir aucun intérêt. Ce qui intrigue les bébés sont les faits qui leur apparaissent comme non naturels défiant les lois de la physique comme la magie ce qui montre qu’ils s’attendent à ce que les objets se comportent d’une certaine manière. Les bébés pensent aux objets comme des adultes qui les considèrent comme des masses comparables à des unités solides, sujettes à la gravitation et se déplaçant de façon continue dans le temps et l’espace.

Objets inanimés, avez-vous une âme ?

Ils traitent les gens d’une manière différente des objets inanimés quand ils sourient ou les imitent. Quand un objet animé s’arrête de bouger il cesse d’avoir de l’intérêt pour le bébé et s’il s’agit d’un visage, le bébé s’en émeut. Le bébé s’attend à ce que la personne qui cherche à atteindre un objet continue de la faire même s’il a changé de place. Un cerveau vide n’apprend rien. Un système capable de vite absorber des informations a besoin d’être équipé d’un réseau de compréhension permettant de savoir à quoi il doit faire attention et quelles généralisations faire. La moralité est différente de la physique ou de la psychologie qui sont universels car obéissant aux mêmes lois partout avec des gens qui ont les mêmes désirs, les mêmes objectifs et les mêmes croyances, ce qui n’est pas le cas des codes moraux qui varient de société en société et dépendent plus de la culture dans laquelle vivent les gens que de leur conception innée de la morale. Pour provoquer un trouble chez le rat, il suffit de l’exposer aux cris d’autres rats.

Empathie

Les bébés pleurent davantage quand ils entendent les pleurs de leurs congénères que quand ils sont confrontés à l’enregistrement de leurs propres pleurs. Les chimpanzés s’approchent des victimes d’attaques les enlacent de leurs bras et les nettoient. Les jeunes ont tendance à aider spontanément leurs semblables en difficulté même en l’absence de tout encouragement, ordre ou promesse de récompense. La morale est liée à la liberté de choisir. Selon David Hume, notre raison ne saurait fonder la morale car nos désirs fondamentaux ne sont ni rationnels ni irrationnels.

A suivre...