Ethique Info

Accueil > Sciences > Comment les concepts sont-ils produits par le cerveau ?

Les mystères de l’imagerie cérébrale

Comment les concepts sont-ils produits par le cerveau ?

Quelles révélations ?

lundi 1er décembre 2008, par Picospin

C’est dans une perspective évolutionniste que ce savant aborde le phénomène de la conscience en comparant les formes qu’il revêt chez l’homme avec celles que l’on peut deviner chez l’animal. La capacité de l’animal de forger une image de soi, de rêver, de mémoriser, d’éprouver des sentiments varie selon les espèces.

Un physiologiste

L’auteur présenté ici a le mérité d’avoir remis la conscience dans la perspective de la physiologie comparée et de l’avoir sortie du domaine de la biologie moléculaire, de la théorie des quanta, de l’intelligence artificielle et de ...la bêtise naturelle. Ainsi s’exprime Michel Jouvet, le chercheur lyonnais qui a consacré sa vie à l’étude du rêve, en particulier des figures qu’il prend chez l’animal. Pour lui, la parole a donné à l’homme l’avantage unique d’emprunter le chemin de l’évolution selon les concepts de Lamarck avec sa vision de l’hérédité des caractères acquis. Ce concept a été repris par Peter Medawar qui pense que chez l’homme l’hérédité exogène c’est à dire le transfert de l’information par des voies non génétiques est devenue plus importante pour notre succès biologique que ce qui est programmé par l’ADN. Parlant aux profanes, notre savant australien suit la piste de l’évolution et ne cache guère qu’il suit plus les idées de Darwin que celle de Descartes. En passant, il profite de l’occasion pour relever « l’erreur de Descartes » qui consiste à distinguer l’homme des animaux machines. Quand il emprunte cette pensée, il s’affirme comme la totalité des physiologistes comme moniste pour faire UN du cerveau-esprit. Pour en avoir le coeur (ou l’esprit) net, Derek s’est tourné vers Sir John Eccles pour l’interroger sur le dualisme cartésien. Sur quoi il lui fut répondu que l’esprit était capable d’agir dans des structures ultra-microscopiques dans le domaine de la physique des quanta. On demande de plus en plus souvent aux utilisateurs des nouveaux appareils destinés à la microinformatique, à l’électronique, à l’imagerie ou aux manipulations acoustiques s’ils veulent en savoir plus. C’est sans doute ce qui ne tardera pas à arriver lorsque les perfectionnement techniques actuellement en route sur le chemin de la découverte de la carte du cerveau humain à travers l’IRM fonctionnelle ou la caméra à positrons apporteront des données plus complexes sur l’imagerie mentale et la pensée.

De nouvelles cartes

Rien ne permet de nier actuellement l’hypothèse que de nouvelles cartes fonctionnelles établies grâce à l’immunohistochimie soient aptes à dévoiler des structures sous corticales encore inconnues, comme celles de la conscience de l’éveil du chat, du chimpanzé ou de l’homme. N’est-il pas encore plus étrange, le fameux cas d’Elizabeth Keller, soude et aveugle de naissance et qui parvint à devenir docteur en philosophie en percevant le monde extérieur par le seul toucher. Que le cerveau de l’homme soit programmé pour comprendre et interpréter le monde extérieur à partir d’un seul canal sensoriel n’est-il pas un achèvement prodigieux de l’évolution. On s’est aperçu plus tard que les animaux sont capables d’apprendre et de distinguer des concepts . Les chercheurs se sont trop parcimonieusement intéressés à la faculté des humains qui ne maîtrisent pas ou pas encore le langage, ce qui est le cas des nourrissons, à accomplir des exercices portant sur la discrimination des concepts alors qu’il existe des exemples de psychologie expérimentale où les enfants ne parlant pas, se comportent plus comme des animaux que comme des adultes. Les concepts proviendraient des propriétés statistiques du langage où les mots fréquemment associés à l’oral sont sans doute reliés à des notions semblables. Une autre hypothèse formule sou le titre de « l’inscription corporelle » que les concepts proviendraient de métaphores permettant l’extrapolation dans le domaine abstrait d’une idée rendue évidente dans le domaine concret. D’où l’analogie entre lancer une hypothèse et lancer une pierre. Dans l’hypothèse du langage abstrait on s’attend à observer une activation des aires cérébrales du langage lors de l’exécution de tâches nécessitant l’utilisation de concepts. Dans celle de l’inscription corporelle, on s’attend plutôt à une activation des aires sensorimotrices.

Quelles performances ?

On supposait que les performances concernant les mots concrets étaient meilleures que celles pour les mots abstraits à ceci près que cette supériorité de la première par rapport à la seconde disparaît si l’on peut représenter le concept abstrait par une image mentale. Tenant compte de ces résultats, ne faut-il pas chercher la spécificité de la pensée chez l’homme dans sa faculté à distinguer le signe – mot, geste, image – de ce qu’il représente ?