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Conte du Lubéron

Comment s’emparer d’une forteresse du sud de la France ?

Ou comte de Prtovence

dimanche 16 août 2009, par Picospin

C’est le cas de son reportage sur une personnalité certes connue et reconnue comme Pierre Cardin, auguste vieillard qui en son temps avait jeté son dévolu sur le sud-est du pays, le Lubéron pour ne pas le nommer, présenté ici comme un centre du protestantisme pur et dur dans lequel est intervenu le Marquis de Sade autrefois.

Lacoste : tennis ou Cardin ?

Ce qui est encore plus magique dans cette histoire, c’est l’intervention d’un autre nom fameux, Lacoste, pour ne pas le nommer, un des quatre mousquetaires qui avait fait frémir le monde du tennis au début du 20è siècle. Cette fois, il n’y a aucun rapport entre ce sport et le nom de la localité qui est tombée entre les mains du couturier qui s’est emparé des ruines d’un château pour les restaurer dans un milieu très différent de celui habituel aux châtelains de renom, habituellement situés à droite et ici plutôt placés à gauche, raison pour laquelle les habitants du lieu le traitent avec une certaine antipathie comme représentant d’un capitalisme suranné et à ranger définitivement aux oubliettes. On ne sait pas encore si ce sont celles du château.

Fortune

Fortune faite, M. Cardin, âgé maintenant de 87 ans, possède dans son domaine 42 immeubles dans ce décor de carte postale dont il affirme que lui seul a travaillé pour le mettre en valeur face aux habitants de la région qui n’ont pas levé le doigt pour le mettre en valeur, le rénover, lui donner un habillage digne de sa beauté naturelle et de son importance économique. Certains habitants continuent de railler cette innovation dont la richesse et la plus value actuelle ne permettent plus aux plus pauvres de se loger décemment. Les plus anxieux se demandent comment ils s’y prendront lorsque des remaniements financiers auront lieu en raison du grand âge de l’illustre propriétaire. Ce dernier ne manque pas de rappeler en toute occasion que lorsqu’il s’est installé là, le village comptait à peine 30 habitants et que toutes les structures étaient en ruines dans un environnement qui a longtemps servi de base à la résistance française pendant la deuxième guerre mondiale.

Un beau lustre

Depuis ces temps anciens, perdus dans les brumes de la barbarie, notre auguste propriétaire s’est employé à offrir à son domaine un lustre brillant de tous les feux du monde artistique comme le « Sarah Lawrence College » de New York puis le « Collège d’Art et de Dessin de Géorgie » aux Etats-Unis. Cette activité apporte de la vie dans le campus où travaillent près de 60 étudiants surtout pendant les longs mois d’hiver au moment où la population tombe à moins de 100 habitants. En été, M. Cardin continue cette activité de mécénat pour des festivals dont les prix d’entrée sont très modiques, à l’exemple du niveau de vie très bas qui règne ici toute l’année. Beaucoup se plaignent cependant de ne plus pouvoir bénéficier de cet environnement enchanteur et hyperactif en raison de la montée excessive des prix du logement hors de portée des moyens limités de la plupart des résidents.

Reproches aux touristes : air connu

On reproche aux touristes et visiteurs parisiens de semer troubles et désordres dans un site fait pour le repos, le sommeil tranquille et la récupération des fatigues et stress propres aux grandes villes. D’autres critiques sont encore plus acerbes qui accusent le village d’avoir perdu toutes ses caractéristiques provençales, ce qui n’est pas le cas d’un écrivain irlandais, Finnbar MacEoin, qui défend avec vigueur l’œuvre de M. Cardin, affirmant qu’il n’accomplit pas cette œuvre pour lui-même mais pour les autres car il n’a pas du tout envie de devenir l’homme le plus riche du cimetière et n’a nullement l’intention de vivre en même temps dans la totalité de ses maisons.

Pérennité

Il déclare que toutes ses initiatives vont se poursuivre après sa mort. Pendant ce temps, l’écrivain irlandais, offensé par ce qu’il considère comme les propos et agissements contre l’immigration du ténor du village vient de composer une pièce appelée intitulée le « troupeau de chameaux » dans laquelle il imagine que M Cardin pourrait léguer la ville à une communauté dont le maire serait un bègue polyglotte qui se fait connaître dans les environs par ses discours sans fin.

Questionnement éthique :

1.Selon Wittgenstein, l’éthique considérée comme théorie du bien, n’a aucun sens, ce qui n’invalide en rien le fait qu’il puisse y avoir de l’éthique qui émerge d’expériences toujours personnelles.

2.L’éthique serait la manière dont tel individu se rapporte à des codes moraux qui lui préexistent et qu’il faut interpréter à l’aune de ses propres manières d’agir.

3.Si la morale est sociale et statique et témoigne de l’état des mœurs à un moment donné dans une société donnée, l’éthique relève d’expériences singulières, difficiles à communiquer et qui font figure d’exceptions aux règles morales en vigueur.

4.Lorsque les anciens repères, parmi lesquels les repères religieux désertent le champ de la morale, l’Ethique est vécue comme problème formulé en termes de « Que dois-je faire ? »

5.C’est la question de l’homme laissé dans la solitude d’une décision que rien n’assure ni ne justifie.