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Absentéisme

Compétences ou incompétences

Pourquoi les enfants ne viennent-ils plus à l’école ?

jeudi 22 avril 2010, par Picospin

Cette fois on s’occupait de la détresse des parents qui n’avaient plus d’influence sur leurs enfants devant la volonté desquels ils étaient désarmés et obligés de capituler.

Heureusement, on avait mobilisé une armada aussi invincible que les vaisseaux espagnols au temps de leur gloire. Au chevet des enfants récalcitrants qui faisaient de la résistance passive souvent, active parfois, on avait convoqué des autorités territoriales, des représentants des divers corps de police, et même un professeur de criminologie dont le large éventail de connaissance pouvait apporter les lumières dont il avait l’habitude pour éclairer notre lanterne très pâle et obscure. Le sujet paraissait centre sur le problème de l’enseignement et des causes d’un absentéisme chronique contre lequel aucune solution rationnelle et efficace n’avait été encore trouvée. Le sujet était bien centré sur les problèmes des écoliers qui refusaient de venir s’intégrer aux écoles de la République dont une certaine fraction de la population est si fière. Aucune réponse en rapport avec le sujet n’ayant été apportée par les dignes membres de diverses corporations réunis autour de ce qu’on appelle un plateau de télévision sur lequel il n’y avait rien à manger que d’avaler quelques couleuvres et une cuisine si légère qu’on la crut gonflée à l’hélium, on s’empressa d’accuser tout ce qui pouvait l’être sans jamais se demander pour quelle raison les enfants séchaient les cours. Un être normalement constitué vous répondrait que c’est parce qu’ils s’ennuient en classe. Cette réponse simple n’a encore jamais été fournie par une enquête sociologique digne de ce nom. Quand il n’y a pas de monde au cinéma, on dit que le film est mauvais ou qu’il est trop compliqué ou trop intelligent pour intéresser des gens qui n’ont pas atteint le niveau d’instruction nécessaire et suffisant à sa compréhension. Peut-être aussi que les acteurs jouent mal ou que le metteur en scène ne maitrise pas son métier. On pense rarement à donner comme raisons de l’échec l’incompétence du producteur, la qualité de la pellicule ou les déplorables conditions de projection. C’est pourtant sur ce type d’arguments qu’a reposée la discussion sur l’absentéisme, ce mal chronique et profond de la société dont l’éradication parait difficile même au prix d’arrosages dûment organisés par des Karcher de fabrication récente et sophistiquée. On a toujours affirmé que la solution d’une question dépendait de la place qu’on voulait bien attribuer au personnage central et que dans ce cas, mieux valait le mettre au centre des débats. Croyez-vous qu’on avait fait de même pour les enfants exclus de l’école dont on ne pouvait plus faire les éléments principaux parce que mis hors du système de l’éducation, on ne pouvait plus les y inclure pour discuter de leurs conditions d’adaptation, de participation et d’intervention active dans les processus pédagogiques. Croyez-vous qu’il y eut parmi les personnages respectables vus dans l’émission incriminée le moindre pédagogue, le moindre représentant d’un IUFM, le moindre enseignant ? On se contenta d’interroger des représentants de la police, de parler de « stup » plutôt que de stupéfiants, de faire part d’innovations à succès, de disséquer la nouvelle organisation des corps de police et de leurs émoluments et retraites respectives. Une belle jambe pour les enfants abandonnés ou récalcitrants et leurs parents qui doivent se contenter de recevoir l’emplâtre dont on a retiré le support comme on se propose de le faire pour les allocations familiales des pauvres.