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Des habitants aux abois

Compétition et concurrence sur le sol meurtri d’une île détruite

Redonner un squelette

samedi 16 janvier 2010, par Picospin

C’était même devenu un leitmotiv dans le langage des commentateurs du rugby à la télévision alors que les monceaux de muscles en action, ceints de tricolore n’avaient rien de petit et souvent étaient plus forts que leurs adversaires.

Des plus petits aux plus grands

Parler de petit veut dire simplement mais fortement que quand on est si petit que soi, on a besoin de l’aide des plus forts pour accomplir les actions qui sont en projet mais restent cachés car on ne peut les révéler tous, tant il y en a en rêves et en sommeil dans l’âme des plus généreux. Quand la terre tremblante a mis à bas la presque totalité d’une ile habituée au malheur, à la désorganisation, au crime et à l’instabilité sociale on entendait dans les haut-parleurs les intentions d’aide des frères qui n’avaient que trop d’attention pour les malheureux qui gisaient à terre de l’autre côté des mers. Et de fustiger sinon accabler ceux qui avaient les moyens mais n’en faisaient pas assez pour secourir leurs voisins à l’instar des Américains, caricaturés sur certains écrans de télévision sous le symbole d’un Président Obama qui ne se soucie guère de ceux de ses voisins et frères. A partir de là, la compétition entre Amérique et France, entre un Président agité de tics et de bonne volonté et un Président grand par la taille était prête à démarrer ce que l’on illustrait de façon emphatique dans les bulletins d’information montrant les efforts considérables et surhumains consentis par un petit pays européen face à un géant au pied d’argile qui doit soutenir de ses bras encore affaiblis une bonne partie de la planète.

Avec les pompiers

A partir de ce moment, sur les images des télévisions les pompiers de Brignoles ont malheureusement cédé la place aux forces armées américaines pour utiliser à plein rendement les crédits débloqués en raclant les fonds de tiroir de cette puissance qui en est véritablement une car elle ne la cache pas sous des acrobaties politiques pour montrer puis expliquer ses difficultés économiques, sociales et politiques. Les États-Unis, qui ont une longue histoire commune avec leur petit voisin du Sud (ils ont occupé le pays de 1915 à 1936, ont soutenu puis obtenu le départ du dictateur Aristide), n’ont pas tardé à déployer un dispositif impressionnant : deux porte-avions avec de nombreux hélicoptères, un navire hôpital de 1000 lits, 10000 soldats pour rétablir l’ordre. Ils sont dans leur rôle, puisque l’ONU est à ce jour incapable d’intervenir rapidement avec les moyens nécessaires, écrit à ce sujet AgoraVox.

Opinions

« L’aide gouvernementale française est donc dérisoire si l’on saisit l’ampleur de la catastrophe. On a aussi entendu que la France débloquait quelques millions d’euros et voulait annuler la dette d’Haïti (qui est déjà proche de zéro). Super. Mais que faire avec une liasse d’euros dans la main si par ailleurs l’eau, la nourriture, les médicaments ne sont pas disponibles sur place ? En vérité, tout cela est très loin de ce que l’on pourrait faire et relève de la poudre aux yeux. » écrit encore le même blog. Je pensais voir un communiqué spécial sur Haïti, un point complet sur les efforts français, une lettre aux Haïtiens de France, qui ont tous ou presque perdu un proche dans le tremblement de terre. Mais non, rien si ce n’est un petit communiqué caché entre deux liens. Rien ou presque donc. Pas même un lien vers le site du Ministère des affaires étrangères, où l’on peut effectivement trouver quelques informations. Ce qui est significatif. Le drame en Haïti est une affaire étrangère, que l’on peut gérer avec un numéro d’urgence, 100 pompiers, et quelques millions d’euros. Et en guise de conclusion, le journal ne craint pas d’affirmer en fustigeant les autorités par ces mots durs pour nous-mêmes plus que pour les autres « Je pensais voir un communiqué spécial sur Haïti, un point complet sur les efforts français, une lettre aux Haïtiens de France, qui ont tous ou presque perdu un proche dans le tremblement de terre. Mais non, rien si ce n’est un petit communiqué caché entre deux liens. » Rien ou presque donc.

Des liens ? Où ?

Pas même un lien vers le site du Ministère des affaires étrangères, où l’on peut effectivement trouver quelques informations. Ce qui est significatif. Le drame en Haïti est une affaire étrangère, que l’on peut gérer avec un numéro d’urgence, 100 pompiers, et quelques millions d’euros. Et le blog de luxe de conclure que « l’on peut peut-être penser que la France ne peut accueillir ni gérer toute la misère du monde, mais délaisser le peuple haïtien au moment où ils ont le plus besoin d’aide, c’est montrer au grand jour la petitesse de nos représentants. » Si les représentants de la France, du gouvernement, de l’administration ou de l’opinion publique ont quelques difficultés à extirper leur portefeuille du fond de leur petite poche, ils n’en savent pas moins griffer au visage comme ils l’ont fait pendant la 2è guerre mondiale quand on a expliqué avec une logique toute cartésienne que si les Américains sont venus au secours d’une Europe déboussolée et qui n’a eu ni l’intelligence, ni la « précaution » ni la prévision de mobiliser ses forces devant Hitler mais de se coucher à plat ventre devant lui entrainant dans cette attitude plusieurs millions de cadavres polluant à jamais le sol de ce continent.
Qui a mobilisé ses forces pour venir au secours de l’épave et du squelette qu’a laissé une idéologie de la folie, de la destruction et de la mort ?

Devinez…

Questionnement éthique :

1. Principes fondamentaux de l’éthique : que dois-je faire ?

2. Est-ce que dans une catastrophe comme celle présente devant nous, il est licite et humain de se poser la question du "pourquoi faire ?"

3. Ne s’agit-il avant tout de faire quitte à se poser la question du pourquoi et du comment à un stade ultérieur quand le secours à l’autre a déjà été pleinement apporté ?

4. Est-ce que les fameux ou trop fameux principes de précaution ont été bien posés, définis et qualifiés s’agissant d’une île fragile par sa structure géologique, sa position géographique, son histoire tourmentée et sa structure sociologique instable ?