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Condition de la souffrance humaine

vendredi 2 novembre 2007, par Picospin

Dans une « réflexion sur la douleur humaine, intitulée « Sois sage, ô ma douleur », Colette Chiland, philosophe, psychiatre et psychanalyste, professeur de Psychologie clinique à la Sorbonne et à l’Université René Descartes, s’interroge sur la condition humaine qu’elle décrit sous plusieurs aspects dont le vieillissement, la maladie, la souffrance, la séparation de ceux qu’on aime.

La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?
La nature ? sous contrôle ?

Pour elle, l’être humain est soumis à la nature qu’il ne parvient pas à contrôler complètement dans la mesure aussi où il dépend de la société dans laquelle il vit. Cette condition misérable et inexorable pourrait être atténuée si un autre mal ne lui était pas ajouté. C’est celui que l’être humain fait à d’autres êtres humains pour le plaisir de les dominer. Tout n’est cependant pas perdu car une lueur d’espoir se lève parfois : c’est la force qui permet de survivre dans les situations extrêmes. Le pire et l’admirable coexistent dans l’espèce humaine. Confrontés à la première situation, ce qui aide à vivre c’est la rencontre avec des êtres humains aimants qui restaurent en nous la confiance dans la vie.

Les pages consacrées au génocide

Quelques jours après la parution de ce livre de réflexion, le journal "Le Monde" a consacré une grande partie de sa section littéraire aux nombreuses publications parues sur le thème des massacres perpétrés par le Nazis sur les Juifs des pays de l’est. Dans ce génocide, les Allemands n’étaient pas les seuls, aidés qu’ils étaient par des "alliés" de circonstance parmi lesquels il faut citer les Ukrainiens, les Roumains et d’autres populations touchées par les combats, la guerre, la violence et une vieille cohabitation difficile entre deux communautés qui n’avaient ni la même culture, ni la même position sociale, ni la même situation commerciale ou financière. Après une disparition de près de 40 ans, la mémoire des victimes et des témoins des atrocités perpétrées pendant la 2è guerre mondiale est revenue à grands pas, stimulée aussi par un phénomène d’empathie auquel n’étaient pas étrangers quelques Chrétiens émus par l’intensité des souffrances infligées à une communauté martyre qui vivait à ses côtés. En tête de cette pléiade de rapports, témoignages, impressions et livres, ne convient-il pas de citer le livre de l’abbé Desbois qui a découvert partiellement et étudié la destinée des Juifs massacrés par les Allemands et les Ukrainiens sur leur propre terre. L’auteur de cet article s’est rendu personnellement sur les lieux de ces crimes. On y devine les restes enfouis sous terre de milliers de personnes exécutées par balles et dont les cadavres s’entassaient au moment de leur assassinat.

Des corps amoncellés

Depuis lors, cet amoncellement de corps a été pudiquement et scrupuleusement recourt de dalles qui apparaissent, noires, grises et vertes, au-dessus du sol qui sert de base aux forêts de bouleaux si caractéristiques de ces régions. Ces épisodes sont moins connus que les "centres" où ont été entassés les victimes déjà désignées pour l’offrande à Hitler, en holocauste. On est loin ici des lieux de mémoire auprès desquels se rendent maintenant en masse les familles encore survivantes des tués, les rescapés de l’horreur. Tout souvenir ne s’est pas encore éteint puisqu’il reste de témoins vivants de ces épisodes, paysans âgés, femmes sous ternes fichus, ridés moins par l’âge que par la dureté de la vie, la rigueur du climat, l’hygiène médiocre et la nourriture inappropriée. Chassés par la guerre et les mouvements de populations, - les flux migratoires comme on dit maintenant, - les anciens habitants sont revenus, s’installant dans les maisons laissées vacantes par les Juifs assassinés et les remplaçant là où ils sont en mesure de le faire. C’est tantôt la musique klezmer, sortie tout droit du terroir juif, la nourriture kasher, substitut de celle qui autrefois rassemblait la famille autour des bougies du Seder au cours duquel on commémorait la sortie d’Egypte.

Survivre !

Comment se sont sorti d’affaire quelques-uns de ces rares individus qui portaient en eux et avec eux les propriétés et conditions nécessaires à la survie ? On cite pêle-mêle la bonne santé, le réalisme, la rapidité de décision, l’obstination de s’accrocher à la vie. Quand le vouloir vivre fléchissait, hommes et femmes se transformaient en "musulmans" inertes qui dépérissaient à mesure que les agressions se multipliaient contre eux et qui, avant un dernier sursaut se jetaient contre la clôture électrifiée du camp pour se donner la mort. Les témoignages écrits, les mémoires et autobiographies sont tellement nombreux actuellement après la longue période d’un silence étouffant dû au mutisme des rescapés et à la surdité des témoins que des centaines d’articles, commentaires, réflexions ne suffiront pas à étancher la soif de comprendre, d’expliquer, d’entrer dans le monde de l’absurde, de la haine et de la folie.

Questionnement éthique :

1. Comment expliquer les racines du racisme et de l’antisémitisme chronique des pays de l’est avec leur exacerbation des années 40 ?

2. On a reproché à Hannah Arendt d’avoir défendu la thèse de la banalité du mal. Que faut-il en penser ?

3. Comment comprendre la dualité du philosophe Heidegger qui a sympathisé avec le nazisme et a vécu longtemps avec une Juive ?

4. Est-ce que les vicissitudes de la mémoire sont suffisantes à expliquer les phases d’oubli et de rappel des évènements tragiques qui viennent d’être évoqués ?


Sources : Le Monde : 2.11.2007