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Le repos du guerrier

Confidences sur l’oreiller

ou une Plongée dans le Sommeil

dimanche 20 septembre 2009, par Picospin

Voici que le thème revient sous une autre forme, une forme plus documentée, plus scientifique mais aussi moins romantique ce qui enlève beaucoup de charme à l’histoire.

Une montre raconte...

Au lieu d’un joli conte sur l’oreiller, une montre réveil vous racontera moyennant la trop modique somme de 400 $, les évolutions des phases du sommeil depuis votre endormissement jusqu’à la plongée dans le sommeil profond en passant par des étapes moins ou plus connues selon votre degré d’instruction et la culture scientifique que vous avez acquise. Il y a donc la légèreté du sommeil, qui s’approfondit, passe par les mouvements oculaires rapides avant d’atteindre enfin la phase réelle du dodo, étape que certains considèrent comme celle du bonheur au moment où les autorités proposent d’abandonner la notion de PIB produit intérieur brut pour affecter le premier d’un coefficient de profondeur, celui que l’on applique plus généralement pour mesure celle d’un puits. Il est vrai que ce dernier n’a pas toujours bonne réputation puisque au cours des ans, il a accueilli dans ses profondeurs et son fond les corps, sinon les âmes des protestataires divers qu’on y a jetés pour ne pas avoir souscrit à la morale, à la religion, à la tradition en vigueur au moment où s’accomplit le geste fatal.

Une boite ou une poubelle ?

Quand vous jetez l’enregistrement de votre sommeil le lendemain dans la boite chargée d’en analyser les éléments, toutes les données subiront un traitement de faveur en fonction de critères scientifiques dûment agréés par la classe politico-scientifique, revue au terme de laquelle on vous remettra solennellement votre note accompagnée de commentaires dont l’indiscrétion vous donnera la chair de poule par l’étrangeté des révélations contenues dans ce dossier. C’est que les données qui vous restent ou qui sont restituées par votre mémoire vous étaient jusqu’alors parfaitement inconnues même si, de temps en temps vous avez pu conserver quelques bribes de songes et de rêves. Une infime partie de la population risque de se réveiller ou a la chance de le faire pleinement, consciente qu’elle a passé une excellente nuit à l’instar des réponses reçues au lendemain d’une nuit au décours de laquelle on vous demande d’un ton interrogateur et légèrement sceptique si vous aviez bien dormi.

Génétique, déterminisme ou aléas ?

Naturellement, arrivés au point où la génétique envahit tout le terrain laissé vierge par les aléas des rencontres avec des moteurs externes comme microbes, virus, algues et autres objets divers, il eut été étonnant qu’elle ne laissât la place au déterminisme d’une mutation transformant un gêne jusque là inoffensif, calme et serein en une machine de guerre capable de faire exploser les cerveaux les plus placides, les mieux organisés après avoir été les plus intelligemment conçus. Tout ce que l’on sait, disent les chercheurs, c’est qu’on connaît le caractère indispensable du sommeil pour la vie mais on ne sait rien de ses mécanismes. Les mauvais et les bons dormeurs affirment en chœur qu’ils seraient ravis de voir leur courbe de sommeil inscrite sur l’Internet parce que quand vous n’avez pas votre compte de sommeil, vous n’avez nulle envie de vous lever tôt pour aller au premier rendez-vous du matin avec votre conseiller fiscal. Si tous vos efforts pour plonger dans le sommeil échouent, suivez les conseils des plus grands comme Churchill, Einstein ou Edison et laissez vous glisser doucement vers une sieste qui, aux dires de nombreux spécialistes des neurosciences contribue à résoudre la plupart des conséquences de l’insomnie.

Des résultats

Ne négligez pas les résultats des tests qu’on offre à votre sagacité à propos de la qualité de votre sommeil. Quand on compare les tests dans lesquels on peut déterminer l’existence de rêves et des phases de mouvements oculaires rapides à ceux qui n’en révèlent pas, on s’aperçoit que les premiers obtiennent de bien meilleurs résultats aux épreuves présentées que les seconds. Les rêves sont fantaisistes et chimériques car ils intègrent des idées étranges que vous n’auriez jamais l’idée de juxtaposer dans la vie réelle. Dans le sommeil de la phase qui comporte les mouvements des yeux rapides, on privilégie l’hypothèse d’une continuité des thématiques comme s’il s’agissait d’une dissolution dans un milieu particulier. Ces données problématiques partielles n’empêchent pas de se poser des questions sur l’attitude d’autres de nos congénères comme les modalités du sommeil des girafes qui passent 5 heures par jour à dormir alors que les chauve-souris consacrent 20 heures à cette activité.

Disparités

Une telle disparité s’explique par les activités diurnes et nocturne des diverses espèces animales qui pour optimiser l’organisation de leur temps et de leurs horaires, dorment pendant les périodes au cours desquelles la recherche de la nourriture devient la plus risquée. C’est le cas des chauves-souris qui se nourrissent d’insectes qui sortent la nuit. De ce fait, dormir pendant le jour lui permet de rester caché aux yeux des prédateurs munis d’une meilleure vision. Le corollaire de cette théorie consiste à supposer que notre éveil est au maximum au moment où moment où nous aurions la plus forte productivité. Ce qui tend à faire penser qu’une impossibilité de toucher son oreiller vers 10 h du soir n’est pas un signe de désordre psychique mais le signal d’une exceptionnelle aptitude à faire du bon travail. Le sommeil reste-t-il le meilleur manager du temps ?

Questionnement :

1. Y-a-t-il le moindre problème éthique dans l’organisation du sommeil chez l’homme et a fortiori chez l’animal ?

2. Est-ce que le respect absolu des heures et des horaires de sommeil a une relations quelconque avec un problème éthique ?

3. Est-ce qu’il y a une éthique de la convivialité ou du respect du repos des autres dans un environnement citadin étroit ?

4. Comment doit-on respecter le sommeil des enfants ?