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Racisme ou discrimination ?

Coups bas à la fédération de football

Quelles sanctions et quelles mesures ?

lundi 16 mai 2011, par Picospin

C’est pour cette raison qu’avec une prudence de Sioux et une retenue commandée par l’éthique je me garderais bien de me mêler d’affaires complexes dont les enjeux me dépassent pour revenir, par l’intermédiaire de l’émission de France Culture, « l’Esprit Public » par Philippe Meyer sur le « racisme » exprimé par des dignitaires de la FFF à l’occasion du problème de la sélection des jeunes joueurs en vue de leurs prestations dans les équipes nationales de football parmi lesquelles la Française est naturellement privilégiée.

Me serais-je trompé sur la bénignité apparente de cette question aux relents supposés « racistes », par rapport à la première qui peut l’être autant sinon plus ? On a donc parlé des quotas dans le football français en haut lieu et par voix expertes interposées, ce qui a inspiré des participants, avides d’enregistrer ce qui s’y est dit. C’est ainsi que le site d’information Mediapart a publié un article intitulé « Foot français : les dirigeants veulent moins de Noirs et d’Arabes » qui dévoilerait l’existence d’un projet de quotas ethniques dans les centres de formation placés sous les auspices de la FFF, et qui aurait été finalement abandonné. Il évoque des consignes données par la Direction Technique Nationale pour que la proportion des jeunes footballeurs français d’origine africaine ou maghrébine soit limitée à 30 % lors des épreuves de sélection. Le lendemain de la publication de cette nouvelle, le président de la FFF, le Directeur Technique National et le sélectionneur de l’équipe de France, Laurent Blanc, ont démenti l’existence de telles directives. Le surlendemain, nouvelle publication a publié du verbatim d’une réunion officielle entre les responsables du football français qui s’est tenue le 8 novembre 2010, qui a été enregistrée par un proche de la Fédération et au cours de laquelle les participants se sont penché sur le problème des footballeurs binationaux qui choisissent de jouer pour leur pays d’origine plutôt que pour l’équipe de France. On aurait déclaré que « l’idéal effectivement, c’est de dire, mais pas officiellement : de toute façon on ne prend pas plus de tant de gamins qui sont susceptibles de changer de nationalité à terme ». Laurent Blanc a répondu « ou alors tu les fais passer par des critères différents de sélection », liant ainsi la question de la binationalité et les critères de sélection. L’entraîneur de l’équipe de France a également affirmé : « on a l’impression qu’on forme vraiment le même prototype de joueurs : grands, costauds, puissants. Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks. Et c’est comme ça. C’est un fait actuel. » François Blaquart, DTN, suspendu de ses fonctions, reconnaît avoir tenu ces propos et explique qu’il visait uniquement une catégorie juridique de joueurs, ceux susceptibles de renoncer après leur formation à l’équipe de France pour une sélection étrangère, le plus souvent celle de leur pays d’origine. « Ça n’a rien à voir avec la couleur de peau ou l’origine des gens » se défend-t-il. Laurent Blanc, qui a présenté ses excuses, admet « que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, peuvent prêter à équivoque, (s’ils sont sortis de leur contexte) », mais « ne supporte pas l’idée d’être soupçonné de racisme. Thuram s’insurge contre « ces préjugés sur la couleur de peau » et affirme que la question des binationaux est « un faux problème puisque les meilleurs joueurs vont jouer pour l’équipe de France et que les autres le feront pour les autres pays, sinon leur pays de naissance. » Martine Aubry a dénoncé un scandale « inacceptable, terrifiant et imbécile » et Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, s’est dit « opposé à tous les quotas, et a fortiori ceux qui sont d’ordre ethnique ». Les enquêtes menées par la FFF et par l’Inspection Générale de la Jeunesse et des Sports ont disculpé Laurent Blanc et établi que rien ne permettait d’affirmer qu’une politique de quotas discriminatoires ait été menée dans le football français. La Ministre des sports, Chantal Jouanno, a estimé qu’il n’y avait « pas d’éléments ou de faisceau d’indices qui permettrait de dire s’il y a atteinte à la loi de 2001 sur les discriminations » Le foot est à la fois un marché concurrentiel, et un théâtre d’identités dans lequel on n’hésite pas à débaucher des joueurs dont la plupart sont issus de quartiers pauvres. D’aucuns ont recours à une solution moraliste : celle de la loyauté, mais le foot ne l’enseigne pas. On est dans un univers fluide où l’appartenance n’est pas le premier critère. Dans la compétition sévère et la nécessité de gagner, le recrutement dans les quartiers populaires reste prédominant d’où l’homogénéité de couleur, avec des « blacks » qui ne seraient pas assez représentés alors qu’ils sont en majorité. Mediapart a orienté le débat sur la question de l’identité à partir d’enregistrements sans l’accord des personnes enregistrées. La discussion se passe à bâtons rompus ce qui juridiquement n’a aucune valeur, ne constitue pas une preuve car elle a été volée. La question des binationaux serait celle qui dérange, car les jeunes ont été formés pour jouer dans les équipes françaises sans aucune compensation de la part des joueurs contrairement à ce que fait un énarque obligé de rembourser rembourser ses frais de formation. Il est intéressant d’observer la manière avec laquelle Mediapart a orienté le verbatim. Ce ne sont pas les gens de couleur qui me posent problème a dit Laurent Blanc qui aborde frontalement, le problème soutenu par Malek Bouti. La France a un réflexe protectionniste. L’équipe de France a été un modèle pour l’Allemagne et a été pendant longtemps considérée avec admiration. En Allemagne il n’était pas possible d’avoir la binationalité ce qui l’est devenu maintenant. Les Turcs peuvent maintenant obtenir la nationalité allemande, bi nationalité, pour les gens formés en Allemagne où on considère que si la formation est bonne, le joueur choisira toujours la formation allemande. Pourquoi la France a-t-elle perdu l’estime de soi, alors que la politique est devenue agressive en Allemagne et de la part du recruteur turc au point que les Turcs utilisent l’allemand pour entrainer les joueurs. Avec Mediapart, il y a manipulation de l’opinion quand on distille l’information, on laisse gonfler les sentiments, pour que l’affaire prenne du volume. On aurait affaire à des professionnels du foot qui sont des racistes, or en réalité, ce n’est pas le problème, car le véritable souci est de mettre de l’argent pour des joueurs qui vont jouer ailleurs alors qu’on est là pour former des joueurs pour l’équipe de France. Si le premier match est joué en sélection A dans une équipe, la nouvelle recrue ne peut plus jouer ailleurs. L’argument des critères de sélection n’est pas valable si l’on s’en tient à des grands costauds car à Barcelone, ce sont des petits malins qui gagnent ce qu’ils veulent. Protectionnisme : lecture économique du débat, football business, en ce cas on pourrait abolir les équipes nationales et les joueurs pourraient changer d’équipe et de maillot à leur guise. Contradiction. Les propos des dirigeants sont imprécis, mal maitrisés et peu favorables à la discrimination. On constate des dérapages, car il est faux d’affirmer que l’appartenance à telle ethnie détermine telle façon de jouer. Ces faits nous font réfléchir mais il y faut plus de doigté, il y a moins de racisme que de discrimination. Plenel utilise une technique de journalisme dans laquelle le chapeau est différent de l’article. Jouano a fait un numéro d’indignation, Dugarry a dit que Blanc allait se tirer, ce qui incite à s’interroger sur ce qui est information et manipulation. On va établir des quotas pour noirs ce qui n’a pas été le cas jusqu’à maintenant. D’après l’arrêt Botsman, les joueurs sont maitres de leur carrière et non le club, ce qui oblige à former les joueurs sans pouvoir les garder, n’avaient plus le droit de suite, au plan national, je forme des joueurs pour l’équipe de France, s’ils ne sont pas sélectionnés on n’a pas le droit de les bloquer, dit en conclusion l’entraineur Laurent Blanc. A vous de tirer la conclusion de ce retour au football par l’intermédiaire de dirigeants vieillis, mal formés aux tâches administratives et qui manquent singulièrement d’expérience administrative.