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Enseignement

Cours et prise de notes :

Comment faire ?

jeudi 11 octobre 2012, par Picospin

On se souvient des cours autrefois donnés dans les immenses amphis contenant des centaines d’étudiants, serrés les uns contre les autres, assis dans des conditions précaires et inconfortables et tentant de produire ou de reproduire sur leurs feuilles volantes d’une écriture malhabile déformée par la hâte d’accumuler des lettres et des mots les paroles tombant de la bouche de l’éminent professeur et maitre qui n’avait aucune contact avec des élèves qu’il ne voyait ni n’identifiait.

Gratter ou écrire

Des étudiants qui grattent, des professeurs qui font cours... A l’heure où le savoir est immédiatement accessible partout, l’amphithéâtre, lieu de transmission livresque par excellence, n’est-il pas dépassé ? Pour certains enseignants, la question n’est même plus de savoir si les amphis vont disparaître, mais combien de temps cela prendra pour qu’ils soient remplacés par de petites salles de dimensions humaines où les échanges pourront se développer et l’empathie se concrétiser. L’enseignant qui délivre la parole sacrée à des étudiants passifs, cela ne marche plus. Dans sa forme actuelle, l’amphi disparaîtra avant qu’il soit définitivement frappé d’anathème ! Dans certaines universités, les cours de physique ressemblent à des jeux de quiz où, munis de petits boîtiers, les étudiants doivent répondre aux questions de leur professeur qui les voyant endormis, essayait de les réveiller.

Réponse attendue

Une fois qu’ils ont répondu, l’enseignant dispose de l’histogramme des réponses. Puis chacun discute, argumente, explique sa solution ce qui a le don de rendre les étudiants plus actifs. Le professeur sait où ils en sont de la compréhension de son cours. Il ne le déroule plus comme avant et il peut adapter sa progression en temps réel en fonction des difficultés rencontrées. Depuis 30 ans, de trop nombreuses études ont démontré que le cours magistral traditionnel n’est plus toujours efficace pour faire assimiler des connaissances. Aujourd’hui, l’université n’a plus le choix car elle doit s’adapter aux "digital natives", cette génération née avec Internet, qu’ils soient étudiants ou enseignants. " Si jusqu’à présent l’éducation n’avait pas été touchée de plein fouet par la révolution numérique, c’est en train d’arriver, assure le « délégué général à la recherche » à l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (Inria).

Mutations

Cette mutation est déjà réelle dans d’autres pays comme les États-Unis où aucun texte n’est écrit à la main avec le risque que les caractères ne puissent être déchiffrés ce qui représente une perte de temps et de précision dans les échanges entre enseignants et enseignés. Les enseignants doivent prendre en compte le fait que les étudiants ont accès à la connaissance grâce à la technologie. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura plus de cours physique mais qu’ils seront différents. Les enseignants sont-ils présents pour enseigner un contenu aux étudiants ou plutôt pour leur apprendre à apprendre ? Cette question s’est invitée aux auditions des « Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. » Cela va bien au-delà de ce que peuvent apporter les outils numériques, note le rapporteur général du comité de pilotage. C’est toute la relation entre l’individu et le savoir qui est bouleversée dans une génération qui s’annonce à l’université, chez les étudiants comme chez les enseignants.

Disparition

Déjà les amphis de 400 places sont en train de disparaître pour laisser la place à de petites unités d’enseignement, plus humaines, plus confortables et où la parole circule plus librement, sans contrainte, et sans risque d’être égarée ou perdue dans l’incompréhension, la mauvaise émission et réception depuis des années. Dans les disciplines scientifiques, il n’y a plus de cours en amphi au premier semestre. Tout se fait en travaux dirigés avec des petits groupes de l’ordre de 30 étudiants.

Révolution lente

Davantage de relation humaine, de tutorat, de travaux pratiques. Sans doute est-ce la clé pour enrayer l’échec dans les premières années de licence ? Depuis les années 1990, les syndicats dénoncent cette pratique mandarinale qui met la discipline avant l’étudiant. Il y a une sorte de totémisation de la discipline. Le cours en amphi a un effet dévastateur en première année. Peut-être adapté dans le cadre d’une université qui comptait 300 000 étudiants, il ne l’est plus pour 1,6 million. Or ce sont dans les parcours les plus sélectifs - classes prépa, IUT, grandes écoles - que les étudiants sont le mieux encadrés. Les universités ont conscience que l’enseignement traditionnel n’est plus adapté à l’évolution des conditions techniques actuelles de l’enseignement du fait de l’impact général de la révolution numérique sur les modalités de la transmission des connaissances et de leur réception par les étudiants actuels. Il ne s’agit pas de multiplier les cours en ligne mais de modifier la manière d’enseigner.

Nouvelles ressources

Lorsqu’on aura développé des outils de ressources électroniques afin que les étudiants puissent travailler les cours avant de venir, on pourra supprimer les amphis ce qui n’est pas pour demain, murmure-t-on dans les milieux les mieux renseignés. A cet égard, il est d’ailleurs intéressant de rappeler que dans les formations du secondaire et bien avant leur entrée dans le monde de l’université et dans celle des amphithéâtres géants, aucune formation n’a jamais été donnée aux élèves puis étudiants futurs dont on savait qu’ils allaient être confrontés à la difficulté de prendre des notes et de rédiger de façon compréhensible les cours donnés ou offerts à leur intention et pour lesquels eux-mêmes ou leurs parents s’acquittent de droits d’inscription non négligeables.

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