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Critique de la docte ignorance des experts

mercredi 2 janvier 2013, par Picospin

Comme il voit dans cette méthodologie une source d’erreurs et d’illusions, il propose de réformer l’éducation et le contenu du savoir par la découverte puis l’apprentissage des problèmes fondamentaux et vitaux que « chacun doit affronter comme individu, citoyen, humain ».

Entendement et Solidarité

Dans cette nouvelle perspective – celle qui doit tendre à promouvoir une politique de solidarité vers le développement d’un service civique et l’instauration de « maisons de solidarité" vouées à secourir les détresses et les solitudes - toute son attention s’oriente vers la recherche en faveur de l’élaboration des outils du développement conjoint de l’autonomie individuelle et de l’insertion communautaire, celle si souvent décriée par certains de nos édiles qui craignent que cette dernière ne compromette et ne finisse par dissoudre la vraie et seule communauté qui vaille la peine d’être protégée, maintenue et conservée, celle de la France dans son acception d’état laïc, républicain, égal pour tous. Il est malvenu de s’y référer à un quelconque « melting pot », à la coexistence pacifique et fécondante d’un rassemblement cohérent, capable de s’enrichir de ses différences tout en y pourchassant les erreurs et illusions, les lacunes dans l’enseignement des connaissances qui produisent dans les esprits myopies, voire cécités.

Myopies et cécités

Ces dernières sont si souvent précédées des signes prémonitoires à l’installation et à la ratification par les moins avertis, d’une côté, les plus aveuglés par des illuminations trop intenses de l’autre des idéologies qui servent en priorité leurs thuriféraires et agissent en faveur des producteurs influents des crises, les mieux placés pour profiter des accès de fluctuations qu’ils ont contribué à provoquer. Des philosophes attribuent les manifestations de l’esprit telles que erreur et illusion à l’impossibilité de réunir et d’’organiser les informations et connaissances disponibles mais compartimentées et recueillies dans la dispersion. Une telle pensée doit être consciente de l’erreur de sous-estimer l’erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d’ignorer qu’elle est erreur. Elle doit être consciente de l’illusion de sous-estimer l’illusion. Spinoza les attribue toutes deux à des « maladies de l’esprit » liées à une pathologie du langage humain par notre tendance à confondre les mots et les choses, à ignorer la bonne façon de formuler les choses dans un langage adéquat, ce qui conduirait directement à la production des fictions.

Langage

Ce langage est construit à partir des éléments recueillis par la fréquentation des foules – ne pourrait-on dire aujourd’hui - des médias, plus dans l’apparition des choses sensibles traduites en signes telles qu’elles se présentent dans l’imaginaire que dans l’entendement. Est-ce pour cette raison que notre philosophie hollandais a consacré une autre partie de sa vie à l’étude de l’optique et de ses instruments dont il avait été un des meilleurs investigateurs, connaisseurs et fabricants ? Il en avait utilisé l’appellation métaphorique pour les manipuler en vue de leur application dans les domaines de la correction des choses déformées en leur vision correcte, sans mutilation ni distorsion, ni confusion.

Des dirigeants dépassés ?

Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd’hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d’apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes. " C’est l’introduction de l’article que Edgar Morin a consacré aux idéologies et erreurs, illusions et utopies, rêves et fantasmes suscitées par les interprétations fantaisistes transmises par les médias aux populations trop crédules ou naïves manquant de discernement, de sagesse et de savoir. Je le place ici en guise de conclusion.

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