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Au moment où des conceptions opposées se dressent pour se combattre,

Curiosité envers la mort et ses mystères

Attirance par l’action de soigner la mort

mardi 17 février 2015, par Picospin

Il importe aussi à tous mes frères humains qui sont condamnés au même sort puisque tout vivant finit par mourir après avoir vécu. Cette vie, certains la prennent du bon côté comme les Épicuriens alors que d’autres pensent qu’elle est difficile, dure à supporter, à faire passer.

Appel aux grandes puissances

Beaucoup d’entre eux appellent à leur secours une puissance supérieure à la leur, qu’à tort ou à raison ils estiment faible, fragile, termes remplacés par ceux de vulnérabilité ou de fragilité. Quand ils parviennent à résister à cet état de faiblesse, ils font entrer dans le circuit de leur raisonnement les mots à la mode de résilience. Il n’est pas très éloigné de celui de résistance. On se souvient que ce dernier était très à la mode aussi lors de la guerre perdue par les pays démocratiques contre les puissances dites de l’axe qui avaient jeté sur les routes de la défaite des milliers de gens cherchant ailleurs un refuge introuvable contre des envahisseurs accablés de dons maléfiques. Cet imaginaire n’était pas si trompeur. L’évolution a montré depuis cette époque que les dommages, crimes, exactions perpétrées depuis lors avaient atteint un degré de sauvagerie, d’inhumanité, de criminalité hors du commun. Leur férocité n’avait pas touché la sensibilité des victimes avec l’intensité crainte par la plupart des observateurs.

Survivre plus que vivre

Elles avaient à survivre plus qu’à vivre ce qui mobilisait toute leur attention et les moyens de lutter contre une entropie qui ne cesse de se manifester par la dégradation des forces physiques, mentales et morales. C’est ce qui s’appelle être dans l’action, temps pendant lequel esprit, âme et corps sont mis à la disposition de la seule préservation de la vie aux dépens de tout le superflu constitué par le bienêtre, le confort, les distractions, toutes activités tendues vers l’oubli de se conformer au profil de la trajectoire de vie dans le seul but de suivre un tracé qui ne conduise ni au déraillement ni à la sortie de route, encore moins au choc frontal avec tout engin venu à contre courant. Dans cette trajectoire, l’appel à la toute puissance est souvent lancé.

Stupéfaction

Que la communauté rende hommage à une déité si cruelle, vaine, vengeresse, jalouse et avide de louanges provoque souvent la stupéfaction chez les observateurs de tels comportements. A moins de considérer que ces manifestations ne doivent pas être prises au sérieux, même si elles peuvent montrer quelque utilité à ceux qui sont animés de fortes convictions religieuses. Certains sont convaincus que la vie, même et surtout humaine, est apparue à la suite d’évènements aléatoires, que nous sommes des êtres finis et que, envers et contre tout espoir, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes pour nous protéger, évaluer notre comportement et donner à notre vie un cadre qui ait du sens. S’il est avéré que l’essence de l‘être humain tient à sa faculté de raisonner, il faut l’améliorer sans délai et concentrer tous nos efforts pour en faire un outil perfectible, de mieux en mieux adapté à cette tâche.

Chemin possible vers la béatitude

Le son de cloche est différent chez Kierkegaard qui évoque la béatitude éternelle donnée dans l’instant et la seule réalité dont un existant ait plus qu’un savoir, le fait d’être là, d’exister qui est son intérêt absolu. Seule l’éternité est capable de ressusciter la flamme chancelante de l’esprit humain toujours menacé, au moins virtuellement, sinon matériellement et mentalement par la maladie et la mort. Le philosophe affirme que la mort spirituelle est pire que la mort physique, ce en quoi il est fidèle à l’anthropologie hébraïque qui caractérise, avant son hellénisation, le christianisme primitif.

L’homme nu inconscient ?

L’homme est d’abord mis au monde comme immédiateté d’un corps nu mais il ne le sait pas car la scission qui distingue l’intériorité de l’extériorité ne s’est pas encore produite, éventualité qui prendra sa pleine signification quand il accèdera à la conscience de soi. Exister c’est être au-delà de soi, de son être fini, transcender sa nature par sa liberté qui se projette vers les possibles ce qui permet de se porter au-delà du temps vers l’éternité. Est-ce un défaut de possible, un rapprochement de la fatigue ou de la mélancolie ?

Étroitesse de soi

Ce peut être le chemin entre impossibilité de se débarrasser de l’étroitesse de soi pour devenir un autre et celle de devenir soi-même, individu unique qui pourrait oser être devant Dieu à condition de consentir à l’humilité au lieu de se construire, s’imaginer être ou devenir centre de toutes choses.
Ces deux positions tracent un long chemin entre l’une et l’autre sur lequel il nous faut se faufiler pour ne pas être rattrapé par l’anéantissement au profit de la possibilité de désespérer, position qui permet simplement d’exister.