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Des aventures

D’un nouveau criminologue à un ancien Commissaire

De la police à la politique

mardi 9 septembre 2008, par Picospin

Leur entité semble exister depuis peu de temps sous la forme d’une association qui scrute les faits et gestes de la politique de la France, telle qu’on peut la voir dessinée par ses représentants diplomatiques les plus éminents. On sait le rôle important qu’ils jouent ou veulent jouer ou encore souhaitent qu’on les voit jouer sous les acclamations des gouvernements qui leur font confiance pour faire entendre plus fortement la voix de la France dans sa mission actuelle.

Parler haut et fort

C’est celle de la représentation qui l’autorise à parler plus haut et plus fort à ceux qui se sont donné le droit de bouleverser la hiérarchie de l’autorité sur les pays qu’ils avaient autrefois dominé et qui, profitant d’un moment de faiblesse du plus puissant, ont cru que leur heure était arrivée pour démanteler ce qui avait été construit sous la contrainte pour ne pas dire sous la tyrannie. Il n’est pas difficile de résoudre cette énigme qui fait depuis quelques semaines la une des journaux et qui tire les larmes des crocodiles les plus froids, les plus glacés pour les répandre sur les terrains les plus chaotiques parce que déjà labourés par les chars envoyés du grand empire pour faire revenir au bercails des âmes égarées et aussi vite récupérées par les sauveteurs d’un jour. Si donc on se réfère à la définition d’un criminologue, il n’est guère difficile de se rendre à l’évidence sur ses tâches précises que sont l’approche descriptive des comportements criminels dans la société et leurs impacts, contrairement aux sciences juridiques.

Psychologie

Il s’agit donc bien de l’étude des dérives psychologiques pouvant aller jusqu’au fait criminel avec ses dérives pathologiques qui excitent la curiosité des foules, non pas seulement celles qui sont décrites avec talent et imagination par les grands spécialistes du roman policier mais aussi par les récits détaillés de faits divers dont une certaine presse s’empare goulument pour les livrer au peuple qui se délecte si souvent de ses récits, de ses détails macabres et des énigmes que livrent de talentueux écrivains ou cinéastes. C’est une discipline jeune et nouvelle, ainsi que l’une des premières à être résolument et délibérément multidisciplinaire ou interdisciplinaire. née officiellement à peu près en même temps que la sociologie, elle s’est presque aussitôt enrichie des apports de la médecine, de la psychologie, du droit et de la pénologie, avant de se développer en direction de la biologie et de la psychologie sociale, sinon de la médecine légale. Cette spécialité de la médecine s’occupe, par le biais de l’autopsie qui est son principal support les causes de la mort dans les cas de morts suspectes. A l’origine, dans la moitié du XIXe siècle, la criminologie est d’abord un discours sur le crime et la criminalité, ce qui en fait un des premiers champs d’étude de la sociologie.

Médecine légale

Que l’introduction d’un spécialiste des questions criminelles au sein d’une science multidisciplinaire constitue une idée originale mérite plutôt des louanges que des critiques. Que son application devienne immédiate et originale de la part d’un pays qui pour six mois a été désigné pour prendre la présidence de l’union européenne pose d’autres problèmes en particulier son mode de réception de la part des pays et de leurs représentants qui ont le difficile devoir de les accueillir non comme des plénipotentiaires mais comme des enquêteurs rigoureux qui cherchent des poux sur les têtes les plus couronnées, on veut dire par là celles sur lesquelles s’accumulent les responsabilités les plus lourdes, les tâches les plus ingrates, les accusations les moins plaisantes à entendre et à accepter. Le plus étrange dans cette affaire, c’est que le déroulement des réformes, conduit à des vitesses vertigineuses pour insister sur leur caractère indispensable et urgent, a engendré par hasard ou par nécessité une collision chronologique avec une autre initiative. Il s’agit comme tout le monde le sait de la constitution du fichier Edvige.

Un fichier

Ce dernier a été institué pour créer un fichier systématique et généralisé des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux. Dérivé d’un fichier datant de 1991, regroupé dans le cadre de la nouvelle direction centrale de la sécurité publique, ce document recensera les personnalités du monde politique, syndical ou économique et d’une façon plus générale les citoyens qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif et tout individu susceptible de porter atteinte à l’ordre public. Cette mesure a suscité des réactions diverses de la part des représentants du Syndicat de la Magistrature, des syndicalistes de la CFDT ou des porte-paroles des intersyndicales impliquées dans la défense de la liberté des mœurs sexuels. Y a-t-il cohérence entre ces créations de fichiers, de spécialités et celle des envoyés séciaux ?

Interfaces

Cette question justifie une réflexion plus approfondie du fait de leur interface intérieure et extérieure et du risque que comporte cette initiative de ne pas toujours faire le plus grand plaisir aux organismes – surtout étrangers – auprès desquels pourraient être accrédités les exécutants étrangers de missions délicates. Pour entre dans ce monde romanesque, quelles meilleurs lectures ou vision de films cultes que « l’affaire Pélican » de John Grisham, « le silence des Agneaux » de Thomas Harris, « L’inconnu du Nord-Express » d’Alfred Hitchcock ou la fameuse série des aventures et enquêtes du commissaire Maigret de Georges Simenon qui a fait évoluer son héros dans toute la France, depuis le Quai des Orfèvres à Paris jusqu’à l’Alsace, le Loiret, toujours aussi amateur de pipe, de bière, qu’il déguste à la Brasserie Dauphine entre une partie de billard et des sandwichs sinon une blanquette de veau.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le titre de criminologue ne comporte par une connotation menaçante ?

2. Peut-on admettre qu’un lien, même ténu, existe entre l’enquête "criminologique" auprès des autorités de Moscou et le dossier Edvige ?

3. Quels exemples donnent les nombreuses oeuvres de fiction dont certaines sont inspirées de faits réels aux lecteurs avides d’histoires criminelles ou policières ?

4. Est-ce qu’il faut avoir une solide formation de psychologue pour entrer de plain pied dans la création d’histoires policières qui cotoient souvent des histoires intimes, relevant de la sphère privée ?