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DSK et histoire d’une femme de chambre

mardi 17 mai 2011, par Picospin

L’exercice est difficile à travers les barrières des différences juridiques entre France et USA, les obstacles de la langue et l’opacité sinon les déformations jetées comme peaux de banane sur le trajet sinueux et parfois opaque pour atteindre la vérité.

Quelle vérité ?

Celle-ci sera atteinte au bout d’un long chemin, lorsque les phases du procès éventuel seront éclairées par les lumières projetées sur lui au fur et à mesure du déroulement des audiences. La stratégie de la défense peut aussi se modifier au fur et à mesure du déroulement du procès, ne serait-ce que si l’accusé décide d’en modifier les tenants et aboutissant. En ce cas, il pourrait parfaitement passer du statut de non coupable à celui de coupable ne serait-ce que pour réduire le degré des charges portées contre lui et du même coup la lourdeur de la peine. Le reste ensuite est affaire de négociation entre un riche accusé capable de s’acquitter des sommes dues et une éventuelle plaignante dont la pauvreté ne permet nullement de rivaliser avec la fortune de DSK. D’ici là, il est fort à parier que l’eau qui se sera écoulée, nous épargnant une sécheresse frappant dès maintenant à notre porte pour assécher rivières, canaux, lacs et sources d’irrigation et de refroidissement mettra beaucoup de temps entre les instantanés actuels et le devenir des protagonistes de cette affaire.

Obscurs et sans grades

Et Dieu sait s’il en est. Que l’on songe aux obscurs dont on n’a guère parlé jusqu’ici ne serait-ce que le directeur et le personnel d’un Hôtel sous gestion française sur lesquels règne le plus grand silence, les raisons du choix par DSK de cet établissement alors que l’on peut supposer qu’il avait de quoi se loger à New York city avant de s’envoler pour Paris. Est-ce qu’il paie pour un Polanski dont l’affaire paraissait bien plus redoutable car compliquée en supplément par plusieurs meurtres dans sa famille. La Suisse ne blanchit pas que l’argent sale ou sali mais offre une respectabilité pour qui peut se l’offrir. L’Amérique aussi qui court après les impressionnantes cautions que peuvent se permettre de payer les plus nantis qui peuvent monnayer leur innocence pour un billet vert. Sait-on pourquoi la distinguée femme de chambre s’est subitement introduite dans la chambre « du crime » alors que cette dernière aurait été considérée comme « à risque » par le personnel qui évoquait déjà les frasques de son client régulier. Si le lieu était considéré comme dangereux, pourquoi s’y être présenté ? Et si oui, pourquoi ne pas avoir réclamé protection ou témoins, sinon témoignages ?

Crainte ou désir ?

Dans des affaires de ce genre, c’est malheureusement ou heureusement la parole de l’une contre celle de l’autre à moins de recourir à des documents enregistrés permettant de suivre les évolutions de l’un et de l’autre puis celles des deux. Est-ce la Juge aperçue sur des documents télévisés qui peut statuer sur la signification de ces évènements avec les yeux d’une femme dont la subjectivité sera aussi pertinente que celle d’un mâle comparé quelque part à un chimpanzé en rut ? C’est à partir de ces secrets d’alcôve que notre parlementaire distingué offre ses services les plus compétents de médecin pour soigner le « présumé coupable » pour lui apprendre à vivre, à protéger ses éventuelles victimes et redorer le blason d’un Parti Socialiste aux abois d’avoir envoyé avec des aides de poids et des garanties institutionnelles un professeur d’économie dans la prude Amérique qui a mis des dizaines d’années avant de montrer un baiser à l’écran de la MGM, de Columbia ou de Universal. On prétendait séparer la vie privée de la vie publique.

Multiples facettes

Dans l’affaire qui nous préoccupe quels sont les éléments qui ressortissent à l’une ou à l’autre de ces facettes. S’il est démontré que dans le secret des chambres de l’hôtel en question, la vie des femmes est dangereuse, il convient de leur faire cesser toute activité dans le cadre de leurs engagements professionnels à moins de laisser de larges ouvertures dans lesquelles tous les yeux des censeurs et redresseurs de tort, surveillants et gardiens de la morale pourront pénétrer. Ces situations existent déjà aux États-Unis où il est recommandé de ne jamais laisser une femme seule en compagnie d’un mâle tellement, paraît-il, il est risqué de voire s’accomplir ce que la morale réprouve et que la société craint pendant que pornographie et érotisme s’insinuent dans les soirées mondaines par l’intermédiaire de « stars » en goguette à la recherche de leur premier contrat avant de se pavaner au festival de Cannes en quête d’un premier rôle. Y compris des personnes de noble naissance heureuses qu’on leur offre un nanomètre de pellicule au profit de leur narcissisme gonflé par l’attrait de l’image. La bonne image de soi, c’est celle que contemple actuellement notre Président, comblé par l’annonce d’un ou deux futurs évènements à venir qui contribuent au bonheur de toute une famille unie et réunie.

Questionnement éthique :

1. Avons-nous dans la justice des contraintes que nous serions disposés à considérer comme limites aux termes équitables de la coopération sociale ?

2. Est-ce que l’obéissance des hommes dans une entreprise collective doit reposer sur la croyance que les autres apporteront leur contribution faute de quoi des citoyens peucent être tentés d’éviter de faire leur devoir quand ils suspectent que les autres ne font pas le leur ?

3. Est-ce qu’une même action peut donner lieu à plusieurs sentiments moraux à condition de pouvoir donner de chacun une explication satisfaisante ?

4. Comment recourir à la désobéissance civile ? Nous voulons faire appel au sens de la justice de la majorité et indiquer que pour nous les conditions de la libre coopération sont violés.