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Une histoire rassurante ou tragique,

Dans quel sens le globe tourne-t-il ?

La mort reçue et donnée

samedi 6 juin 2009, par Picospin

Il suffit pour cela d’observer les visages ravagés et ridés des rares survivants de 1944 qui ont survécu à la boucherie de la bataille de France même si cette dernière n’a pas revêtu la férocité de la guerre précédente, celle qui avait laissé sur les champs de bataille de l’est de la France des milliers de cadavres dont les sépultures avaient été confiées à des Chinois innocents qu’on était allé pêcher sur site pour les déporter en France afin de leur confier la mission sacrée ou sacralisée de se débarrasser des sépultures abandonnées après une guerre particulièrement meurtrière.

Export import ?

Cette œuvre de bienfaisance accomplie, on s’était empressé de renvoyer chez eux, aux bords du Yang Tsé, les expatriés du moment dont la mission venait de se terminer jusqu’à une nouvelle et improbable guerre déclenchée quelque part en Europe, à Salonique ou aux Dardanelles où l’on devenait la cible non seulement de la grippe dite espagnole mais de toutes les maladies propagées par microbes, virus ou rickettsies capables de tuer instantanément les objectifs que ces charmantes bêtes s’étaient fixé. Il en fut de même des Polonais qu’on était venu chercher à un moment donné pour aider à reconstruire, à colmater des brèches, à combler des lacunes pour finalement les renvoyer aux bords de la Vistule où ils allaient retrouver leurs bouleaux, leurs églises et leur langue chuintante. Est-ce ainsi qu’on avait envisagé de construire l’Europe, celle qui se préoccupe davantage d’écrits sur la sexualité que sur les dispositifs politiques à mettre en place pour que l’édifice en élaboration ne s’écroule avant d’avoir vu ses fondations s’articuler, se lier pour résister à l’implosion, aux craintes, aux paniques de s’assembler pour mieux survivre et aux appréhensions justifiées par la terreur de s’entraider pour mieux bâtir une société du lendemain.

Candidats, bâtisseurs ou amuseurs ?

Les candidats prêts à discuter pour s’accorder sur les meilleurs moyens de s’occuper d’une Europe encore fragile et fragilisée par la terre meuble qui se déroule à leurs pieds en raison du sang qui y fut autrefois versé, ont préféré s’étriper sur des sujets marginaux plutôt que de déterminer si les problèmes importants doivent être débattus à Bruxelles, à Strasbourg ou dans ces deux sites sinon au-delà. Pendant ce temps, loin de ces préoccupations, il faut sauver un soldat menacé, une entreprise aux abois, une renommée qui s’éteint, un tennisman accusé et osciller entre un évènement singulier dont le doigt de dieu aurait été l’instrument de la fatalité ou de la providence. On ne sait plus comment s’y prendre pour accorder les contradictions, repêcher des débris qui n’existent pas, des vitesses qui s’annulent, des orages qui n’éclatent pas, des turbulences qui s’effacent pour laisser passer un aéronef fantôme qui se place en verticalité comme l’annoncent certains communiqués officiels susvisés par des ingénieurs experts en aérodynamique, en écoulement des fluides. Ce monde est-il régi par une équation à plusieurs inconnues ?

Questionnement éthique ?

A lire après une bonne nuit de réflexion et de sommeil réparateur....

1. Après la série des guerres qui ont ensanglanté l’Europe, n’est-il pas temps de s’occuper de ce continent meurtri que certains s’apprêtent à abandonner une fois de plus si l’on en croit le désintérêt qui a présidé au vote pour les députés européens et le repli massif de la plupart des états sur leur nationalisme protégé et protecteur ?

2. A la lumière des échanges diplomatiques auxquels nous venons d’assister dans le cadre verdoyant et fortement teinté d’écologie de la Normandie, n’a-t-on pas l’impression que l’Amérique de Barack Obama s’intéresse plus à l’Europe et à son histoire que les Européens eux-mêmes dont les structures politiques s’effondrent pour des motifs véniels alors qu’ils ont intérêt à reconstruire une unité économique, empathique, sociale au profit des plus démunis pour offrir à tous une espérance en un avenir plus accueillant que le passé qu’ils ont vécu jusqu’ici ?

3. Comment comprendre les attitudes politiques de certains pays d’Europe qui, après avoir largement profité de l’aide des institutions européennes se sont détournés de cette dernière pour en critiquer le fonctionnement, la constitution, les inégalités et son capitalisme dérisoire ?

4. Même si certaines réalisations européennes comme la construction des avions d’Airbus peuvent être critiquables sur certains points, leur réalisation en commun montre néanmoins que des actions sont possibles et souvent efficaces. N’est-ce pas un encouragement à continuer ?