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Une Ministre contestée

Dati continue à interpeller, à surprendre et à irriter

Trop de suicides en prison ?

mercredi 22 octobre 2008, par Picospin

C’était méconnaitre la force de conviction, l’acharnement, le désir de vengeance d’une Ministre à qui le hasard ou la nécessité avait conféré un droit d’ingérence dans la vie des prisonniers, des délinquants, des exclus de la société, des réprouvés et de tous ceux auxquels en son temps, le futur Président avait promis un lavage ou une douche au Kärcher, cet instrument de nettoyage mis au point par une firme allemande pour débarrasser les murs, même ceux des prisons, des particules qui les recouvraient.

Une entreprise rayonnante

Kärcher est une entreprise allemande fabriquant des nettoyeurs haute-pression. Par antonomase, le nom kärcher (comme souvent dans le processus d’antonomase, le nom perd sa majuscule) désigne un nettoyeur à eau à haute pression, quelle que soit sa marque.L’entreprise a été fondée en 1935 par Alfred Kärcher à Stuttgart-Bad Cannstatt. En 1939, elle s’installa à Winnenden, où se trouve aujourd’hui encore son siège. En juin 2005, suite à la mort d’un enfant de onze ans pris entre les tirs de deux bandes rivales, à la Courneuve, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, se rend sur les lieux et déclare : « On va nettoyer la cité des 4000 au Kärcher ». Un certain nombre de voix se sont élevées pour dénoncer ce propos, estimant injurieuse la comparaison entre les habitants et la saleté qui est usuellement enlevée au nettoyeur haute pression. Dans un communiqué de presse paru en mars 2007, la société Kärcher dénonce « l’utilisation répétée » de sa marque dans la campagne électorale et écrit aux candidats à la présidentielle pour les mettre en garde contre une utilisation abusive de son nom. Elle a notamment souligné que « l’usage » de la « marque à des fins politiques est en opposition avec les valeurs que souhaite véhiculer l’entreprise, façonnée par soixante-dix ans d’histoire ». Kärcher France a par ailleurs écrit à tous les candidats à l’élection présidentielle, et aux présidents de groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, pour « expliciter clairement le positionnement de l’entreprise, placée malgré elle au cœur d’un débat qui ne la concerne pas ». L’entreprise y rappelle que « Kärcher® est une marque déposée [...] qui appartient à sa maison mère, la société Alfred Kärcher GmbH & Co. KG, dont elle distribue les produits en France et que le groupe dispose en conséquence de droits exclusifs sur l’emploi de cette dénomination ». En conséquence, on a pu voir la mention « ® » apposée à côté du mot « Kärcher » dans la presse française, suite à ce communiqué. « Trop c’est trop. Le divorce est largement consommé. » En plus de vingt ans de carrière, Clarisse Taron, déléguée du Syndicat de la magistrature près la cour d’appel de Metz n’a « jamais vu la profession atteindre un tel point de lassitude ». C’est que le torchon n’en finit pas de brûler entre la ministre de la justice Rachida Dati et les magistrats, qui appellent à une journée d’action jeudi contre la politique de « reprise en main » et du « tout sécuritaire » de la garde des Sceaux.

Le torchon brûle-t-il ?

Les deux principaux syndicats de magistrats, le Syndicat de la magistrature (SM) et l’Union syndicale des magistrats (USM), ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour l’alerter sur « les attaques contre l’indépendance de l’autorité judiciaire résultant des prises de position » de la garde des Sceaux. Du côté du personnel pénitentiaire, les syndicats ont appelé hier d’une seule voix au blocage des prisons le 13 octobre pour dénoncer le « mépris » dont ils se sentent l’objet de la part de la ministre. Les syndicats dénoncent la politique « erratique », « incohérente » de la ministre et l’absence de dialogue. La journée d’hier, remplie par des chassé-croisé entre la ministre et les syndicats, n’a pas arrangé les choses si l’on tient compte du fait que le matin, les trois syndicats du personnel pénitentiaire étaient reçus à la Chancellerie, comme ils le réclamaient depuis le 7 octobre mais qu’ils n’ont été reçus par aucune autorité administrative digne de ce nom et encore moins par un ministre. Pour le remplacer, les syndicats ont été reçus par son directeur de cabinet, geste qui n’a guère été apprécié par les représentants qui l’attendaient dehors en protestant contre cette attitude qui a fait dire à un des représentants que la ministre aurait pu prendre le temps de les recevoir d’autant plus que c’est depuis longtemps que le personnel pénitentiaire tente de faire comprendre à la ministre qu’il est à l’agonie. Cette dernière a appelé chaque leader syndical pour l’ assurer qu’un audit serait réalisé dans chaque prison, comme il le demandait. Cette intervention avait évidemment comme but de détendre l’atmosphère et de calmer le jeu dont la tension était montée à des altitudes que personne ne souhaitait dépasser. La ministre se trouvait alors à Metz, où un jeune détenu venait de se suicider pour « dialoguer avec les magistrats ». Prévenus au dernier moment, ces derniers n’ont pas apprécié la surprise que leur avait réservée la Ministre.

Un comité d’accueil bienveillant

En guise de comité d’accueil, elle s’est retrouvée face à 70 magistrats et avocats brandissant des pancartes quelque peu agressives et peu accueillantes portant les inscriptions Justice bafouée, démocratie en danger. La méthode Dati irrite et énerve à la fois sur la forme car la venue avait été soigneusement cachée et sur le fond, car la convocation d’un magistrat du tribunal de Metz « en pleine nuit, sans assistance », après le suicide du jeune détenu, a été ressentie comme la provocation de trop. Hier, la fronde s’est cristallisée à Metz, mais au niveau national les deux syndicats dénoncent les atteintes au statut du parquet et les pressions hiérarchiques constantes. Quand on entre dans les détails, on s’aperçoit que des procureurs généraux, convoqués à la Chancellerie pour rendre des comptes sur les "mauvais résultats" de leur cour d’appel en matière d’application de la loi sur les peines planchers, sont priés par la garde des Sceaux de solliciter des mutations et que dès que l’occasion s’en présente, la garde des Sceaux désigne des prétendus responsables pour servir au mieux sa communication personnelle. Ce sentiment est partagé au sein du personnel pénitentiaire où l’on dit que à chaque suicide, plutôt que de remettre en question sa politique, on a l’impression que la Ministre cherche de façon incohérente un bouc-émissaire parmi le personnel et qui s’arrange en faisant en sorte que l’on incarcère de plus en plus pour de petits délits, d’un côté ce qui manifestement aggrave la surpopulation carcérale », et de l’autre prétend favoriser les alternatives à l’incarcération. Hier soir, la ministre a proposé aux syndicats pénitentiaires une réunion le 7 novembre. Pour procurer quelques espérances et faire miroiter de meilleures conditions de travail pour le personnel, elle fait valoir qu’en 2012 il y aura 13.200 places de prison de plus par rapport à 2002, c’est-à-dire un objectif de 63.000 places au total et 12.000 bracelets électroniques de plus.

Réactions hostiles

Les réactions du public ne sont pas tendres pour cette représentante du gouvernement comme le suggèrent les commentaires que l’on peut lire dans la presse : à l’image du gouvernement la politique pratiqué par R.Dati est à l’image de la politique instaurée par le gouvernement dans son ensemble un grand brassage d’air et beaucoup de bruit pour rien . Après avoir occupé son poste pendant 18 mois, elle a réussi la performance de liguer contre elle l’ensemble des administrés et subordonnées qui relèvent de son ministère. Elle en est arrivée au point où elle est sur la voie du rejet, car son action, ses méthodes et son style lui dénient l’autorité dont elle aurait besoin. Nicolas l’avait promis, Nicolas le fait (avec l’aide de Rachida et Michelle) : de bonnes lois bien répressives qui ajoutent au surpeuplement des prisons ce qui fait que les racailles se suicident en masse. Evidemment, ce n’était pas prévu mais le résultat est là. Bravo, Nicolas, nous pouvons dormir. Tout à fait d’accord avec le représentant de FO, elle mène une campagne médiatique sur les alternatives à l’incarcération en demandant aux personnels d’insertion de faire du chiffre (donc de faire sortir un maximum de gars avec le bracelet et d’un autre elle a fait en sorte que l’on incarcère un maximum de personnes. ...Lors de son passage à l’émission d’Arlette Chabot (au passage bravo le service public pour cette brillante émission d’analyse politique euh non je voulais dire de vide politique), Mme DATI a encore dit une grosse bêtise : que les mineurs incarcérés ne l’étaient que pour avoir commis des crimes, ce qui est archi-faux car la loi prévoit que l’on peut incarcérer des mineurs pour des délits. La journaliste ne réagit pas, Mme GUIGOU que je croyais plus affûtée ne réagit pas, les syndicats de magistrats et les avocats ne corrigent pas non plus. Jusqu’à quand va-t-on supporter tant d’incompétence ?? à l’image du gouvernement... La politique pratiquée par R.Dati est à l’image de la politique instaurée par le gouvernement dans son ensemble : un grand brassage d’air et beaucoup de bruit pour rien. Après avoir occupé son poste pendant 18 mois, RD a réussi la performance de liguer contre elle l’ensemble des administrés et subordonnées qui relèvent de son ministère.

Une fronde ?

Elle en est arrivée au point où elle est sur la voie du rejet, car son action, ses méthodes, son style lui dénient l’envergure qu’elle devrait posséder pour justifier les responsabilités qu’elle détient. Manifestement à la couleur de cette fronde, on ne peut qu’en déduire son incapacité à communiquer son savoir faire et imprimer son autorité. S’agissant des corps constitués, dont le ministère de la justice représente une quintessence, nous connaissons tous dans une classe le professeur qui en impose ou non par son autorité. De même dans l’armée on sait qu’une troupe marche à l’image de son chef. Le problème de RD relève de la capacité à occuper son poste et des compétences qu’elle est en mesure d’y montrer. Le facteur humain à travers la personnalité du mandataire y revêt un caractère décisif. Incompétente ?.... Tout à fait d’accord avec le représentant de FO : elle mène une campagne médiatique sur les alternatives à l’incarcération en demandant aux personnels d’insertion de faire du chiffre d’un côté donc de faire sortir un maximum de gars avec le bracelet et d’un autre, elle a fait en sorte que l’on incarcère de plus en plus de petites peines. Mais les personnes qui sortent avec le bracelet n’auront aucun projet de sortie. Tout ce que veut Rachida c’est que les détenus 4 mois avant leur fin de peine soient dehors et que l’opinion publique pense qu’elle règle le problème de surpopulation en Maison d’Arrêt. Dès qu’elle vient en déplacement dans un établissement tout ce qu’elle veut c’est d’être au courant des questions du personnel la veille, que l’on choisisse bien les détenus qu’elle va rencontrer, que l’on repeigne 2 cellules pour sa visite et que les directeurs d’établissement repassent bien leur uniforme pour la presse qu’elle fait venir...Je comprend mieux pourquoi elle a triché sur son CV, elle est juste incompétente..

Une santé précaire

Cette situation serait sans conséquence si elle ne tournait pas trop souvent à la tragédie du fait des implications qu’elle génère pour la santé des prisonniers. L’accent vient d’être porté sur cet aspect de la rétention par les plus hautes autorités de l’état en matière de santé publique, comme l’Académie de Médecine. Mieux vaut ne pas être malade en prison. C’est ce qui ressort d’une réunion de l’Académie nationale de médecine, organisée mardi 21 octobre à Paris, sur la santé en milieu carcéral. "Carences graves de l’hygiène, absence de permanence médicale la nuit et le week-end, transgression fréquente du secret médical, difficulté d’accès aux diagnostics et aux soins spécialisés…" : c’est ce qu’a déploré l’Académie dans ses conclusions à l’issue de deux heures de débat. Une loi de 1994, qui avait confié au service public hospitalier la santé des détenus, avait pourtant pour ambition d’offrir la même qualité et quantité de soins aux personnes incarcérées qu’aux personnes libres. Quatorze ans plus tard, force est de constater que ce n’est toujours pas le cas. L’Académie de médecine a donc tiré la sonnette d’alarme et demandé "l’application stricte et immédiate" de cette loi. "La prise en charge des détenus n’a toujours pas rejoint celle des autres citoyens. Le statut du détenu prime toujours sur celui du malade."
Invitée à faire part de son expérience, un médecin à la prison de la Santé à Paris, a décrit "une population quart-mondisée". Ce sont souvent des personnes issues de milieux défavorisés avec un niveau d’instruction très faible et qui restent en grande précarité. Un psychiatre de l’hôpital parisien Saint-Anne, a également mis en avant la fragilité psychologique et sociale des détenus.

Suivi psychiatrique insuffisant

Pourtant, l’Académie relève l’existence d’un suivi psychiatrique pendant la détention insuffisant ou nul et des soins mentaux inadaptés face à une demande croissante. Ce constat est alarmant au moment où les prisons connaissent une inquiétante série de suicides. Le suivi psychiatrique à la sortie de prison est pratiquement absent. La mission de service public auprès de cette population doit être poursuivie sinon être nettement améliorée, déclare le médecin chargé de la prise en charge des patients incarcérés. Elle constate une réduction du budget et des effectifs des unités de consultations et de soins ambulatoires. L’Académie Nationale de Médecine, dans ses conclusions, a réclamé une concertation d’urgence de tous les acteurs concernés afin que "des décisions soient prises en vue d’une amélioration immédiate de la prise en charge sanitaire des détenus. Ces conclusions devraient être adoptées dans les prochains jours par l’Académie nationale de médecine.

Questionnement éthique :

1. Pour Aristote, le commun des hommes et les esprits cultivés s’accordent pour admettre que le but le plus élevé de la pratique, c’est le bonheur. Même si ce dernier n’est pas nécessairement compatible avec l’enfermement, n’est-il pas légitime pour la société de montrer à ses exclus et à ses déviants que cet état peut être atteint dans de multiples conditions, y compris celles qui sont révélées en prison ?

2. En ce lieu, ne s’agit-il pas de moins préserver des biens matériels comme la santé et la richesse que le véritable bien de l’homme dans son activité qui n’appartient qu’à lui en tant que l’âme par laquelle il vit et qui est une âme douée de raison ?

3. La vertu éthique ne se compose-t-elle pas de deux éléments, l’un volontaire déterminant le but, l’autre intellectuel qui précise les moyens d’atteindre ce dernier ?

4. Est-ce que l’éthique a comme complément naturel la politique ?

5. Comme l’homme est un être sociable, est-il vrai que son épanouissement ne saurait être trouvé que dans le milieu social où il peut réaliser la vertu et le bonheur en acte, à condition qu’il trouve l’harmonie entre les aspirations individuelles et les nécessités sociales, entre les intérêts du citoyen et ceux de la cité ?