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Bon sens pour décider ?

Dati et l’âge de l’enfance

Quel savoir ?

jeudi 4 décembre 2008, par Picospin

Elle fait aussi allusion au bon sens dont la définition n’apparait pas toujours clairement dans les divers dictionnaires, lexiques et ouvrage de référence que l’honnête homme est amené à consulter pour sa propre éducation et celle qui pourra ultérieurement servir à la transmission des connaissances pédagogiques.

Erreurs ?

Par contre, il est possible que, reconnaissant les présupposés de chacun, les idées de chacun, dans le rapport à ce que l’observation nous livre, nous soyons à même de remarquer qu’il peut y avoir des erreurs. Nous sommes tous doués des mêmes aptitudes de l’esprit, mais nous ne faisons un usage qui n’est pas toujours correct. Nous pouvons donner notre assentiment à des préjugés, nous pouvons raisonner de travers, sans logique. Nous pouvons juger trop vite, sans examen sérieux. Nous manquons souvent du sens de l’observation. Il ne suffit pas d’avoir un esprit doué de pensée, il faut l’appliquer correctement, c’est-à-dire avec une solide méthode, à ses objets. Nous devons avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître nos erreurs. Celui qui reconnaît qu’il se trompe peut alors changer de point de vue. Cela relève aussi du bon sens, car quel intérêt y aurait-il à persister dans l’erreur ? Ce serait manquer de bon sens. On dit que celui qui s’enferme dans un point de vue de manière étroite, borné, excessivement émotionnelle, qu’il manque de bon sens. C’est faire preuve de bon sens que de savoir reconnaître que l’on s’est trompé. L’honnêteté intellectuelle recommande de prendre acte du fait que depuis l’enfance, nous avons pu remplir notre esprit, comme le dit Descartes, « d’une infinité de fausses pensées ». L’être raisonnable par excellence est l’homme d’expérience, que l’on sait de conduite prudente et de bon conseil, ce paysan familier avec le rythme des saisons, l’alternance des vents, la brusquerie des orages, ce médecin qu’une curiosité avisée a rendu sensible au tempérament des malades, à la gravité des symptômes, à l’opportunité des remèdes, art tout individuel et qui bien souvent serait difficile à justifier de façon explicite ». Le raisonnable n’est pas entièrement rationnel. Il n’a pas besoin d’une explication théorique complète et détaillée pour s’exercer. Platon parlait d’une juste inspiration de l’opinion droite, tout en la distinguant de la science qui elle connaît les raisons.

Le rationnel

Ce qui est rationnel, c’est ce dont nous possédons une explication satisfaisante. Ce qui est seulement raisonnable est un choix, une décision qui est probablement la meilleure, compte tenu de ce que nous pouvons savoir. Une décision raisonnable, c’est une décision humainement la meilleure possible, compte tenu des faits et de notre connaissance des faits. Il est bien écrit ici qu’il importe de tenir compte de « notre connaissance des faits ». Est-ce toujours le cas des décideurs ? Elle fait aussi allusion au bon sens dont la définition n’apparait pas toujours clairement dans les divers dictionnaires, lexiques et ouvrage de référence que l’honnête homme est amené à consulter pour sa propre éducation et celle qui pourra ultérieurement servir à la transmission des connaissances pédagogiques. Faut-il avoir accumulé une somme considérable de données pour se permettre d’émettre un jugement dont les conséquences, à l’échelle des autorités d’un état, risquent de provoquer des réactions dans la société dont le contrôle pourrait à tout moment échapper à la compétence et au contrôle de l’administration qui en est l’auteur ou qui l’a promulgué.? C’est pour toutes ces raisons que la civilisation moderne en terme de démocratie a toujours privilégié l’opinion de plusieurs à celle d’un seul. Cette attitude paraît d’autant plus raisonnable que la science, avançant à grands pas, le savoir se multipliant au moins selon une progression géométrique, personne ne dispose plus des informations et données nécessaires à émettre une opinion « raisonnable », à prendre une décision « réfléchie » et circonstanciée. Dans ces conditions, même un ou une Ministre, si douée et intelligente et instruite qu’elle soit, prendrait des responsabilités hors de propos à décider seul, dans l’isolement de son bureau pour influer sur le destin d’un enfant de 12 ans dont le degré de maturité est variable et de ce fait d’autant plus difficile à évaluer.