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Entre fiction et réalité : réforme pédagogique ?

De Cannes à Paris et inversement

De Darcos à Dolto

mercredi 28 mai 2008, par Picospin

Avait-on l’intention de mettre en tension ou à l’épreuve la laïcité en vigueur dans le collège et la croyance religieuse de la psychanalyste ? Faut-il même penser à relier deux phénomènes et un débat, tout simplement par le temps, puisqu’ils se déroulent de façon simultanée ?

Autonomie ?

On peut donc leur conférer une certaine indépendance, une certaine autonomie, mais on peut tout aussi bien tenter de les relier dans l’espoir que la confrontation des positions des uns et des autres permettra de faire avancer un débat qui s’enlise dans les méandres de la République même si elle affiche actuellement les couleurs mal définies d’un "Sarkozysme" à la recherche d‘un succès établi promis à l’épanouissement dans le cadre d’une Europe qui va revêtir des habits tricolores à partir du 1er Juillet. On peut se demander quelles seront les positions des organisateurs réformateurs d’une part et du public qui va assister passivement ou activement aux innovations pédagogiques promises même malgré les restrictions budgétaires annoncées sous le prétexte que le nombre des enseignants mobilisés pour animer une classe n’influencerait en rien les résultats scolaires obtenus. On a en haut lieu seriné maintes et maintes fois la conviction que le retrait des professeurs en raison de contraintes budgétaires n’affecterait en rien le niveau de connaissance des élèves.

Restrictions imposées

A l’appui de cette thèse, on avance l’hypothèse sinon la certitude que ce n’est pas le nombre des enseignants qui fait la qualité de l’enseignement mais bien leur qualité et au-dessus de ce phénomène, l’organisation des cours, l’aménagement des garderies et l’ambiance des études. Pour s’en convaincre, il n’est, parait-il que de regarder le comportement des étudiants et des enfants scolarisés quelque part dans le 20è arrondissement de Paris pour s’apercevoir qu’ils sont parfaitement disponibles, beaucoup plus flexibles devant la rigueur de la discipline qu’on le croit et prêts à construire leur avenir ensemble à condition que les adultes leur montrent leur compréhension, sans doute de la tendresse, peut-être de l’affection et en tout cas une absence avérée de contraintes car l’encouragement positif sera toujours plus efficace que toute rigueur même si celle-ci fonctionne pour le plus grand bénéfice de jeunes à éduquer, sinon à réinsérer dans le cocon familial où, plus qu’ailleurs s’élaborent trop précocement les conflits les plus durs et sans doute les plus durables.

Réalité contre fiction

Deux aspects de l’éducation sont ainsi soumis à la critique des spectateurs quand ils sont assis devant un écran et au jugement ou à la vindicte des mêmes devenus acteurs de leur destin et de celui de leurs enfants quand ils sont confrontés aux réalités de la vie. On se trouve devant deux versions du même thème. La première montre la vanité d’une administration qui cherche à prendre le pouvoir sur les enseignés, les enseignants ou elle-même. La seconde suggère que l’élévation dans la qualité de vie ne provient pas d’une organisation, si sophistiquée qu’elle soit mais de la joie communiquée des uns aux autres à travers un réseau qui articulé dans ses mailles par la connaissance, l’affectivité, les émotions sinon la solidarité.
Comment confronter et classer ces valeurs ? Comment comparer cinéma et réalité quand on échoue constamment à la conduire au rêve ? Qui oserait vivre dans le 20è à Paris après avoir été bronzé au soleil de Cannes ? Qui veut répondre… ?


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