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Un tout du monde de la misère ?

De Tunis et Djerba à Lampedusa en passant par Kaboul

Paradis ou enfers artificiels ?

mardi 15 février 2011, par Picospin

. Elle tente d’échapper à la gestion d’une nouvelle politique à la fois crainte et espérée remise en vigueur sous l’influence directe des anciens maitres de lieux qui conseillent, s’agitent et se demandent bien comment ils pourront cette fois encore maitriser une situation qui échappe par moments d’autant plus vite et plus largement qu’elle le fait avec détermination, envie, enthousiasme et encouragements multiples à défaut d’être toujours sincères.

Inconnues

Devant ces inconnues, les plus pauvres et les plus sceptiques s’embarquent à toute allure sur des rafiots de fortune pour parcourir les 150 km qui les séparent d’une île minuscule où vont s’entasser des milliers de réfugiés qui rêvent d’un nouvel abri pour exercer leur commerce, protéger leur famille et recommencer à vivre sous d’autres auspices que ceux qu’ils avaient connu précédemment. Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille, en particulier le ministre de l’Industrie français qui croit de son devoir de remplacer des collègues des collègues trop occupés à s’investir dans des affaires relevant davantage de l’humain que de la tarifications douanière, du prélèvement des taxes ou de la détection par chiens spécialisés du contenu particulier de certains paquets destinés au commerce de produits interdits dans la totalité des pays où est interdite la consommation de drogues mais non de leur commercialisation et de leur échange.

Les herbes amères

Est-ce pour ces herbes qui ont perdu le gout de rendre l’amertume qu’on se bat encore dans les paysages tourmentés de l’Afghanistan et que continuent de tomber de jeunes innocents ou d’exploser sur des monticules isolés de tendres recrues toujours en train de se demander pour quelles raisons ils se trouvent enfermés dans les pièges tendus pour les tuer ? La Narco-économie explique-t-elle tout ou bien reste-t-il d’autres causes à la poursuite des durs combats entre des talibans prêts à tous les sacrifices et des défenseurs de l’ordre et de l’abstinence au service des démocraties ? En tout cas le butin doit être précieux pour attirer autant de monde dans cette région escarpée du globe où s’activent des combattants de Dieu, des forces claires et obscures et se rassemblent des guerriers de toutes opinions pour s’emparer de bouts de territoires ou en défendre d’autres au mépris du danger, des risques encourus et de vies à jamais sacrifiées. La narco-économie en Afghanistan désigne l’ensemble des activités liées à la culture, à la transformation et au trafic de drogue dans ce pays. Au cœur du « Croissant d’or », l’Afghanistan est un des principaux producteurs de produits stupéfiants au monde et une plaque tournante du narcotrafic en Asie.

Vie par l’opium

L’opium fait vivre plus de 2 millions d’Afghans et génère des recettes estimées à 2,5 milliards de dollars américain, soit 35 % du PIB de l’économie de l’Afghanistan en 2005[1]. En 2009, on y estime à 1,6 million le nombre de personnes impliquées dans ce secteur d’activité. C’est plus encore que le terreau économique de sous-développement, l’instabilité politique qui en découle et l’isolement géographique et politique de l’Afghanistan qui créent les conditions favorables à la culture du pavot. La longue instabilité politique et le sous-développement économique qui ont découlé de cet isolationnisme ont favorisé l’émergence de l’Afghanistan en tant que producteur majeur d’opiacés illicites dans les années 1990, croissance qui se poursuit jusqu’à nos jours. L’Afghanistan est un point d’équilibre entre inaccessibilité et accessibilité. Si l’isolement géographique de la région de production est nécessaire pour pratiquer une activité illicite, une accessibilité minime est indispensable pour les échanges commerciaux. Les accidents du relief, les conditions climatiques, les régulations frontalières et tarifaires du commerce international, les conflits qui imposent des limites au mouvement, que ce soit celui des biens ou des personnes, sont des "antiroutes".

Relative sécurité

Dans le cas du trafic de drogues comme dans celui de tout autre trafic illicite, le trafiquant tourne alors à son avantage les risques et inconvénients de « l’antiroute » puisqu’elle lui procure une certaine sécurité (faible contrôle policier et douanier) et qu’elle justifie des prix élevés en créant de la valeur ajoutée (fonction du risque, notamment lors du passage des frontières internationales. la position géographique de l’Afghanistan aura déterminé la place de ce pays en tant qu’une des principales plaques tournantes mondiales de la production de drogues illicites. La position géographique a fait de ce pays un enjeu stratégique, ce qui a déterminé son sous-développement économique, son enclavement et ses frontières ethniquement peu homogènes. Ces trois facteurs font de l’Afghanistan une parfaite « antiroute » idéale pour les trafics illégaux. L’utilisation du lien ethnique, linguistique et religieux permet le passage de la drogue. Les sunnites du Baloutchistan iranien, proches des Pachtounes afghans, font passer l’héroïne à la barbe des pasdarans, les gardiens de la révolution iranienne.

Frontières poreuses par nécessité

Facilité par les ethnies qui rendent poreuse la frontière, les seigneurs de la guerre présents dans le gouvernement prélèvent des impôts dotés d’une impressionnante plus-value qui permet l’entretien d’une clientèle et d’une milice, dont le nombre nargue la minuscule armée et la petite police nationale. plante très résistante capable de pousser sur des terrains arides, d’où l’intérêt pour les fermiers afghans, qui doivent faire face à des périodes de sécheresse, de s’adonner à cette culture. Elle leur rapporte également plus que les cultures traditionnelles.
10,3 % de la population afghane est impliquée dans la culture du pavot dont les graines sont semées en automne avant l’arrivée de la neige. Les premières pousses apparaissent en général au printemps. Arrivées à maturité, les capsules de pavot sont incisées permettant à la sève de l’opium de s’écouler. Une fois l’opium récolté, il est transformé en morphine base via un procédé simple qui dissocie la morphine des éléments végétaux contenus dans la pâte d’opium par chauffage dans de l’eau et adjonction de chaux. Le produit obtenu n’a pas d’odeur et pèse un dixième du poids de l’opium d’origine, ce qui le rend facile à dissimuler. L’anhydride acétique, précurseur chimique utilisé dans la fabrication de cassettes vidéo ou de fibres textiles servira à la conversion de la morphine-base en héroïne. Ce produit chimique doit être introduit clandestinement dans le pays.

Informations trop parcimonieuses

Ces détails sont rarement traités dans les médias qui semblent bénéficier d’une sorte d’omerta pour protéger moins les secrets de fabrications et d’acheminement que les véritables causes d’une guerre sans merci qui ramène dans les lieux sacralisés des ensevelissements, les cercueils des soldats morts au combat plus par malchance et parfaite connaissance du terrain par l’ennemi local qu’en raison d’une quelconque supériorité numérique ou stratégique. Est-ce pour toutes ces raisons que cette guerre ne soulève guère d’émotion dans les foules avides de tolérance, trop souvent endeuillées qui ne cessent de donner à leurs pays les jeunes vies de citoyens qui auraient de multiples occasions de servir autrement leur pays que par le biais du sang, des larmes et le dons d’organes et de vie.

Questionnement éthique :

1. Comment qualifier les droits à la guerre et ceux dans la guerre ?

2. Est-ce que certaines guerres sont justifiées ?

3. Cicéron pense que certaines guerres sont justes quand en particulier il s’agit d’assurer sa sécurité, tenir ses engagements ou repousser une invasion ennemie. Qu’en penser ?

4. La guerre serait juste quand elle n’est pas inspirée par l’envie de nuire ou la cruauté dans la vengeance ?

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