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Les molécules en chaleur

De l’agitation des molécules à celle des hommes

Des équations et des quanta

jeudi 15 septembre 2011, par Picospin

Par réversibilité, il entend que sa machine peut retrouver dans le futur un état équivalent à celui du passé, plus que le passé lui-même.

Des sources de chaleur

Dans ce cycle, il est indispensable de disposer à la fois d’une source chaude et froide vers laquelle une partie de la chaleur sera évacuée. La puissance motrice est due à une consommation réelle du calorique, à un transport d’un corps chaud à un corps froid. Ce mouvement désigne un processus physique qui a trait à la conservation de l’énergie, plus tard appelé force et qui réalise un pont conceptuel entre mécanique et thermodynamique. La première est devenue une donnée quantifiable parce qu’observable face à la chaleur qui devient une des formes des variations d’énergie causées par des interactions thermiques par opposition aux interactions mécaniques qui produisent de l’énergie sous forme de travail. Après avoir séparé la première en énergie potentielle et cinétique, les physiciens se sont attaqué aux processus des transformations spontanées des corps comme ceux de l’entropie qui consiste en capacité pour un corps à subir une désorganisation d’autant plus élevée qu’il atteindra un degré irréversible d’évolution qui tendra vers un maximum dans lequel toute transformation deviendra impossible. C’est alors que sont atteintes les limites de la pensée de la physique où l’on s’intéresse à l’équilibre de la chaleur au sein de molécules de gaz qui ne sont jamais au repos mais « toujours dans le mouvement le plus vif ».

Les mouvements des corps

Cette conception conduit insensiblement aux mouvements rapides des corps dont il nous sera impossible de percevoir autre chose que des valeurs moyennes. Pour cette opération, nécessité est faite d’appeler au secours les atomes, ces entités encore peu caractérisées et dont l’existence reste d’autant plus discutée que leur réalité est encore loin de pouvoir être affirmée. C’est à partir de ce carrefour conceptuel entre comportement des atomes et risques ou chances de collision entre eux que sont abordées les notions statistiques qui permettent de déterminer la dynamique des collisions, elle-même déterminé sous la dépendance de la vitesse et la position des éléments en jeu. C’est par cette astuce de calcul qu’est résolue l’équation mise en jeu en tant que « fonction de distribution » grâce à laquelle on devient capable en fonction de la vitesse et de la position des molécules de calculer à tout instant la probabilité de trouver dans une zone de l’espace une particule une particule animée d’une vitesse comprise dans une certaine plage. Nous allons retrouver avec plaisir ou contrariété un certain type d’énergie que nous avons déjà rencontrée lors de notre incursion dans le domaine de l’entropie qui reste stable ou diminue au cours du temps, à mesure que le système passe d’un état hors d’équilibre à un état hors d’équilibre.

Le "Bild" est moins un journal qu’une image

C’est au terme de cette construction intellectuelle que certains ont comparé à une image, un « Bild » une sorte de chaos moléculaire. Est-ce ce drame des molécules qui a causé le suicide de Boltzmann, lors de la publication du théorème de Poincaré lorsque, au lieu de se stabiliser pour toujours, après atteinte de l’équilibre du système, il continue de diminuer jusqu’à revenir à l’état initial après un temps de récurrence « gigantesque ». Ainsi en est-il de l’agitation des hommes et des femmes politiques, des mouvements des éléments d’une société courant en permanence derrière ses fantasmes, souvent déplacés en idéaux révolutionnaires. Le monde tel qu’il se présente trop souvent désenchanté, a un besoin urgent d’être transformé, du fait de l’activité discontinue des forces du renouveau qui ne supportent pas ou plus à long terme, la position statique des conservateurs. Sur ces derniers, rien ne vaut l’image de jets de pelletées de terre sur des cadavres et leurs cercueils sous la bénédiction des religions exhibant les signes d’une appartenance indélébile moins souvent revivifiée par la conversion ou l’abjuration.

Les privilèges des majorités

Pour beaucoup, sinon « l’immense majorité » comme on est accoutumé de l’exprimer dans les milieux politiques des conservateurs, il s’agit de croire de façon indélébile au marxisme incarné par le parti communiste, le fascisme ou le nazisme, pour ne parler que des extrémistes qui caressent avec jouissance les oriflammes de la spiritualité et des l’outrance. C’est peut-être ce double mouvement qui incarne le plus fidèlement l’appétit de l’outrance, celle qui dépasse les bornes et conduit à la transgression pour le plaisir qu’elle donne à l’homme doué de raison de franchir les limites de la permissivité et qui est fatigué par l’énergie déployée pour maintenir constante la recherche d’un équilibre stable au milieu de la tourmente de l’instabilité.