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Y a-t-il heurts entre les générations ?

De la bioéthique des nouveaux nés au dortoir des ados

Où dormir ? A la maison ou au pensionnat ?

mercredi 15 septembre 2010, par Picospin

Pourtant, le principe "d’autonomie" de la loi de bioéthique reste acquis, "comme si l’éthique biomédicale était définitivement sans maître". En effet, "depuis nos premières lois de bioéthique en 1994, celles-ci s’organisent comme un ensemble de normes juridiques indépendantes de notre corpus juridique, oubliant que ’le principe de dignité de la personne humaine est ou devrait être le principe éthique structurant des lois de bioéthique.

Un bon principe ?

Suivant une décision du Conseil Constitutionnel de 1994, le législateur avait affirmé ce principe pour le fixer dans le Code civil." L’autonomie des lois de bioéthique contourne le principe de dignité et s’affranchit du droit national et international. Le législateur a inventé une éthique du vivant, élaborée par consensus, hors de toute référence à notre corpus juridique", et qui préfère "satisfaire les revendications de certains sans s’aliéner leurs opposants" plutôt que d’exprimer des principes fermes. Contrairement au mariage, le projet de loi prévoit d’ouvrir l’accès aux techniques d’assistance médicale à la procréation aux couples pacsés, à condition qu’ils soient hétérosexuels. Or, le Pacs est un contrat patrimonial contrairement au mariage. Cette mesure contredit les conclusions du rapport Pécresse de 2006 de la mission parlementaire sur la famille et les droits des enfants : "Seul le mariage fonde la famille". Le ministre de la Santé ne retient pas la proposition du CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique) et du rapport Leonetti suggérant d’étendre le Diagnostic préimplantatoire à la trisomie 21.

Trisomie 21

Cette information pourtant ne doit pas faire oublier le problème de la traque de la trisomie 21 lors des premières semaines de la grossesse. Le projet de loi pourrait en effet intensifier l’information de toute femme enceinte sur le dépistage et ouvrir aux sage-femmes la prescription des marqueurs sériques maternels. La recherche sur l’embryon devrait rester soumise au même régime d’interdiction mais pourrait changer les dérogations en remplaçant notamment l’exigence de la finalité thérapeutique par la finalité médicale. L’auteur met pourtant en garde contre la succession de trop nombreuses dérogations susceptibles de vider ce principe de toute substance ?"
Le sang de cordon pourrait passer du statut de déchet à celui de tissus, cellules et produits du corps humain. Le ministre de la Santé reste attaché au principe de l’anonymat du don pour un usage allogénique et exclut la création de banques privées pour une conservation autologue. Comme la France est en retard dans le domaine des greffes et de la thérapie cellulaire, les services hospitaliers doivent obtenir auprès de banques privées étrangères des greffons pour un montant de 15. 000 à 25. 000 €. La solution ne pourrait-elle se trouver dans la création de banques privées mixtes où des parents pourraient conserver à des fins autologues le sang de leur enfant tout en acceptant de le céder à un enfant histocompatible en cas de besoin ?

Se construire

Changements dès la naissance mais aussi au cours de la construction de soi comme le suggèrent de nouvelles enquêtes sur l’adolescence de nos enfants qui fournissent un indice de satisfaction exceptionnellement favorable aux logements collectifs. Il s’agit tout simplement du regain de popularité des internats ou anciens pensionnats qui avaient gagné à l’époque une réputation défavorable, voire catastrophique comme si le diable avait élu domicile dans les grandes bâtisses dévolues aux élèves obligés de passer leur fin de journée constamment à l’intérieur de bâtiments lugubres dans lesquels l’encadrement leur faisait mener une vie d’enfer à dans des conditions de coercition difficiles à accepter pour qui était habitue à jouir de la liberté laissée dans le cadre privé par des parents trop laxistes. Cette relation lâche entre les générations avait été considérée comme dangereuse sinon à risque en raison des possibilités toujours présentes de générer des conflits entre parents et enfants, entre des sages pas encore parvenus au bout de leur maturation et des petits toutous tout fous insuffisamment muris pour attendre d’eux des comportements d’adultes avec toute leur rationalité, leur équilibre même encore chancelant et leur rationalité capable de débattre avec elle même des décisions à prendre pour eux-mêmes et les autres.

Une découverte ou une révélation ?

Cette découverte sociologique constitue une surprise dans la mesure où elle sert de révélation sur les nouvelles tendances d’une jeunesse que les adultes considèrent comme délurée, incapable ‘effort et de travail et prête à accomplir toutes les bêtises que la vie tentatrice leur réserve sur les sentiers de la paix comme de la guerre. On croyait que tout le monde avait besoin d’un encadrement et que nul n’avait besoin d’intervenir pour le relâcher tant on estimait que l’immaturité, l’absence de responsabilisation avait créé des êtres hors de toute norme que ce soit celle d’un créateur ou celle des créatures capables de tous les écarts de conduite susceptibles de servir de dangereux modèle à une jeunesse en perdition. Les statistiques les plus récentes n’accordent aucun crédit aux opinions exprimées par des Cassandre aigries plus enclines à arroser leur tube digestif avec du vinaigre qu’avec des crus millésimés. Ces jugements excessivement pessimistes sur une jeunesse au bord de l’abîme vont de pair avec les terreurs et peurs irraisonnées qui circulent dans les milieux les plus raisonnables quand elles sont quotidiennement instillées dans les cerveaux les plus fragiles par des responsables de la santé publique moins que de la politique et qui utilisent à bon et mauvais escient ces arguments pour faire surgir à tout moment et de toutes les niches à chiens ou fiscales des images effrayantes où la diabolisation le dispute au carnaval des animaux.