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Comment éduquer ?

De la bourka portée dans les écoles sanctuarisées de la République

En traversant les portiques ?

vendredi 19 juin 2009, par Picospin

Ce qui est sorti de cette cuisine est celui de « sanctuariser ». Ce qualificatif a valeur de sanctuaire c’est-à-dire faisant partie d’une notion religieuse comme celle d’un temple, d’un lieu de prière, d’adoration d’un dieu monothéiste ou païen, en tout cas un espace réservé à une divinité d’où le profane est tenu à l’écart ou dans lequel il ne saurait être autorisé à entrer sans droit spécial, autorisation, permission, sinon acceptation par la communauté, son chef ou son représentant après avoir accompli un rituel imposé.

Adouber ?

A partir de ces définitions sur les conditions d’entrée, de participation, de critères de sélection, d’adoubement, au Moyen Age, tout homme de bonne naissance, autrement dit riche et descendant de suzerains, après avoir été page puis écuyer, pouvait devenir chevalier. Pour ce faire, le père de l’enfant le confiait à une personne de confiance, un ami, ou un membre de sa famille qui devenait son parrain dès que l’enfant avait atteint l’âge de sept ans. Il fallait que le père ait une confiance absolue en cette personne, le parrain, pour lui confier son enfant, car celui-ci devrait passer ses plus jeunes années sous sa garde et être élevé par lui. S’agissait-il d’une présélection ou simplement d’une sélection comme celle que cherche à établir le diplôme du baccalauréat qui permet, dans certaines sociétés, comme la nôtre de faire une prérentrée dans la vie digne ? Une sorte de condition minima pour avoir droit à un certain rang, minimaliste certes, pour espérer un jour avoir accès à des niveaux ou des grades supérieurs, comme ceux de clercs, des prêtres, des servants de la divinité qui peuvent rêver de s’approcher un jour de l’autel des riches, des délices, du pouvoir et des pouvoirs dans une société qui aime les garder pour elle et les confisquer à son seul et exclusif profit.

Évaluer

Qui a réellement tenté de faire le bilan de l’activité d’une enceinte de ce type, lorsque les heureux élus appelés à entrer dans le saint des saints après la traversée d’un portique, d’un poste de garde, du passage d’une série d’épreuves sanctionnant l’arrivée dans le monde des grands, des diplômés, des « espérants » de ceux pour lesquels les portails de l’avenir ne sont ni fermés, ni verrouillés à jamais, ni cloitrés mais au contraire ouverts sur le monde de l’imaginaire, de l’invention et de la création ? Dès lors se pose la question de la protection ou de l’enfermement. En est-il de même de la bourka dont le port redevient un signe d’appartenance au genre féminin teinté de signification religieuse, patriarcale, alors que pour d’autres il symbolise la condition féminine qui doit se protéger du regard des autres. Veut-on interdire ce vêtement diabolisé qui interdit la vision sinon l’évocation de la femme soumise à la tradition, à la religion, et qui cherche, en se débarrassant de ces indices d’appartenance, de ces manifestations vestimentaires à s’échapper du cachot de soie ou de coton qui l’enferme ou la protège ? Dans ces conditions et faute de trouver une solution égalitaire, laïque et républicaine, ne faut-il revêtir chacun de l’uniforme de l’appartenance à une vaste communauté, celle des écoliers et des élèves, de la jeunesse de la République ?

Uniformes ?

Cette troisième voie, beaucoup l’ont souhaité, peu l’ont adoptée depuis les totalitarismes de la Chine ou de la Corée du Nord jusqu’aux structures enseignantes et formatrices des religiosités de l’occident ou de l’extrême orient. Qui a raison et qui a tort dans un monde où la formation devient d’autant plus nécessaire que la compétition des savoirs, de la compréhension et de l’agir qui en est la conséquence se durcit à un point de non retour d’où les losers risquent de plus en plus d’être définitivement exclus. C’est le moment de prendre les bonnes décisions, celles qui permettront aux candidats à l’éducation d’excellence de préparer à l’épanouissement de la personnalité, à la confiance en ses propres capacités, à la curiosité et l’appétit de savoir sans qu’interviennent les anorexigènes, les coupeurs de faim, tous produits et remèdes créés par l’homme pour freiner la vitesse de la pensée, la complexité de l’entendement et restreindre la richesse de l’imagination.

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