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De la danse de Saint Guy aux tremblements de la peur

mardi 3 mai 2011, par Picospin

Cette reconnaissance mondiale, a fait de lui un homme connu, reconnu et riche de promesses sinon d’argent si l’on en croit le succès de son livre « Le choc des civilisations » traduit dans le monde entier. Ce succès d’estime à défaut de fine analyse politique l’a projeté au devant de la scène politique moins qu’aux devantures des librairies. D’après lui, les relations internationales vont désormais s’inscrire dans un nouveau contexte.

La guerre des princes

Dans un premier temps, les guerres avaient lieu entre les princes qui voulaient étendre leur pouvoir, puis elles ont eu lieu entre États-nations constitués, et ce jusqu’à la Première Guerre mondiale. Puis la révolution russe de 1917 a imposé un bouleversement sans précédent, en ce qu’elle a promu une idéologie. Ainsi, dès ce moment, les causes de conflits ont cessé d’être uniquement géopolitiques, liées à la conquête et au pouvoir, pour devenir idéologiques. Cette vision des relations internationales trouve son point d’aboutissement dans la Guerre froide, celle-ci ayant institué l’affrontement de deux modèles de société. Cependant, la fin de la Guerre froide marque un nouveau tournant dans les relations internationales. Pour Huntington il faut désormais penser les conflits en termes moins idéologiques que culturels : « Dans ce monde nouveau, la source fondamentale et première de conflit ne sera ni idéologique ni économique. Les grandes divisions au sein de l’humanité et la source principale de conflit sont culturelles. Le choc des civilisations dominera la politique à l’échelle planétaire. Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des batailles du futur. »

Rapprochement entre les cultures

Les opinions publiques et les dirigeants seraient nettement plus enclins à soutenir ou à coopérer avec un pays, une organisation proche culturellement. Le monde se retrouverait confronté à un choc des civilisations, à une concurrence plus ou moins pacifique, à des conflits larvés, tels ceux de la Guerre froide, entre blocs de civilisations qu’il définit les par rapport à leur religion de référence comme le christianisme, l’islam, le bouddhisme et leur culture. Il définit sept civilisations et potentiellement une huitième : Occidentale (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Australie...), latino-américaine, islamique, slavo-orthodoxe (autour de la Russie), hindoue, japonaise, confucéenne (sino-vietnamo-coréenne) et africaine. En décryptant les prémices du choc des civilisations qu’il croit reconnaître dans des conflits locaux comme ceux des Balkans des années 1990, Samuel Huntington donne des lignes de conduite pour éviter les conflits majeurs.

Respecter l’homme autant que les zones d’influence

Ainsi il recommande aux puissances dominantes de chaque bloc un strict respect des zones d’influence. Ce qui signifie que les puissances majeures s’interdisent d’intervenir à l’extérieur de leur « zone de civilisation ». Dans son ouvrage Who are We ? The challenge to America’s national identity, Hungtinton s’est intéressé aux fondements de l’identité, et plus particulièrement de l’identité américaine, confrontée à une nouvelle vague d’immigration. Ce pamphlet a été perçu comme l’expression de l’anxiété de WASP dans le contexte de l’expansion démographique des Hispaniques, de culture latine et catholique, singulièrement différenciables du monde anglo-saxon. Est-ce ce modèle proposé par un anglo-saxon aux vieilles
civilisations européennes qui a servi de référence de politique intérieure à l’équipe du Président de la République assisté de ses fidèles ou infidèles collaborateurs, péchés parfois dans les eaux troubles d’un socialisme mou ?

Un bon après un exécrable Président

En tout cas, le monde se félicite du résultat obtenu par le Président des États-Unis qui ne méritait certes pas le désamour dont il fut l’objet après sa triomphale élection aux lendemains de la lamentable exhibition de son prédécesseur qui a eu bien de la chance de s’en tirer à si bon compte après ses monumentales erreurs politiques, stratégiques et diplomatiques. Du choc des civilisations la politique s’est transformée en une intrigue policière comme dans les meilleurs romans des spécialistes anglais. On cherche le cadavre, aussi bien que les meurtriers même si l’on sait que ce sont des troupes d’élite – et il ne saurait en être autrement – qui ont réussi ce coup de main. N’oublions pas qu’il en est d’autres dans le passé qui avaient lamentablement échoué pour des erreurs de détails qui ont fait basculer dans l’échec des opérations qui avaient toutes chances d’aboutir à un tranquille succès. Peu d’intrigues se terminent par la disparition du corps du délit dans les profondeurs des mers et océans d’où il est impossible de les extirper. Preuves en seraient les débris d’un fameux avion de la compagnie nationale qui un jour de juin s’était abimé dans les flots de l’Atlantique sans raison, sans explication et sans motif technique autre que la faute de pauvres petites sondes pour mesurer la vitesse d’un aéronef.

Incompétences ?

Elles se seraient déclarées incompétentes pour indiquer au pilote sa vitesse réelle tout simplement parce qu’elles avaient pris un coup de froid quelque part dans un ciel givré dont elles n’avaient pas supporté frissons et tremblements. Celle allusion n’est valable que dans la mesure où l’auteur de la saga politique porte une homonymie avec le savant de la chorée de Huntington, autrement dit la « danse de Saint-Guy », maladie neurologique dégénérative au traitement difficile sinon impossible. Raison de plus pour que la terre cesse de trembler devant les menaces de l’homme maintenant abattu et reposant au fond des mers. Il appartiendra aux politiques de fixer la position du curseur de la peur en fonction de leur perception du risque, du danger et de l’efficacité des mesures de sécurité prises au nom d’un sigle devenu populaire : "Vigipirate".