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Paris sportifs : un bien ou un mal ?

De la main au ballon aux trucages

Que faire avec l’argent du sport ?

vendredi 27 novembre 2009, par Picospin

Elle a aussi désigné cinq clubs sur lesquels pesaient des soupçons qui sont le KF Tirana, le KS Vilaznia (Albanie), le FC Dinaburg (Lettonie), le NK Ljubljana (Slovénie) mais aussi une ancienne gloire du football hongrois, le Honved Budapest. Le secrétaire général de l’UEFA a aussi annoncé que son association allait ouvrir sa propre enquête " sur une possible implication de trois arbitres et d’un autre individu en lien avec l’UEFA".

Des plaintes seront déposées, en association avec les fédérations concernées, contre les clubs, les officiels ou les joueurs impliqués. On a rappelé que l’UEFA, "en tant qu’institution sportive, possède des outils limités" pour lutter contre ce qui relève du "crime organisé ". Il sera demandé au parquet de Bochum d’avoir accès au dossier. Ce parquet est à l’origine de la mise au jour de cette vaste corruption, qui a commencé avec l’arrestation par la police allemande de quinze personnes, dont deux Croates condamnés pour un match truqué qui avait impliqué, en 2005, un arbitre allemand. Les pots-de-vin concerneraient des rencontres à tous les échelons, de la première division suisse ou croate, à des matches de ligue régionale, de la deuxième division allemande et à des rencontres entre équipes juniors. Ils auraient fait gagner au moins € 15 millions aux parieurs via des sociétés en ligne clandestines établies en Asie, notamment en Chine. L’agence Chine Nouvelle a d’ailleurs confirmé qu’au moins 17 personnes avaient été arrêtées dans ce pays, dont un responsable de la Fédération chinoise de football et quatre dirigeants de clubs. Ils sont soupçonnés d’avoir faussé des résultats de matches du championnat de Chine de première division, en 2006 et 2007, une affaire qui a déjà valu à une centaine de joueurs, entraîneurs et dirigeants d’être auditionnés. Les autorités allemandes ont procédé à des perquisitions et à des arrestations, dans le cadre d’une enquête sur un réseau de trucages de matchs de football dans lesquels le championnat turc semble particulièrement concerné. L’enquête, qui est soutenue par des responsables de l’UEFA, l’instance dirigeante du football en Europe, est en cours depuis le début 2009 a impliqué un groupe qui agit à l’international et qui est sont soupçonné d’avoir versé des sommes d’argent à des joueurs, des entraîneurs, des arbitres et des responsables de grands championnats européens pour faire manipuler l’issue de matchs à des fins de fraude sur les paris sportifs. Un porte-parole du parquet de Bochum a refusé de donner des détails, renvoyant à une conférence de presse prévue vendredi à 13H00 GMT en présence d’un représentant suisse de l’UEFA. Des matches de première division en Turquie ont été apparemment manipulés. Les instigateurs auraient agi à partir de l’Allemagne et le chef de bande, originaire de Berlin, aurait été lié au scandale de paris truqués de la Bundesliga autour de l’arbitre allemand Robert Hoyzer, déjà cité ici fin 2004. Les autorités, interrogées par l’agence d’informations sportives Sid, n’ont pas voulu dire si la Bundesliga était concernée par la nouvelle affaire. Selon le journal allemand, « Berliner Morgenpost », qui fait état de 200 suspects, des sommes très importantes ont été pariées sur des matchs manipulés en Turquie.
Selon la chaîne Spiegel-TV, l’enquête vise une centaine de personnes, dont principalement des Kosovars. L’ancien arbitre, Robert Hoyzer, avait été condamné le 17 novembre 2005 à deux ans et cinq mois de prison pour escroquerie en bande organisée après avoir avoué qu’il avait touché € 70.000 pour influencer les résultats de plusieurs rencontres de football. Au total, 23 matches disputés en 2004 avaient fait l’objet de manipulations, pour l’essentiel des rencontres de deuxième et troisième divisions allemandes. Incarcéré le 18 mai 2007, Hoyzer, au coeur du plus grave scandale de l’histoire du football allemand, avait été remis en liberté le 18 juillet 2008. Il avait trouvé un accord avec la Fédération allemande de football qui avait estimé à 750.000 euros les dommages causés par cette affaire. La Coupe du monde de football en 1990 qui s’est déroulée en Italie a atteint un budget de 226 millions de F. suisses alors que celui de 1998 en France avait été estimé à 1,2 milliards de Fr et a été largement dépassé. Ces évènements sont cependant rentables pour les instances sportives internationales en raison non seulement des recettes que des possibilités d’investissements dans les installations sportives et les infrastructures comme les aéroports, les routes, les chemins de fer et les ports dans certains cas. Les dépenses engagées par les collectivités locales, les entreprises privées et l’état apportent des retombées économiques sur les villes avoisinantes et la région. Elles peuvent contribuer à en accroitre l’activité pour des investisseurs locaux et étrangers et à dynamiser les entreprises locales, à développer le tourisme et à mettre en valeur la technologie locale comme c’est le cas pour l’industrie du ski après les Jeux d’Hiver d’Albertville. Où est le bien et où est le mal dans une situation à laquelle l’éthique a du mal à répondre si l’on admet que selon l’approche augustinienne du mal et de la souffrance le mal n’est pas une force séparée et opposée au bien mais une lacune, une privation de ce bien. Le monde sensible serait rempli de copies imparfaites et c’est de cette imperfection que découlent mal et souffrance. L’autre argument développé par la même pensée, inspirée de la Bible, consiste à supposer qu’une désobéissance de l’homme a provoqué la souffrance plus que l’innocence et la félicité et que la souffrance, la douleur et le mal intrinsèque à la nature comme les tremblements de terre ou le tsunami ne seraient que le juste châtiment du péché. Un autre « effet papillon » lointain ?