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L’art de raccomoder les restes

De la médecine à la philosophie

Du dualisme au monisme ou du corps à l’esprit et à l’Un

vendredi 22 novembre 2013, par Picospin

Les guerres ayant changé de visages, toutes ces modalités de combats ayant déserté les champs de blés pour se réfugier dans des paysages urbains deviennent des lieux d’affrontement entre des hommes armés jusqu’aux dents par les outils de tuerie les plus modernes, les plus scientifiques ou au contraire pour de simples citoyens en civil, habillés de lambeaux, sinon d’instruments venus de l’âge de pierre, éventuellement surveillés et couverts par des drones ou des avions de chasse capables de cibler des objectifs civils et militaires pour se livrer à des guerres dites chirurgicales, tellement les conflits actuels se déroulent avec une précision de métronome, de jour comme de nuit quand les éclairages sont fournis sous des longueurs d’onde infra rouges.

Quelles origines ?

Quelle que soit l’origine de leurs blessures ou de leur affection, les hommes aux prises avec les insuffisances de leur propre santé ou les dégâts causés à leur corps doivent être pris en charge par des équipes dites pluridisciplinaires. Ces dernières existent aussi bien dans le cadre des cellules dites d’urgence en cas de conflit, de guerre établie ou d’attentats ou encore dans celui des soins dits palliatifs lorsque le stade de la maladie ou de la blessure est trop avancé pour permettre le moindre triage, la moindre évacuation vers des lignes de sécurité à l’arrière des zones de danger. C’est dans ces cas que se pose le problème d’une éventuelle coopération, voire d’une fusion entre la conception civile du soin palliatif et l’encadrement militaire destiné à prendre en charge, intervenir sur les déchirements des corps, les traumatismes de l’esprit, en d’autres termes les conséquences à court terme ou à distance des dégâts infligés aux chairs et au cerveau, à l’organisme avec son physique et son mental, liés dans leur combat contre les agressions et ses répercussions.

Coopération et fusion

Entre coopération et fusion, il y a aussi l’échange, celui qui permet de mêler sur le terrain des opérations et des retentissements et résultats de confrontations agressives entre hommes la compétence des uns, l’habileté des autres, l’expérience des tous dans la mesure où leurs interventions précédentes sur les théâtres des agressions et attaques leur a permis de s’enrichir des expériences vécues, des réactions inventées pour les endiguer et des résultats enregistrés à l’issue de ces répliques et ripostes. Voilà rétablie une fois de plus la réalité d’un fait si débattu autrefois entre dualisme et monisme. La victoire du premier est-elle de nature à compromettre les résultats obtenus en médecine par l’application des théories du second et de leur influence sur les conceptions d’une médecine alternative qui peine pourtant à satisfaire par les résultats de sa pratique les malades qui lui font confiance.

Globalité de l’homme

Est-ce parce que dans sa forme actuelle, cette dernière ne réussit toujours pas à considérer l’être humain dans sa globalité, objectif préconisé par les pratiquants de la médecine palliative ? Elle devrait pourtant avoir de beaux jours devant elle malgré l’amplification prévue du mouvement en faveur de la médecine alternative et l’approfondissement de la crise spirituelle au sein de la société occidentale. Ces considérations devraient être fort éloignées des proclamations de désespoir, des demandes exacerbées de mettre fin à la peine et à la souffrance individuelle, des plaintes élémentaires sur la perte du sentiment d’équilibre intérieur et du bonheur auquel les hommes aspirent.

Trop d’exigences

Ne serait-il pas absurde d’exiger de la médecine qu’elle remédie à elle seule aux maux sociaux et qu’elle ignore l’aspect rénové d’une médecine plus moderne capable de combler le fossé entre le corps et l’esprit après de si longues années de séparation, sinon de combats entre eux.