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De la philosophie à l’art ou la philosophie par l‘art

Arte

mercredi 23 octobre 2013, par Picospin

C’est ce que dit un philosophe nommé Bergson dans « Les données immédiates de la conscience », thèse qu’il a soutenue à 25 ans. Rester dans l’immédiat, ne pas le chercher par la philosophie, car nous sommes séparés du monde par les moyens que la philosophie nous offre et à partir de laquelle nous sommes privés d’en connaître davantage.

A la recherche de l’immédiat

On essaie de chercher l’immédiat par les moyens de la philosophie, Le but de la philosophie est-il l’art ? Nous somme faits de mouvement et ce dernier n’est pas décomposable, car c’est la durée dans laquelle toute expérience est d’emblée mobile puisqu’elle ne peut être figée. Dans les deux types de durées, l’une concerne celle dans laquelle nous nous voyons agir. L’émission de télévision actuellement diffusée, on ne la voit pas passer, quand on la regarde, c’est le temps des horloges, ce n’est pas la fulgurance, qu’on a quand on regarde, car on ne peut être à la fois acteur et spectateur. C’est la différence entre expérience et la science, lorsque Bergson critique la science, comme un concept souple qui est un oxymore, à travers des concepts qui sont les feuilles mortes de l’intuition. Le temps et irréversible alors que la science ne l’est pas. La peinture de Giacometti représente un portrait, la philosophie est toujours un début, le sentiment du figé des choses, l’image d’une forme matérielle avec des traits superposés, à comparer avec les sculptures de Rodin dont les membres sont distendus, avec une élévation en train de se faire, on donne une mobilité, on la restitue, l’art met en cause notre vision de tous les jours.

Candeur et naïveté

La candeur n’est pas une naïveté, l’émerveillement du monde, restituer un mouvement en figeant les choses. Dans la vie quotidienne, vivre consiste à choisir à l’aide d’un cerveau qui fonctionne comme une gare de triage. Notre rapport au monde c’est s’intéresser au café même si on n’en a pas besoin au moment où il est proposé. Le besoin et le désir, c’est s’intéresser, s’intéresser au monde quand on n’en a pas besoin. Les pommes de Cézanne, sur un tableau très agrandi donnent l’impression de trembler, on ne peut les manger, elles sont inutiles, que reste-t-il d’un objet dépouillé de son utilité ? La philosophie nous sépare des concepts, elle offre l’objet en nous en privant, puisqu’on a besoin d’avoir des repères, on est pris dans un réseau d’utilité, pour nous l’offrir, c’est ce qui reste des pommes, que reste-t-il d’un objet comme les pommes quand il est dépouillé de son utilité ? Je regarde et je crois voir, ce que je connais c’est ce qui affleure à la surface. Il s’agit de surmonter la simplification du monde. La beauté d’une œuvre ne dépend pas de celle de son modèle.

Le modèle et sa beauté

C’est inscrire l’art dans la beauté du modèle. Le singulier, la singularité : chaque fois, les pommes étaient différentes, les contours tremblés, il trahit les lois de la perspective, il n’arriverait pas à représenter comme un photographe, comme c’est le cas dans « matière et mémoire », c’est surprendre la matière au-delà de la conception, de nos préjugés. Ce philosophe Bergson est un bon bourgeois sentant la 3è République, qui déploie la puissance anarchique de ce qu’il écrit et son existence, la vie utile, ce qu’on peut faire par la pensée, dont l’illustration serait de faire de la philosophie qui consiste à se dépasser soi-même. Il regarde au delà de lui-même.

Un art utile ou inutile

Si nous pouvions entrer en communication directement avec nous-mêmes, l’art serait inutile car si la réalité venait à frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et nous-mêmes, l’art serait inutile, nous serions tous artistes car notre âme vibrerait continuellement à l’unisson de la nature.