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Qu’est-ce que la solidarité ?

De la psychanalyse à la théorie du bien en passant par le souci de l’autre ou solidarité

Un attachement, l’amour, le souci de l’autre ?

mardi 27 avril 2010, par Picospin

De sa belle province verte, il lance un cri d’alarme contre le comportement, discutable à ses yeux, d’une idole ayant reçu depuis de longues années la gloire et la célébrité en guise de récompense.

Elle est destinée à l’honorer pour ses écrits plus que pour ses succès obtenus dans l’entreprise ambitieuse de guérir, au moins soulager, une population jetée dans la névrose légère par les évènements, l’histoire, les vicissitudes de l’existence et la difficulté d’y faire face. On pensait le temps révolu des sarcasmes sur la méthode freudienne capable ou coupable de vous débarrasser en plusieurs séances hebdomadaires des miasmes encombrant votre conscience aussi pure que le drap d’un nouveau-né. Par quel hasard, quel jeu chronologique, quel hasard, quelle nécessité psycho-politique a-t-il fallu faire resurgir de l’histoire obscurantiste du 20è siècle pour faire émerger un mouvement qui s’est répandu dans le siècle et sur la planète comme une trainée de poudre ? Est-ce l’extinction progressive des religions qui renaissent de leurs cendres, laissant l’homme désemparé par sa nudité et sa solitude ? Est-ce plutôt celle du confesseur et ami qui écoute, comprend, acquiesce et pardonne ? Difficile de le dire à une époque où le mot de solidarité remplace avantageusement celui de charité, d’amour, de soin à l’autre selon la nouvelle formule de Martine Aubry soudainement inspirée par des formules pouvant aussi bien provenir de Levinas. Dans ces conditions, pourquoi ne pas confier à la gardienne du temple à la vestale de la statue freudienne la mission de décortiquer pour le peuple le terme de solidarité, de plus en plus en vogue et qui mériterait d’autres éclaircissements que ceux fournis par des thuriféraires en manque de formules, d’explications, de synonymes. Le peuple les attend, les nations aussi, l’Europe est à l’affut tant le mot est précurseur de chaude assurance, de fraternité, et justement et pourquoi pas du « care » nouvelle formule par laquelle on rassure facilement, on se désengage des responsabilités et on invite les autres à en assumer. Comme dit Google, notre maitre à penser en tous genres, j’ai de la chance d’avoir trouvé la définition du mot grâce à l’aide dévouée de Wikipédia qui prend soin de tout, s’occupe de tout et répond à toute question par des paragraphes appropriés. Me voilà rassuré sur la signification de la solidarité par laquelle je suis lié aux autres ce qui est infiniment rassurant. Le lien est ce qui figure en tête de tous les chapitres offerts par la nouvelle électronique pour que je ne reste pas isolé dans ma forteresse à l’instar de ce pauvre lieutenant Drogo mis en scène par Dino Buzzati dans « le désert des Tartares » et qui attend la gloire dont la maladie le privera. En effet après une longue carrière ritualisée par les activités routinières de la garnison du vieux fort Bastiani, il voit se préciser enfin l’attaque des Tartares dont l’existence apparaissait de plus en plus mythique. Evacué pour des raisons médicales, Drogo ne peut participer au combat et se rend compte, à son dernier souffle, que son seul adversaire n’est pas les Tartares, mais la mort. Ainsi, il réalise que les Tartares n’étaient qu’un divertissement, une occupation qui lui permettait d’oublier son ennemi lui qui en avait extrêmement peur. La maladie décrite dans le livre est celle du temps dont on fait le procès ce qui montre leur attachement à leur déshumanisation : en faisant toujours les mêmes tâches ce qui transforme le temps qui passe en un présent perpétuel, Drogo est surpris le jour où il découvre qu’il est un vieillard et qu’il n’a rien fait de sa vie ; en voyant toujours les mêmes personnes pour aboutir à un mode de vie sécurisant, ils ne pensent plus à la mort et ont donc gagné leur pari. Ces soldats, qui ont peur de la mort, ont l’espoir de participer à un grand évènement, c’est-à-dire triompher des Tartares, ce qui leur permettrait d’être éternels, la postérité les retenant. Le règlement absurde du fort leur permet d’occuper leur esprit. La plaine, toujours remplie de brouillard, est favorable à leur imagination, au rêve, à l’espoir. L’interdiction d’instruments optiques pour scruter la plaine maintient le mystère. La construction de la route est une métaphore de la vie qui se dessine jusqu’à ce que l’ennemi attaque, et qu’il n’y a plus rien à faire contre cette force surhumaine, les Tartares, la mort. A l’inverse, la solidarité sociale exerce son pouvoir en tant que lien moral entre individus d’un groupe ou d’une communauté. Selon Durkheim, pour qu’une société existe, il faut que ses membres éprouvent de la solidarité les uns envers les autres. Elle est liée également à la conscience collective qui fait que tout manquement et crime vis-à-vis de la communauté suscite l’indignation et la réaction de ses membres. Il développe les concepts de « solidarité mécanique » et de « solidarité organique ». Une société donnant lieu à de la solidarité mécanique tient sa cohésion de l’homogénéité de ses membres, qui se sentent connectés par un travail, une éducation, une religion, un mode de vie similaires. La solidarité mécanique se produit normalement dans les sociétés traditionnelles de petite taille. La solidarité organique provient quant à elle de l’interdépendance qui vient de la spécialisation du travail et des complémentarités entre personnes, que provoquent les sociétés modernes, industrielle. La solidarité au sein d’une société s’exprime en particulier envers les plus pauvres. Elle peut prendre la forme d’une aide pécuniaire, d’un soutien moral, ou d’une aide en nature. L’État pratique une redistribution coercitive des revenus et des richesses que les hommes politiques élus justifient, selon leur tendance politique, par un « devoir de solidarité » entre membres d’une même société, par une augmentation des inégalités sociales menaçant la cohésion sociale, ou par une spoliation des richesses produites par le travail au profit du capital, nécessitant une redistribution des richesses. Selon les plus libéraux, économiquement parlant, cette pratique tend vers l’assistanat et la spoliation étatique. Divers types d’organisations se réclament de la valeur positive de solidarité, sinon se considèrent comme un fragment de l’incarnation de la solidarité : les organisations non gouvernementales (terme désignant une association indépendante des gouvernements) telles que médecins sans frontières, de très nombreuses associations ont parfois des objectifs opposés. Dans le vocabulaire administratif, législatif et gouvernemental, le mot solidarité est employé dans un sens restreint, éloigné du sens propre puisqu’il exclut toute notion de mutualité ou de réciprocité. Il désigne des prélèvements obligatoires sans contrepartie, ne permettant pas aux assujettis de bénéficier d’un mécanisme de solidarité. Le mot "solidarité", dans ce cas, est utilisé pour sa connotation sociale positive, comme substitut de notions désuètes ou susceptibles d’interprétations négatives telles que charité, aumône ou assistance. Il fait partie, à cet égard, du vocabulaire français "politiquement correc".

Questionnement éthique :

1. Est-ce que mener une vie bonne équivaut à choisir telle ou telle vie, de se l’approprier et d’en faire sa propre vie ?

2. Est-il nécessaire de rendre une telle existence intelligible à ses propres yeux ?

3. Est-ce que le bien se réduit seulement à un objet de préférences ?

4. Est-ce que les biens ne sont que des réalités qu’il est juste de vouloir et qui rendent réellement heureux ?

5. Quelle est la relation entre bonheur, mérite et dignité d’être heureux ?