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Et la politique ?

De la révolution copernicienne à la révolution sociale

Les frustrés du jeu des chaises musicales

mardi 16 novembre 2010, par Picospin

Parce que le terme a été curieusement choisi par une personnalité habituellement considérée comme digne de confiance intellectuelle, politique, économique en la personne de la Ministre des Finances.

Copernic

La révolution copernicienne est la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l’univers du XVe au XVIIIe siècle, faisant passer les représentations sociales liées aux représentations mentales de l’univers, d’un modèle géocentrique, selon Ptolémée (IIe siècle, déjà adopté au IVe siècle av. J.-C. par la plupart des Grecs), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton. La révolution copernicienne consiste à expliquer le Monde, et les objets qui le composent, par la gravitation, appelée loi universelle de la gravitation en raison de son caractère considéré comme général à l’époque. Par extension, on appelle révolution (renversement, étymologiquement) tout changement ou innovation qui bouleverse l’ordre établi de façon radicale dans un domaine quelconque (la théorie héliocentrique est ainsi considérée comme étant une révolution scientifique). Les révolutions politiques caractérisent un changement radical de personnel politique, et souvent d’institutions, du fait d’un soulèvement populaire ou de la victoire d’une faction représentant, ou prétendant représenter, une part importante de la population. Les guerres d’indépendance sont une forme de révolution politique.

Révolution politique

Par extension, le terme de révolution politique peut être employé pour définir le cas d’un changement de majorité politique, quand une faction remporte une très nette victoire électorale et devient la majorité politique, après une longue période d’opposition. Les révolutions sociales se caractérisent par de vastes changements des hiérarchies sociales, ou de l’organisation de la société. Pour asseoir la légitimité intellectuelle de son discours, notre Ministre des Finances apporte avec elle des États-Unis les leçons apprises là bas en anglais ce qui renforce la solidité de son approche politique. Parler de révolution à l’occasion de ce long suspense entretenu solidement sans trop de fuites par l’omni-Président est une audace que peu peuvent se permettre même si ce qualificatif extrait de la physique et de la cosmologie ne parait guère dangereux dans le contexte où il a été prononcé et répandu dans les médias. Ce que les apprentis sorciers transformés par le coup de baguette magique de l’Élysée en apprentis cosmonautes – et il y en eut de célèbres dans les gouvernements précédents – ont omis de préciser c’était dans quel sens s’accomplissait cette rotation autour d’un axe encore à préciser et quel pourrait être la conséquence d’un tour dextrogyre ou lévogyre sur le virage politique à prendre dans l’un et l’autre cas.

Quels virages ?

L’entrée dans le gouvernement laisse pour l’instant à penser que c’est plutôt du côté droit que les choses pourraient être inclinées ce qui après tout est plus conforme à l’orientation prise en général dans la majorité des pays démocratiques dans le monde. Muni de ce renseignement important, nous pouvons dorénavant nous embarquer dans l’espace, le temps et le cosmos sur un attelage qui aurait de puissants chevaux comme moteurs et les dieux comme cochers. Savent-ils où aller dans les temps troublés des crises ? Sans doute les trajectoires dépendent-elles plus de la situation des âmes et de l’âge des défunts qu’elles escortent que d’autres variables ajoutées au fur et à mesure du vieillissement et de la durée du parcours dans l’Hadès. Platon dit que ce sont les âmes des vivants déjà vieillissants, entourées de la plus grande vénération, qui sont bienveillantes à l’égard de ceux qui ne les respectent pas. A condition que les lois instaurées dans la cité soient justes car en cette matière, l’insolence suscite la juste colère contre l’insolence.

Le grand chambardement ?

Faut-il en ces temps d’agitation, bouleversement, chambardement, chamboulement, changement craindre que dans le cosmos, la rotation d’un corps autour de son axe central ou bien autour d’un autre corps provoque la révolution dans un satellite l’éconduise hors des lois de la gravitation ? Rassurons-nous : ce n’est qu’une petite révolution de satellite à la suite d’un minime changement de régime politique faisant suite à une action politique dont la violence aurait été amortie par des mesures sociales appropriées. Dans tous les cas de figure, nous devons espérer que les manipulations politico-cosmogoniques en cours ne se terminent pas par la création d’énormes trous noirs dans lesquels nous risquons de nous égarer en tombant comme la crainte en avait été exprimée lors de la mise en route à Genève de l’accélérateur de particules "Super Hadron Collider", peur qui s’était rapidement transformée en panique. Pour l’éviter, il suffisant d’invoquer quelques figures de la mythologie grecque et de demander conseil à Platon.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la philosophie doit prendre ses distances avec le mythe ?

2. Est-ce que parfois mais non toujours, le récit a l’utilité d’un exemple, à condition de ne pas renoncer à l’appel au secours de la raison et de vérifier qu’elle n’est pas en défaillance ?

3. Est-ce que les récits transmis de génération en génération et indéfiniment répétés créent le fond de la mémoire collective ?

4. Est-il vrai que le mythe est différent du discours rationnel et qu’il doit être basé sur des réalités éloignées auxquelles l’examen rationnel n’aurait qu’un accès limité ?