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Un projet de recherche à double détente

De vie à trépas

Vigilance éthique ?

mercredi 15 octobre 2008, par Picospin

Ce texte ne manque pas de surprendre par ses imprécisions, ses renseignements incomplets et les détails étranges qu’il comporte. Que signifie la phrase « une nouvelle étude a été lancée ... au siège des Nations Unies » ?

Labo de recherche ?

Est-ce que cet établissement prestigieux est un laboratoire de recherche ? Dans quelles conditions et à l’initiative de quelle autorité scientifique ce travail sera-t-il conduit ? Quels sont ces 25 centres médicaux européens et américains qui se proposent de participer à cette étude ? Quel est ce chargé de recherche en médecine pulmonaire et coronaire au « centre médical Weill Cornell et l’université de recherche médicale de Southampton ? D’une part la médecine pulmonaire et coronaire sont rarement associées, d’autre part on les appelle plus généralement « Pneumologie » ou cardiologie. Enfin qu’entend l’auteur de cette information quand il fait allusion à la philologie dont la véritable définition est l’Etude d’une langue, d’une civilisation par l’analyse de ses textes. Que vient faire ce terme dans cette recherche ? Ne s’agit-il pas plutôt de physiologie qui étudie le rôle, le fonctionnement et l’organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants, animaux ou végétaux, de leurs organes, tissus et organites cellulaires. Elle étudie également les interactions entre un organisme et son environnement. Dans l’ensemble des disciplines biologiques, en définissant schématiquement des niveaux d’organisation, la physiologie est une discipline voisine de l’histologie, de la morphologie et de l’anatomie. La physiologie regroupe les processus qu’elle étudie en grandes fonctions qui sont les fonctions de nutrition, de reproduction, de relation de locomotion et les fonctions sensorielles. La justification de cette recherche ou le « rational » est tirée de l’observation que les progrès de la science nous permettent maintenant de ramener à la vie des personnes déclarées cliniquement mortes. De plus, les travaux de recherche des dix dernières années montrent que 10 % à 20 % des personnes ayant été “ressuscitées“ affirment avoir été en mesure d’entendre et de voir ce qui se passait autour d’elles pendant leur arrêt cardiaque. Les médecins et infirmières impliqués ont également confirmé les détails mentionnés par les patients qui sont revenus de l’état de mort clinique. L’étude doit durer trois ans. L’un des objectifs-clés est de s’assurer de la validité de ce que disent les patients ayant survécu à un arrêt cardiaque.

Méthodologie

La méthodologie fera appel à des unités de soins intensifs et des salles d’urgence équipées d’images qui ne sont visibles qu’en jetant le regard du haut vers le bas. L’idée est de savoir si les personnes qui affirment voir et entendre les médecins et infirmières pendant la phase de ressuscitation verront également ces images. Si ce n’est pas le cas, cela signifiera que ce qu’ils ont vu ou entendu n’est qu’une illusion s’alimentant d’expériences précédentes et donc ne constitue qu’un “faux souvenir“. Mais si ces individus décrivent ces images, la science, et plus particulièrement la neuroscience risque fort d’être placée devant un dilemme qui méritera d’être confronté à de multiples interrogations et programmes de recherche dont certaines pourraient bien apporter un regard entièrement neuf sinon révolutionnaire sur certains aspects des neurosciences et sur un sujet riche en controverses, celui des expériences de mort imminente. Après avoir repris conscience, certains patients font un récit qui présente de nombreuses similitudes : impression de "décorporation", conviction d’être mort et cependant conscient, mais dans un corps immatériel, déplacement le long d’un tunnel, vision d’une lumière intense, rencontre avec des personnes décédées ou des « êtres de lumière », remémoration en accéléré de sa propre existence, prises de conscience. Dans la majorité des cas, l’expérience est jugée agréable et qualifiée de « lumineuse », voire mystique, au point que la personne éprouverait ensuite des difficultés pour revenir à la réalité matérielle du monde. Cette recherche a toutes les chances de devenir très populaire et médiatisée si l’on tient compte de l’intérêt de la population pour « l’au-delà » et peut-être plus encore pour le « passage » cette étape si redoutée par certains, mêlée de curiosité pour d’autres de la période de transition entre la vie et la mort, surtout depuis que le religieux s’est partiellement retiré de la perception de la vie des vivants et qu’a diminué la croyance en l’état de mort autrefois peuplé de ciel, de purgatoire ou d’enfer et parsemé de personnages animés comme les anges sinon les démons. C’est pour toutes ces raisons qu’une vigilance scientifique d’où le questionnement éthique n’est pas absent se doit d’être en alerte pour tenter d’en filtrer les aberrations, les mythes, l’imaginaire ou les fausses croyances.