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Une grippe sous les masques

Défense passive (ou active) contre les virus V1 et V2

Faut-il s’en laver les mains ?

mardi 15 septembre 2009, par Picospin

Produire est une chose, produire de la qualité en est une autre et assurer un SAV à la hauteur du produit livré en est encore une troisième qui mérite toute l’attention du fabricant et des sous-traitants avec lesquels des contrats ont été conclus pour présenter une œuvre attirante pour l’esprit, un modèle pour les formes et un exemple pour la beauté.

Dans une certaine mesure, c’est à une telle tâche que s’est attelé le gouvernement actuel après avoir pris le relais de tant d’autres qui ont sans cesse vanté les mérites de telle institution, le niveau de telle Grande Ecole et le caractère exceptionnel de telle performance avec la note associée « que le monde entier nous envie ». Cette fois, c’est encore la présentation des initiatives exceptionnelles qui est faite devant un monde « médusé » pour souligner les mesures radicales et instantanées prises pour protéger les plus vulnérables, ralentir la vitesse de propagation d’une pandémie et éradiquer une pandémie qui, née quelque part en Amérique Centrale ou du Nord, y a produit des dégâts considérables en raison, pour les uns de la difficulté à accéder à un centre de prévention et de soins, pour les autres de lutter contre une infection contagieuse dont le vecteur est un virus dont on ne sait encore rien puisque sa virulence est encore inconnue, la capacité de réagir par des anticorps efficaces encore à l’étude et la mise au point de vaccinations encore à l’essai et en expérimentation. Pendant ce temps, le produit de la fabrication si soigneuse des enfants de la République a été confié au secteur dit privé auquel on demande de s’occuper de toutes les mesures nécessaires à le protéger contre les attaques de ce maudit H1N1 contre lequel des armes se préparent mais dont on ignore pour l’instant l’efficacité et, par euphémisme « les effets secondaires » puisqu’on ne connaît pas encore avec précision quelles sont les conséquences précoces et tardives à attendre, de la part de notre corps, de la vaccination mise en place pour les plus vulnérables, eux qui auront eu la chance ou le malheur d’avoir été choisis pour tester les produits nationaux ou importés, sélectionnés pour tuer, atténuer la virulence ou se défendre contre le méchant montage moléculaire d’un virus dit 2009, arme nouvelle, comme l’étaient les V1 et V2 pendant la 2è guerre mondiale pour écraser Londres, ses bâtiments et ses habitants. Ce que l’on demande à la population, c’est une sorte de défense passive, mécanisme imaginé et mis au point pendant les bombardements contre les attaques aériennes de nuit pendant lesquelles la population se mettait à l’abri dans les caves et les souterrains de toutes sortes, y compris les métros, tout en occultant « les lumières de la ville » pour empêcher les aviateurs de repérer les endroits stratégiques où ils devaient larguer les bombes de la mort. La terreur contre l’agression par le virus grippal prend son ampleur dans les dégâts faits par cette arme brusquement fabriquée par la nature en 1918, justement au moment où l’armistice était en perspective et permettait de voir le monde avec plus d’optimisme et moins d’appréhension. On devait s’apercevoir avec surprise et effroi que la grippe dite espagnole s’attaquait aux plus faibles, aux déshérités et aux êtres sans défense avec une vigueur qui surpassait de loin les cauchemars des champs de bataille troués par les grenades et les canons sans recul labourant des terres déjà divisées et creusées par les tranchées fabriquées par les soldats ennemis. La grippe de 1918, surnommée en France « grippe espagnole », est due à une souche (H1N1) particulièrement virulente et contagieuse de grippe qui s’est répandue en pandémie de 1918 à 1919. Cette pandémie a fait 30 millions de morts selon l’Institut Pasteur, et jusqu’à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l’histoire dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts (estimation) de la Peste noire. Son surnom « grippe espagnole » vient du fait que seule l’Espagne — non impliquée dans la Première Guerre mondiale — a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlaient donc de la « grippe espagnole » qui faisait des ravages « en Espagne » sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets pour ne pas faire savoir à l’ennemi que l’armée était affaiblie. Apparemment originaire de Chine, ce virus serait passé, selon des hypothèses désormais controversées, du canard au porc puis à l’Homme, ou selon une hypothèse également controversée directement de l’oiseau à l’Homme. Elle a gagné rapidement les États-Unis, où le virus aurait muté pour devenir plus mortel (pour 3 % des malades, contre moins de 1/1000 pour les autres épidémies de grippe, cette nouvelle souche est 30 fois plus mortelle que les grippes communes). Elle devint une « pandémie » lorsqu’elle passe des États-Unis à l’Europe, puis dans le monde entier par les échanges entre les métropoles européennes et leurs colonies. Elle se déroula essentiellement durant l’hiver 1918-1919, avec 1 milliard de malades, et 20 à 40 millions de morts, selon les premières estimations imprécises établies à l’époque. Au début du XXIe siècle, le maximum de la fourchette reste imprécis mais a été porté à 50-100 millions, après intégration des évaluations rétrospectives concernant les pays asiatiques, africains et sud-américains. En quelques mois seulement, la pandémie fit, en tous cas, plus de victimes que la Première Guerre mondiale qui se terminait cette même année 1918 ; certains pays seront encore touchés en 1919. La progression du virus fut foudroyante : des foyers d’infection furent localisés dans plusieurs pays et continents à la fois en moins de 3 mois, et de part et d’autre des États-Unis en sept jours à peine. Localement, deux voire trois vagues se sont succédé, qui semblent liées au développement des transports par bateau et rail notamment, et plus particulièrement au transport de troupes. Cette pandémie a fait prendre conscience de la nature internationale de la menace épidémies et maladies, et des impératifs de l’hygiène et d’un réseau de surveillance pour y faire face. Il y a ainsi dans l’une des clauses de la charte de la SDN, la volonté de créer un Comité d’Hygiène international, qui deviendra finalement l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec cette boucle historique qui va de 1918 à 2009 s’achève un cycle dont on espère qu’il ne reproduira pas celui d’un éternel retour qui a vu les conflits devenir universels, les assauts s’amplifier jusqu’à l’extermination et les idéologies ramasser à la louche les individus et les collectivités les plus naïfs pour en faire des holocaustes, offrandes aux dieux assoiffés du sang des martyrs et des civils habillés en guerriers.