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Une nouveauté (pas pour tout le monde) le "care"

Déjà un féroce débat sur la justification éventuelle de l’intérêt à l’autre

Une atteinte au machisme ?

samedi 15 mai 2010, par Picospin

Le premier ne signifie pas exactement soigner mais prendre soin de... ce qui n’est pas la même chose.

Les facettes du soin

Prendre soin signifie à son tour s’occuper de l’autre, l’accompagner, le soutenir et nullement le prendre en charge complètement ni même l’assister, terme honni par les Français qui sont pourtant bien contents de bénéficier de l’aide, de l’assistance, du soutien, mots qui reviennent régulièrement à haute fréquence dans les discours des hommes politiques et des programmes des partis. L’ordre juste n’est pas une horreur même si le mot ou l’expression en choque certains qui détestent les bons sentiments parce que cette catégorie de langage vertueux n’est pas assez mâle aux yeux de certains qui préfèrent la gauloiserie aux effusions de l’âme qui avaient cours aux temps du romantisme exacerbé.

Civilisation du mépris

On se demande si dans ce débat ne resurgit pas le mépris d’une certaine catégorie d’individus qui supportent mal les lamentations, les larmoiements qui sont devenus les formes d’expression majeures de la féminité méprisée par les machos, si fiers de leur pouvoir, des démonstrations de leur force et de leur supériorité physique et intellectuelle sur les femmes. Les observations récentes ont montré que cet équilibre était inexact au vu des véritables performances accomplies par les femmes qui démontrent chaque jour une meilleure résistance à la solitude, au désordre et à la peine, de meilleures performances scolaires que les hommes et une endurance au moins égale à celle de l’homme dans les performances physiques.

Soigner n’est pas prendre soin

Les intervenants dans cette discussion ne semblent pas avoir saisi le véritable sens du « care » qui n’a rien à voir avec des besoins de soins ou de guérison mais au contraire a beaucoup à voir avec l’attention à l’autre, le respect, la politesse, l’accueil, toutes vertus depuis longtemps honorées par les sociétés les plus civilisées et qui sont à l’oppose de la conception rudimentaire de la force brutale, démonstration brute d’une virilité sans objet et désuète. Il serait temps que les forces politiques reviennent à une conception plus rationnelle ; plus équilibrée et pour tout dire, plus intelligente du rapport des forces reliant l’homme, la femme, l’enfant, la fragilité face à la force, la paix à la guerre et l’élégance à la brutalité.

Questionnement éthique :

1. Peut-on parler d’expérience morale dans la relation de soin ?

2. Est-ce que le rapport à l’autre dans une situation de vulnérabilité temporaire est lié à un changement de condition humaine qui peut mettre du temps à se révéler ?

3. Est-ce que l’acte de prendre soin, de porter attention à l’autre traduit plus une relation d’action que de fusion, de compassion ou de connaissance ?

4. Est-ce que le questionnement sur ce que pourrait être le modèle d’un lien engageant l’intérêt de l’autre ou à l’autre peut s’exprimer en dehors de tout contrat, relation de confiance, volontarisme du bien, paternalisme ?