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Demande à Aristote ce qu’il pense des Ministres

Le Ministre et le philosophe

jeudi 3 juin 2010, par Picospin

Il est dit depuis fort longtemps, sinon depuis l’origine des temps que la possession totale d’une seule vertu doit entrainer celle de toutes les autres.

Opinion publique

Est-ce que l’opinion selon laquelle la connaissance du bien est suffisante pour assurer une conduite vertueuse. Cette idée peut être contestée dans la mesure où d’autres pensent que les vertus sont reliées entre elles ce qui se solderait par exemple par une étroite relation entre la simple gentillesse qui pourrait être associée ou qui devrait l’être avec la justice. Dans certains cas, le manque de sensibilité et de réaction à une exigence de justice pourrait empêcher l’agent de répondre positivement à une simple demande de gentillesse et de bonté envers l’autre. C’est une des caractéristiques de la vertu que dans le cadre de l’engagement de chaque personne la soumission à l’aristotélisme est en fin de compte profondément dépendant du mode de relation de l’individu avec des engagements tels que ceux que l’on peut promettre à l’exercice de la vertu. Le fait de se trouver doté d’une seule vertu n’implique nullement que l’on soit en mesure de les posséder et de les exercer toutes.

Gandhi ?

Le fait qu’une personnalité exemplaire comme Gandhi ait pu exercer une extraordinaire maitrise sur la vie de ses fils ne permet en aucune manière d’en conclure qu’il n’avait pas la force morale de montrer une vertu qui a fait l’admiration des foules ? La maitrise d’une seule vertu comme celle de la générosité signifierait pour certains que l’individu qui la possède soit capable d’être doté des mêmes qualités dans des domaines aussi variables que la gentillesse, l’esprit de justice, car ces types de vertus peuvent parfaitement être requise dans de nombreuses situations. Pourtant, il est plus difficile de faire un grand écart pour parvenir à la conclusion que si l’on est généreux, on est en même temps capable d’assumer la même attitude et la même compréhension envers la justice ou d’autres qualités de ce type. Le fait de s’engager pleinement dans la conception d’une vertu qui implique sa pleine compréhension et suscite une motivation capable de s’adapter à toutes les circonstances aboutit à la notion estimée comme sublime d’une seule vertu qui les englobe toutes.

Admiration

Nous ne cessons d’admirer les personnages politiques de premier plan pour leur présence, leur abnégation, leur courage, leur capacité de travail. Avons-nous raison de leur prêter autant de qualités ? Leur en attribuer autant n’est-ce pas courir au devant de grandes déceptions à la mesure des compliments dont nous les entourons, des évènements que nous considérons comme héroïques et grâce auxquels nous les propulsons facilement au faite de la gloire, de la renommée, sinon d’une confiance illimitée à la mesure de l’admiration que nous
leur portons ? N’est-ce pas ce qui « colle » le mieux et le plus étroitement à des personnalités aussi modestes et supposées honnêtes que tel Ministre en charge de loger les pauvres, de répartir les richesses de l’état même quand elles sont épuisées, des petits avantages égoïstes sinon généreux pour sa propre famille qu’on peut tirer de telle ou telle situation ? A l’admiration succède rapidement la consternation, le désenchantement, sinon la désillusion parce que la sainteté ne court pas les rues, et peut-être pas spécialement, ni nécessairement les bureaux ministériels ? Une bonne leçon pour le besoin d’une relativisation des phénomènes humains surtout quand ils se produisent en haut lieu ?

Journal of Ethics and Social Philosophy