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Des statistiques intéressantes sinon importantes

Démographie de l’UE

Son poids dans le monde

vendredi 4 septembre 2009, par Jean-Claude Cusset

La répartition des populations, la densité de peuplement, sont un atout pour l’Europe. Avec 115 à 116 habitants par Km2, la densité ne varie pratiquement pas d’ici à 2050. L’Europe dans son ensemble ne souffre pas de surpeuplement..

Trop ou pas assez de chiffres ?

Il ne s’agit pas pour moi de faire une analyse de l’abondance de chiffres que publie la revue de l’INED, si intéressants qu’ils puissent être, et ils le sont, mais d’en tirer quelques réflexions et peut être suggestions, à travers cette approche démographique, sur la position de l’Union Européenne dans le monde et le poids qu’elle peut y avoir.

I - Un constat :

Les pays européens, membres ou non de l ‘UE, pris isolément, ont un très faible poids démograhique dans le monde. Ce n’est pas le cas de l’UE.
Prenons comme exemple deux des pays les plus peuplés de l’Europe, l’Allemagne et la France. En 2009 l’Allemagne avec ses 82 M. d’habitants représente 1,2% de la population mondiale, la France, avec 62,6 M., 0,92%. Chacun de l’ordre de 1% de la population mondiale, c’est peu ! En 2050 l’Allemagne et la France seront à peu près au même niveau, respectivement 0,75 et 0,74% de la population mondiale…
Alors que l’UE à 27, avec ses 500,5 M. d’habitants « pèse » actuellement 7,35% du total mondial, ce qui la met au 3ème rang dans le Monde. En 2050 la population de l’UE aura très peu augmenté, et ne pèsera plus que 5,3% du total mondial ; mais le chiffre est encore significatif, et elle restera au 3ème rang mondial. Ne perdons pas cela de vue !

2 – le poids économique de cet ensemble démographique :

L’UE à 27 avait en 2008 un Revenu National Brut (RNB) de 15.294 G$, ce qui la mettait un peu devant les USA, le supposé leader incontesté, avec 14.411 G$. Difficile de dire ce qui attend l’Europe dans les décennies à venir ; contentons nous de dire qu’elle part dans la concurrence mondiale avec des atouts non négligeables ; il lui appartient de les sauvegarder et de les accroître, par une action concertée en commun.

3 – la répartition des populations,

La densité de peuplement, est aussi un atout pour l’Europe. Avec 115 à 116 habitants par Km2, la densité ne varie pratiquement pas d’ici à 2050. L’Europe dans son ensemble ne souffre pas de surpeuplement..
Alors que l’Inde va passer de 356 à 532 hab/Km2, et la Chine de 139 à 150. Pour la Chine cela paraît peu, mais il ne faut pas oublier l’importance considérable des déserts dans le territoire chinois (et le pays se bat pour enrayer leur extension) et donc la densité effective dans les zones habitables.
A comparer avec l’évolution de la Russie, véritable désert démographique, qui va passer de 8,3 hab/Km2 actuellement à 6,9 en 2050. Certes la densité est très inégalement répartie sur cet immense territoire (le Ier du monde), la Russie d’Europe étant sensiblement plus peuplée. Mais elle se dépeuple, à un taux inquiétant pour le pays lui-même et, je dirai, pour le reste de l’Europe, car la Russie d’Asie, territoire immense et quasi vide, mais aussi territoire plein de ressources naturelles ne peut manquer d’attirer les convoitises de ses voisins surpeuplés. D’ores et déjà les chinois se répandent en Russie d’Asie, avec la tolérance sinon la complaisance des autorités locales. Il serait de l’intérêt de l’UE, pour préserver ces territoires et leurs ressources, de se rapprocher de la Russie, et même de l’intégrer dans l’UE ; faire en sorte que, contrairement à ce que pensait le général de Gaulle, l’Europe ne s’arrête pas à l’Oural ; ou qu’elle ne soit plus ce petit cap au bout de l’Asie que dénonçait Valery.

4 – Une question non abordée : les migrations dans le monde.

Je n’ai pas vu dans l’étude de chiffres se référant directement à ce phénomène, qui pourtant ne peut manquer de peser dans l’évolution du monde. Le peu que nous avons fait ressortir ci-avant montre clairement qu’il y a des zones d’attraction dans le monde, soit par leur richesse, soit par l’abondance de leurs ressources. Sans doute les prévisions en la matière sont elles difficiles et délicates ; pourtant l’étude a dû pour une part en tenir compte. J’en veux pour exemple la comparaison de l’évolution de la France et du Royaume-Uni. Avec un point de départ pratiquement identique : 62,6 M. pour la France, 61,8 pour le Royaume-Uni, avec des taux de natalité et de mortalité identiques, un taux de fécondité équivalent ( la France fait même un peu mieux, avec 2 contre 1,9 pur le Royaume-Uni ) comment expliquer, autrement que par une sensible différence dans les flux migratoires, on arrive en 2050 à une population de 70 M. pour la France et de 77 M. pour le Royaume-Uni. Avec un différentiel de 7,8 M. cela fait un accroissement en gros deux fois plus fort en UK qu’en France…

Ces chiffres posent le problème de la politique d’immigration dans l’UE, qui pour le moment n’existe pas

J.C Cusset – 03/09/09

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