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Les succès du populisme :

Démographie et immigration

danger ou faux danger ?

vendredi 2 mars 2012, par Picospin

Sa composition sociale, politique et culturelle mérite d’être définie avant de se lancer dans tout tentative de débat sur la constitution, l’origine, les causes du succès ou des échecs des partis politiques qui se revendiquent du populisme.

Le danger

Ce dernier a mauvaise presse depuis l’expérience déplorable et sanguinaire de la clique hitlérienne dans l’Allemagne nazie des années trente et au-delà. Ce mouvement politique serait né et se serait développé de façon exponentielle du fait de la situation démographique de l’Europe qui oblige les pays faisant partie de ce continent d’avoir recours à l’importation massive de travailleurs étrangers pour compenser la forte diminution des naissances enregistrée un peu partout. A cet égard on peut s’interroger sur les causes de l’avènement du populisme dans d’autres états que ceux de l’Europe, ne serait-ce que ceux d’Amérique du Sud dont la situation politique, économique, culturelle et financière n’est pas identique à celle du vieux continent démodé, suranné et fragilisé par les guerres incessantes, les massacres à répétition et les idéologies fallacieuses nées d’une situation inégalitaire et injuste dont la responsabilité et l’initiative incombent aux gouvernements belligérants devenus maitres du monde à la suite de comportements hautains, méprisants et inhumains envers les vaincus des guerres des deux derniers siècles qui se déroulèrent sur les territoires proches et parfois éloignés des champs de bataille européens. Le remplacement des masses laborieuses décimées par les conflits armés par des immigrés venus des pays pauvres a bouleversé la donne démographique.

Une population disparait

La disparition des nationaux et locaux a été suivie par l’intrusion d’immigrés dont la culture, les moyens d’expression linguistique, artistique étaient différents de ceux des populations en partance. D’aucuns prétendent que cette situation a favorisé une certains désaffection pour les us et coutumes du pays d’accueil. Cette indifférence ou cette hostilité par manque de chaleur dans l’accueil des hôtes et la volonté des arrivants d’oublier leur passé aurait favorisé une certaine désaffection pour la participation des arrivants à la vie commune proposée par l’état offrant sa réception aux populations en souffrance venues d’ailleurs. On reproche ainsi aux arrivants de feindre de négliger leurs devoirs civiques et de se tenir à l’écart des grands problèmes de leur nouvel Etat même si par ailleurs ils s’acquittent de leur obligation fiscale et de leurs actions de solidarité concernant leur appartenance à la nouvelle nation. On est moins regardant par contre sur les exportations de capitaux, d’impositions et taxations qui s’enfuient en pays étranger, de la part des nouveaux possédants que sont les nouveaux riches représentés par les sportifs de haut niveau, les vedettes du showbizz et autres possédants munis d’une fortune appréciable en raison de leur activité dans un pays qui leur a offert les moyens de montrer leurs qualités, leur volonté opiniâtre de réussite, stigmate habituel des minorités écrasées.

Une rhétorique

Malgré ces avantages transitoires, trop souvent contestés par la population indigène, la rhétorique populiste est fondamentalement protestataire quand elle se nourrit d’une crise des institutions démocratiques où le peuple n’a pas la place qui lui parait légitime. C’est moins la démocratie au sens politique du terme qui est contestée que la démocratie représentative comme le montrent les mouvements inspirés du boulangisme ou du poujadisme. Le populisme est forgé par l’opposition formelle entre démocratie directe et représentative. Les gouvernements oscillent en permanence entre la choix de l’une par rapport à l’autre pour menacer la population de tranférer les responsabilités incombant aux autorités issues d’élections démocratiques aux leaders provisoires, charismatiques qui substituent trop facilement les actes à la parole. Tournant la problématique dans une direction anachronique, le populisme relèbve de l’exigence d’un surcroit de démocratie et s’inscrit dans un processu historique de transition où l’intégration des masses populaires trop souvent exclues du jeu démocratique se fait trop progressivement sinon lentement.le populisme n’est pas, comme on le présente trop souvent un simple avatar de « l’extrême droite ». Le populisme n’est pas, comme on le présente trop souvent, un simple avatar de « l’extrême droite ».’on trouve, en son sein, ceux qui, partis de la gauche extrême, cherchent un nouveau positionnement dans un monde ou « l‘internationalisme » est de moins en moins bien porté ; et ces autres, partis de la droite extrême qui, comme en Suède, ont abandonné drapeaux et ceinturons pour apparaître sous un aspect plus acceptable, mais, de ce fait même, plus inquiétant peut-­être.

Refus de croire

Si la description d’un populisme enfanté par la droite ou la gauche extrême ne surprend pas ceux qui refusent les clivages simplistes, certains de ces partis, - le parti du progrès norvégien par exemple, - se réclament de la tradition libérale la plus dure et la moins protectrice, incarnée en leurs temps par Ronald Reagan et Madame Thatcher. Le « populisme patrimonial » engage une compétition féroce avec la droite de gouvernement sur le terrain du conservatisme aussi bien matériel (niveau de vie, protection sociale) qu’identitaire ( références et symboles collectifs). Cette compétition ébranle les assises des partis conservateurs pris dans le dilemme de savoir s’ils doivent en rajouter dans la démagogie, voire collaborer avec ces partis pour se maintenir au pouvoir au risque d’y perdre leur âme, ou bien ne rien faire et alimenter l’idée funeste que « le peuple n’est plus représenté » ?

Pouvoirs de séduction

Dans la nébuleuse populiste, le pouvoir est souvent détenu par les séducteurs, sortes de caméléons plus ou moins colorés vus à travers les prismes du chamanisme, prenant parfois la forme d’une spiritualité ésotérique et multipliant les costumes et masques des prestidigitateurs. Ses succès actuels, suivant ceux des ancêtres de la manipulation populiste à l’instar des emblèmes proposés comme svastika ou faucille et marteau, relèvent de plus en plus de la multiplication des réseaux sociaux, de la circulation des informations, des connivences entre réseaux sociaux sous la houlette technologique de l’Internet et des médias. Dans cet étonnant succès, on peut se demander quel rôle a joué la rhétorique, vieille méthode pour convaincre et persuader afin de déterminer l’action des hommes du peuple ? A l’honnête homme, héritier de l’humanisme et des convictions démocratiques, elles-mêmes héritées de la philosophie grecque de veiller à ce qu’aucune dérive vers un régime autoritaire ne découle de cette mode dont on se méfie beaucoup et qu’on craint si peu. A condition de ne pas se laisser hypnotiser...