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Coupable ou non coupable ?

Déni de grossesse ou de justice ?

Déni et délit ?

mardi 16 juin 2009, par Picospin

Cette évolution est d’autant plus curieuse que des experts de haute renommée sont commis ou invités à exprimer leurs impressions, à faire part de leur expérience et à se prononcer en définitive sur l’éventuelle culpabilité de la mère.

Coupable ?

Cette dernière est vue [1]]] une coupable en puissance tantôt comme une victime qui mérite commisération et compassion. C’est à l’occasion de ce procès que l’on voit soudain apparaître les termes de déni de grossesse, comme si tout le monde devait être au courant de ce terme « psycho-obstétrical ». D’où les joutes oratoires entre médecins, psychiatres, juristes pour déterminer le statut juridique de cette femme qui tend à être sacralisée en raison de son passé difficile, du silence qui régnait dans sa famille, des difficultés de communication et maintenant du regain d’amour qu’éprouve de nouveau, à l’occasion de cette phase tragique de leur vie, son mari pour son épouse. A propos de cette symptomatologie étrange au cours de la grossesse, on évoque son déni mais aussi, à l’opposé la « fausse grossesse » appelée du terme à peine ésotérique de grossesse nerveuse. Au cours des débats intervenus entre accusation et défense lors de l’émission télévisée, des informations étranges ont circulé qui sont allées de l’impossibilité pour un hominidé femelle d’accoucher tout seul au décès de tout nouveau-né qui traverse par inadvertance le bassin de sa mère, considéré en tout état de cause comme infranchissable sous peine de fractures graves, d’écrasements des organes et de lésions multiples du corps de l’enfant.

Déni de grossesse et grossesse nerveuse

A l’appui de la thèse du véritable syndrome de déni de grossesse s’inscrivent une thèse de pédopsychiatrie, et la négation de toute possibilité pour une parturiente d’être victime de cette maladie si elle a déjà donné naissance à des enfants normaux dans des conditions normales. L’aspect psychosomatique du syndrome est marqué par le fait que le « déni » se situe aussi bien dans la sphère psychique que dans le réseau psychonévrotique et physique puisque le corps ne subit aucune des transformations physiologiques propres à la grossesse. Si certains spécialistes considèrent cette pathologie comme rare ou exceptionnelle, d’autres la trouvent fréquente au point qu’une association se bat pour la faire reconnaître comme bien réelle. Comment comprendre par ailleurs le débat contradictoire qui s’est engagé par textes interposés entre Jean-Yves Nau, journaliste scientifique du Monde très estimé et le même Pr Nisand de Strasbourg qui évoque les termes de cri et de gasp pour décrire les cris que les nouveaux nés auraient poussé lors de leur naissance, vivants ou morts.

Témoin ?

A ce débat a pris part un témoin objectif mais lointain qui écrit en effet que « Je suis très surpris par les affirmations du professeur Nisan selon lesquelles les femmes ne peuvent pas accoucher seules. S’il avait un peu voyagé en dehors de notre monde occidental il aurait rencontré des millions de femmes qui accouchent sans aucune assistance. Un seul exemple : le monde andin où traditionnellement les femmes se passent de toute aide pour mettre au monde leurs bébés. La grand-mère de ma propre épouse a mis au monde 7 enfants (dont des jumeaux) sans recourir au service d’une tierce personne. Petite précision : toutes ces femmes qui accouchent seules le font en position accroupies, position qui, d’après mes observations, facilitent grandement la sortie du bébé ». Est-ce une conclusion, une interrogation ou une observation particulièrement pertinente ?

Slate.fr


[1[[Slate.fr

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