Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Des Cerveaux masculin et féminin, déviants ou normaux

Des Cerveaux masculin et féminin, déviants ou normaux

samedi 19 mai 2012, par Picospin

La population y aspire qui se précipite sur la moindre occasion de s’évader, d’oublier un passé récent construit à partir des ruines du plus ancien.

On attend la rentrée sans enthousiasme, avec un petit pincement d’angoisse plus au cœur qu’à l’esprit si l’on pense aux pauvres Grecs dont on sera privé de la compagnie, des îles mythologiques et de toute un frange de l’Antiquité s’ils sont condamnés à rentrer dans leur coquille du drachme après en être sorti pour respirer l’odeur de l’Euro. Cette conversion à la monnaie de la libération les avait fait sortir de leur nid où se côtoyaient colonels en recherche de coups d’état, popes en mal d’orthodoxie et état en défaut de règlements d’impôts. C’est moins pour la misère engendrée que pour les menaces d’écroulement de l’Europe que les peuples craignent l’effondrement de cet état susceptible d’entrainer dans sa chute le monde occidental si civilisé qu’il n’a rien trouvé de mieux que de jeter son opprobre sur les gardiens de la culture occidentale aux frontières avec l’orient. C’est au moment où les conflits se multiplient et que s’éteint l’enthousiasme pour les guerre de religion qu’on commence à s’intéresser aux dérives individuelles sinon collectives de l’art de penser. On découvre que ce dernier n’est pas le fait d’un cerveau mystérieux dont on commence à peine à découvrir le fonctionnement après en avoir démonté les structures. Mieux, on s’apprête à agir directement sur son activité, ses silences, ses régulations asymétriques au moment où l’on s’aperçoit que les femmes s’en servent moins que les hommes, que leur cerveau gauche est relié au droit par des connexions plus étroites et plus fournies que celles des hommes. Cela tombe bien à l’instant où la parité au gouvernement devient une réalité dans laquelle le genre dit faible a l’occasion de s’engouffrer en masse aux postes offerts du fait du manque d’effectifs si longtemps contenu dans des limites étroites en raison d’impératifs biologiques incontournables auxquels peu échappent à moins de prendre le fruit de ses amours dans ses mains pour le déménager 5 jours après son arrivée en terre profane ou sacrée vers son havre de protection sous la garde des crèches, des écoles maternelles ou des garderies parentales. C’est dès ces instants que l’on craint les lavages de cerveau, les incursions d’agitateurs chimiques ou physiques dans l’enceinte des structures cérébrales pour en modifier le fonctionnement, y activer les dérives potentielles et y creuser des sillons capables de conserver le souvenir, d’imprégner les circuits affectifs ou émotionnels, sources et ressources de créations artistiques, féériques et fictionnelles. « Comprendre comment sont stockées nos émotions et notre mémoire est fondamental pour lutter contre les maladies neuropsychiatriques. La technologie permet des manipulations du cerveau, facilite la compréhension du fonctionnement cérébral et dessine la cartographie de l’esprit humain progressant au rythme de l’augmentation des capacités informatiques. La stimulation cérébrale par implants de puces électroniques pour traiter les dépressions ou les troubles névrotiques graves donne des premiers résultats encourageants. Les tétraplégiques peuvent commander un ordinateur ou une machine par la pensée, via un casque qui analyse les ondes cérébrales. On a pu reconstruire la pensée grâce au décodage des ondes enregistrées par des électrodes crâniennes. La technologie ira au-delà du décryptage des cerveaux : leur manipulation semble sans limite. Sa régulation ne sera pas consensuelle : on peut soutenir que le cerveau doit rester un sanctuaire inviolable ou promouvoir des techniques de renforcement pour aider les enfants psychiquement défavorisés. L’éditorialiste de la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet s’inquiétait moins des dérives des technologies de renforcement cérébral que des conditions requises pour accorder aux étudiants pauvres des bourses leur permettant d’y avoir accès. Les neurotechnologies pourraient devenir une arme fatale au service des ambitions totalitaires. C’est une menace inédite contre la liberté : la police de la pensée pourrait bientôt entrer en fonction. L’ultime frontière de la domination des dictatures - l’esprit humain - serait pulvérisée : on n’ose imaginer ce que Staline, Mao, Pol Pot ou Hitler auraient fait des neurotechnologies. La protection de l’intégrité cérébrale va devenir essentielle. Il faudra encadrer les modifications mnésiques même lorsqu’elles sont proposées au nom de l’intérêt des malades. Les militaires travaillent aujourd’hui sur les techniques permettant de supprimer les souvenirs de guerre traumatisants devenus trop encombrants et lourds à porter, à supporter. Combien de rescapés et de survivants des ghettos et des camps de la mort se sont suicidés plusieurs années après leur libération pour n’avoir ni su porter le fardeau trop lourd de la mémoire, ni toléré leur culpabilité d’être encore en vie alors que leurs camarades de malheurs son morts. Aurait-il fallu supprimer les souvenirs des rescapés de la Shoah ? Transformations biologiques et électroniques du cerveau, réalité virtuelle, manipulation des souvenirs forment un cocktail détonant. La vérité va devenir de plus en plus fragile, et les erreurs que l’on trouve sur Wikipédia sont anodines au regard des perspectives des neurotechnologies. Notre neurosécurité, c’est-à-dire notre liberté, deviendra le coeur des droits de l’homme de la civilisation biotechnologique. Pourra-t-on faire confiance à l’Etat pour construire la neuroéthique ? Quel homme d’état quel groupe de juristes, de magistrats permettra à la justice de lire dans nos cerveaux ?