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Le jazz manouche va-t-il chasser la chanson française ?

Des Polonais aux Tsiganes en passant par les Touareg : quelle langue, quelle âme, quel cœur ?

Quels risques ?

mercredi 11 août 2010, par Picospin

Cette particularité devient une caractéristique française dans la mesure où les ressortissants de ce pays se refusent obstinément ce qui se dit, se parle, se fait ou se construit ailleurs que dans l’hexagone.

Qui parle français ?

Cette particularité devient une caractéristique française dans la mesure où les ressortissants de ce pays se refusent obstinément ce qui se dit, se parle, se fait ou se construit ailleurs que dans l’hexagone. En fait partie la prononciation après l’orthographe de la langue polonaise faite d’une série de consonnes qui assemblées confèrent au mot ou au nom une consonance étrange pour un Français qui n’était guère habitué à entendre des phonèmes aussi bizarres et si différents de ceux entendus dans la langue française. Les Polonais s’intéressaient depuis longtemps aux qualités grammaticales, musicales, à la phraséologie de cette langue qui avait couvert autrefois l’Europe de sa musique même si ce sont des « Polonaises » de Chopin qui ont été si fréquemment interprétées par les pianistes virtuoses de l’époque dans les salles de concert parisiennes ou les résidences richement décorées des personnalités du monde littéraire, musical, sociétal et des descendants des grandes familles venues de l’est pour trouver dans le cadre sophistiqué de l’élite un parfum d’excellence, de raffinement, de grande éducation à prendre comme modèle de comportement, de conversation et de bonne tenue.

Sonorités

Que les assemblages acoustiques proposés aux Français par les personnes issues de l’immigration polonaise dérangent leur connaissance des langues est une évidence qu’il conviendrait enfin de corriger par un enseignement vivant, intelligent, conscient des modes d’expression de l’autre et des autres, que cette marque concerne le Russe, si riche de sonorités ou d’autres unités phonologiques. Nul n’a intérêt à rester cloitré dans sa sphère surtout si elle concerne le savoir, les manifestations d’identité, les expressions verbales ou écrites. Se retrancher derrière ses lignes Maginot est une manœuvre qui n’a jamais servi qu’à faire entrer encore plus facilement l’ennemi blotti aux frontières en attendant que ces dernières s’ouvrent plus sous ses coups de butoir que sous l’influence des infiltrations sournoises parce que méconnues. Considérer tout étranger comme un ennemi peut couter très cher. Aller vers lui dans un élan de connivence, de fraternité, de reconnaissance réciproque peut rapporter la considération, nouer des amitiés, enrichir esprit et corps par la différence et permettre in fine de vivre dans la décontraction, la souplesse, sans faire appel à la méfiance pathologique, si proche de la paranoïa et si néfaste pour les assemblages et les constructions communes et solidaires. Regardez comment vos enfants et nos enfants sont heureux de pouvoir changer de mode de vie, d’échanger des traditions, des habitudes, de décolorer le pain noir et de noircir le pain blanc.

Plaisirs de vie ou plaisirs d’amour ?

C’est cela le plaisir de la vie, celui de se confronter avec l’autre avant de le prendre dans ses bras parce qu’il ressent les mêmes émotions, que les larmes coulent de ses yeux quand ils sont secs et que vous en essuyez les coins avec les mouchoirs imprégnés des parfums de France. A côté de ces récompenses si fortes et de ces inconvénients si anodins que signifie la guerre allumée contre les nomades dont le préjudice à la nation et les incartades au patriotisme ne représentent qu’une flambée destinée à être éteinte avant qu’elle ait eu le temps de transformer en brasier la roulotte de Django. Qu’aurait-il donné, quels sacrifices auraient consenti ses admirateurs et fans si on avait pu empêcher que des phalanges ne se rident comme vieilles peaux mortes, que les articulations ne se figent pour l’éternité dans les cordes de sa guitare ? Est-ce une raison suffisante pour remettre la direction des remorques dans le sens d’une marche vers l’est où elles ne sont ni attendues, ni bienvenues ni même accueillies ? La méfiance de l’autre est une peur ancéstrale, venue du fond des âges qui induit méfiance, terreur, panique parce que l’autre est habillé de loques et qu’il ne s’intègre pas dans le paysage « civilisé » des conformismes. Quelle est cette haine soudaine du nomade face à la convivialité du sédentaire ? L’itinérant ramasse sur son passage les bribes laissés par le sédentaire et s’en retourne, riche de nouvelles aventures, d’un nouveau regard, du renouvellement d’un monde souvent au bord des précipices. Le Targui est respecté car haut perché sur le surplomb du chameau, dans la profondeur de ses voiles bleus. Le tsigane ne s’élève pas vers le ciel car engoncé au fond de sa charrette qu’on lui reproche maintenant d’avoir changé pour la Mercédès. Où est la différence ? Où est l’homme véritable qui pleure quand il perd un enfant et danse avec les femmes de sa tribu ?