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Un monde prothétique ?

Des affaires et des hommes

Métamorphoses

mercredi 20 mai 2009, par Picospin

Il semble donc que les records de Alain Bernard et Fréderick Bousquet n’aient pas été homologués. La décision était attendue, après les championnats de France de natation grand-guignolesques d’avril dernier

La Fédération internationale de natation réunie lundi et mardi à Lausanne, n’a pas donné son homologation à certaines combinaisons parmi lesquelles la « X-Glide » de marque Arena, et la « Jaked 01 ». Celles-ci avaient été utilisées par les Français Alain Bernard et Frédérick Bousquet lors de leurs records du monde en avril. Cependant, la Fina n’a pas précisé si la non-homologation de ces combinaisons entièrement en polyuréthane impliquait l’invalidation des records, établis lors des championnats de France à Montpellier. « Les deux combinaisons ne figurent pas sur la liste des combinaisons homologuées. Nous attendons davantage d’informations de la Fina, avant de nous exprimer », a déclaré Christian Donzé, directeur technique national (DTN) de la fédération française. Alain Bernard avait battu le record du monde du 100 m nage libre (46.94) alors que Frédérick Bousquet avait lui amélioré le record du 50 m nage libre (20.94) en avril à Montpellier. Au total, la Fina a étudié 348 combinaisons de 21 équipementiers. Dix ont été rejetées, en raison de leur épaisseur ou de leur aide à la flottabilité. Est-on en train de créer un nouveau monstre se situant quelque part dans l’échelle animale entre un hominidé sorti de l’eau sur un coup de tête ou un coup de dés dans la perspective de trouver dans un autre monde ce qu’il avait eu plus de difficultés à chercher dans celui qu’il s’apprêtait à quitter ?

Limites à l’artifice ?

Jusqu’où peut-on aller pour continuer sur la voie des transformations inhérentes à l’évolution des espèces et à leur adaptation à un nouveau milieu ? Ce débat n’est pas près de voir sa fin en raison des progrès de la technologie, capable maintenant de muer un nageur de compétition en loutre, en phoque, en dauphin pour doter les premier des attributs, sinon de la substance des seconds s’il est vrai qu’ils en aient une. On n’avait pas émis autant de critiques sur les prothèses des membres inférieurs destinées à faciliter la marche et la course à pied jusqu’à un degré tel que l’équipement par les seconds permettrait de se substituer aux capacités de vélocité des premières lorsqu’un accident ou une blessure de guerre les avait privés de leurs attributs naturels soustraits par quelque engin de mort aux combattants des deux camps. Entre ces deux intentionnalités n’y a-t-il pas une certaine différence qui explique que ce que l’on invente pour les athlètes de compétition a pour finalité le profit des uns et le gloire des autres, ce qui n’est pas le cas des blessés au combat ou à la suite d’accidents où l’objectif consiste à rendre à l’homme ses moyens perdus, ses capacités humaines égarées sur un champ de bataille sinon sa dignité ?