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Des affaires… : une initiation ?

dimanche 14 octobre 2007, par Picospin

Il s’agit, bien entendu, de celles qui émergent actuellement au sujet des délits d’initiés ou d’emprunts, - on espère à court terme, - dans les caisses de certains groupes qui mélangent sans délimiter de frontière nette, le commercial, l’associatif, le droit ou l’interdiction de réaliser des bénéfices. S’y ajoute ce qui coiffe l’ensemble, c’est-à-dire l’initié qu’on fait précéder du terme de délit. Et ce qui décoiffe, c’est-à-dire l’implication des sociétés les plus puissantes et des hommes les plus connus.

Agissements et conduites ?

Que faire de toutes ces conduites qui vont des expressions « détournements de fonds » à « financement occulte » en passant par « abus de confiance » avec leur antidote, la transparence, terme sinon agissement qui est de plus en plus souvent exigé de la part des responsables. L’éthique des affaires obéit, entre autres, à la recherche de l’intérêt général. En s’efforçant de concilier les besoins du producteur et ceux du consommateur, elle vise l’avantage de tous. Soucieuse de la réussite à long terme et de règles de conduite favorables à tous, elle ne saurait servir seulement à la fonction d’un simple gadget. Ce sont bien la communication, la responsabilité et l’impératif hypothétique – plus que l’impératif catégorique – qui régissent le monde moderne de l’éthique de l’entreprise.

Protection du futur ?

Si des agissements contraires aux intérêts des collectivités risquent de compromettre l’avenir, est-il légitime de vouloir protéger le futur ? Peut-on invoquer la nécessité pour l’entreprise de rechercher des règles de conduite pour les protagonistes de la sphère des entreprises, au moment où l’éthique se rapproche de la déontologie, de la synthèse de performance et d’obéissance aux règles. La volonté d’obéir à des règles, de pratiquer les respect de l’autre, de subordonner les affaires à l’art de la réussite à long terme sans mépriser les partenaires traduit un certain rapport au futur qui est sans doute lié à une signification éthique si l’on prend en compte le désir, la volonté, la préoccupation louable de prendre en charge l’horizon de l’avenir. C’est à ce carrefour que l’homme éthique risque de rencontrer la responsabilité à l’égard de l’action future, concept derrière lequel émerge la figure de Hans Jonas qui cherche à préserver l’intégrité de la nature et l’avenir de l’homme.

Le principe responsabilité

Qu’en pensent les écologistes de tous bords qui veulent économiser les sources d’énergie actuelles pour préserver celles de l’avenir, qui cherchent à en inventer de nouvelles pour les léguer aux générations du futur ? Au moment où les religions ont tendance à disparaître, quel destin l’homme doit-ils réserver à l’éthique ? Si l’on peut dire de la première qu’elle existe ou qu’elle n’existe pas, comme fait exerçant une influence déterminante sur les hommes, « il faut dire de l’éthique qu’elle doit exister », selon la formule employée par Hans Jonas dans le chapitre « Transformation de l’agir » contenu dans son « Principe responsabilité ». L’éthique doit exister parce que les hommes agissent et l’éthique est là pour ordonner les actions et pour réguler le pouvoir d’agir. Elle entre en scène comme la régulation d’un agir sous la conduite du bien ou du permis. Dans un monde nouveau où l’homme dispose des pouvoirs, des moyens d’action fortement instrumentalisés, doit-on chercher dans l’éthique quelque chose de nouveau susceptible de prendre la direction de la régulation au sein du commerce technique avec la matière.

Un péril ?

Tant que le péril est inconnu, on ignore ce qui doit être protégé et pour quelles raisons il le doit. Nous savons plus tôt ce dont nous ne voulons pas que ce que nous voulons. C’est la raison pour laquelle la philosophie doit consulter nos craintes préalablement à nos désirs pour mettre en relief ce qui nous importe le plus. Si ce que nous craignons le plus n’est pas nécessairement ce qui est le plus à craindre, même si l’heuristique de la peur n’est sans doute pas le dernier mot dans la quête du bien, c’est un concept utile dans un fatras de mots où beaucoup sont accordés sans avoir été cherchés.

L’impossible échange

Pour l’instant, le dialogue est difficile sinon impossible lorsque l’on tient compte des dénégations des interlocuteurs dont les caractéristiques se rangent entre innocents, impliqués, suspects, témoins sinon présumés coupables. Cette classification s’applique aussi bien pour les noms cités dans l’affaire EADS que dans celle des comptes de l’Union de la Métallurgie d’où des retraits de sommes considérables ont été constatées. Comment dans ces conditions engager un débat sur les culpabilités alors que seule la transparence permettrait de le clarifier et que cette dernière s’opacifie derrière le voile impénétrable du silence et de la dénégation ?

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