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Philosophiques, juridiques, contractuelles ?

Des animaux et des hommes : quelles relations ?

Affection, sympathie ?

dimanche 18 septembre 2011, par Picospin

A cet égard, certains auteurs considèrent que certains animaux doivent être jugés et traités comme d’authentiques sujets dotés d’une histoire, d’une conscience de soi et d’une variété de représentations dont certaines s’approchent étrangement de celles des hommes. A ces arguments, certains chercheurs arguent que nous n’avons pas aujourd’hui plus ou moins de raisons pratiques d’étudier le comportement animal.

Cheval de transport

A ceci près que si le rôle du cheval comme outil de transport s’est réduit depuis deux siècles, celui des liens entre animaux de compagnie et d’aide à la vie pratique quotidienne des handicapés se sont considérablement modifiés et développés, tant des exemples et des modèles sont proposés chaque jour qui offrent l’occasion de reconnaître le rôle immense joué par les chiens d’aveugle pour le guidage dans le rues dangereuses de métropoles, celui des liens affectifs entre enfants autistes et leurs docteurs animaliers et encore celui de psychiatre ou de psychanalyste tenu par chiens ou chats chez les personnes âgées isolées, abandonnées et chez lesquels la compagnie de ces compagnons d’infortune joue un rôle thérapeutique majeur. Ceux qui étudient les animaux et leurs conduites sont aussi associés à des courants moralisateurs, voire politiques. Dans la hiérarchie des célébrités animales, les changements interviennent aussi vite que chez les vedettes de la chanson, du cinéma ou du cabaret. L’une descend quand beaucoup montent et l’ascenseur social et celui de la célébrité ne cessent de bouger, de changer de niveau pour accueillir de nouveaux venus qui prennent la place des plus anciens déjà établis dans une gloire définitive à la suit d’exploits légendaires ou de services exceptionnels rendus à la nation.

Chemin muletier

C’est la cas du mulet, trop discret serviteur des montagnards et à l’inverse du bonobo, véritable vedette propulsée au firmament de la gloire depuis que les exploits amoureux de certaines stars sont projetées au firmament des oscars ou autres récompenses de ce type au grand dam des perdants qui reculent dans les sondages et n’ont plus que leurs yeux pour pleurer quand le sort et les votes ne leur sont pas favorables. On s’interroge désormais sur la manipulation sociale et la conscience qu’ont les animaux de leurs propres liens sociaux. Les chimpanzés n’utilisent pas tous les mêmes outils, ne se nourrissent pas des mêmes aliments et ne déploient pas les mêmes gestes pour inviter au toilettage. Ces variations s’expliquent moins par des contraintes écologiques que par des traditions locales qui se transmettent de génération en génération. Attribuer, comme on le fait trop souvent, des caractéristiques humaines aux animaux procède de la même erreur que celle qui consiste à voir chez Dieu des traits humains, encouragé en cela par les innombrables représentations religieuses dessinées, sculptées ou peintes par des artistes spontanément ou sur commande pour évoquer tel histoire de la Bible ou telle parabole du Nouveau Testament. Cette « animation » de l’animal ou des machines sous l’influence de l’imagerie déiste se retrouve de façon inconsidérée dans les mouvement d’humeur contre des objets inanimés comme l’ordinateur ou la voiture sinon des objets abstraits, faussement animés par des dessins « animés » où sont figurées des figures ni humaines ni animales grâce à la magie du cinéma ou de la télévision.

Des machines animées ou animistes ?

L’attribution d’états mentaux humains aux animaux est-elle une erreur innée explicable pour certains par la substitution fantasmatique d’un lien émotionnel durable avec un animal, tendance qui renforce les liens affectifs même s’ils apportent à la relation un ingrédient artificiel dont la véritable nature mérite d’être approfondie aussi bien par l’éthologie que par la psychologie. Le spécialiste de l’intelligence animale est confronté à un dilemme, soit que l’animal est un robot d’une conception encore inconnue en robotique soit que cette caractérisation n’est pas adéquate. Devons-nous accepter qu’il existe une pluralité des cultures comme on en observe chez les chimpanzés ou les orang-outans. Les animaux sont-ils soumis à un esclavage proche de celui subi par les esclaves noirs transportés à fond de cale dans des bateaux insalubres où règnent des épidémies, le manque de nourriture et de soins médicaux ?. Ont ils au moins le droit de déployer des ailes, de marcher ou de se gratter. ? Or ces droits ne sont pas respectés." Les responsables d’associations de défense du droit des animaux se battent pour obtenir un droit minimum pour le confort de vie de leurs protégés. L’association relève deux problèmes : "Le premier est la souffrance de l’animal, le second est son appropriation." Pour ces défenseurs de la cause animale dont beaucoup de membres sont végétariens, tuer un animal est une "appropriation insupportable". Parmi les défenseurs des animaux, apparaît vite un clivage entre les abolitionnistes, ceux qui veulent proscrire la viande, et ceux qui souhaitent simplement bannir ce que l’exploitation animale a de scandaleux. Tous veulent éliminer la productivité et la rentabilité.

Des taureaux

A l’été 2010 en Espagne, la Catalogne a interdit la corrida. En France, un homme a été condamné pour avoir traîné son chien sur l’autoroute en l’attachant à sa voiture ; aux Etats-Unis, un autre a écopé de neuf années de prison pour avoir brûlé vif son pitbull. Le domaine délicat de l’expérimentation animale est théoriquement limité par des dispositions qui en restreignent l’usage à la "nécessité", et à l’utilisation du minimum d’animaux. Le ministère de l’agriculture a intenté des actions contre des structures faisant souffrir les animaux inutilement.
Mais jusqu’où ira ce droit ? Verra-t-on un jour reconnu le droit d’un chien à mordre un enfant qui l’a asticoté ? L’homme restera toujours prioritaire. Même s’il est acquis qu’il ne faut pas infliger à l’animal une souffrance inutile. Pour cele, il faut améliorer la cohérence des textes, et continuer de considérer que le droit des bêtes est un complément des droits de l’homme. L’animal est reconnu comme un objet de droit. Pourra-t-il devenir un sujet de droit ? C’est toute la question. Le code rural reconnaît que l’animal est un être sensible et qu’il mérite de l’attention”, et des décrets pris en Conseil d’État fixent les mesures propres à lui éviter des souffrances. Le code pénal reconnaît lui aussi implicitement les mauvais traitements aux animaux comme punissables et un article du code de procédure pénale accorde aux associations la possibilité de se constituer partie civile . Le code civil, en revanche, fixe l’animal dans un statut de bien meuble : il n’est considéré que dans la mesure où il appartient à l’homme. De plus, au nom de leur aspect culturel et traditionnel, des activités comme la corrida ou le combat de coqs bénéficient d’une sorte d’immunité légale, en contradiction avec le code pénal."Le domaine de l’expérimentation animale est théoriquement limité par des dispositions qui en restreignent l’usage à la "nécessité", et à l’utilisation du minimum d’animaux.

Quels animaux ?

Les animaux sauvages restent dans le non-droit". "Les insectes, les végétaux ont-ils des droits ? Quelle est leur sensibilité ? Un animal n’est pas seulement une créature biologique, mais il est porteur d’autres valeurs. Tous ne sont pas égaux Il y a des manières différentes de les considérer, qui varient suivant les époques et les pays. On préfère les animaux de compagnie, les animaux intelligents, les animaux mignons…" Il vaut mieux être une charmante boule de poils qu’un reptile gluant pour émouvoir les foules. Le panda, animal paresseux, connaît un succès que ne justifient pas ses médiocres qualités quand le cafard, dont les très remarquables capacités lui permettraient de survivre en cas d’attaque nucléaire, se fait écraser chaque fois qu’il montre le bout de son nez. Le droit des animaux est un droit passif : c’est le droit à ne pas être maltraité, comme La Joconde a le droit de ne pas être lacérée. L’important n’est pas le droit, c’est la relation avec l’animal. "Les comités d’éthique ne sont pas dans une logique de négociation, juge Dominique Lestel. Ils ne reconnaissent aucun devoir vis-à-vis des animaux. Va-t-on négocier avec un rat avant l’expérience ? Négocier, qu’est-ce que cela voudrait dire ? "Établir un principe de réciprocité. Qu’est-ce que je peux donner à l’animal que je m’apprête à torturer en échange de l’expérience traumatisante qu’il va vivre ? Une vie agréable d’abord, valoriser ce sacrifice en consacrant un pourcentage du financement des recherches à la création d’un parc national ou à des programmes de sauvetage d’animaux. La marge de manœuvre est grande entre l’arrêt total de l’expérimentation et ce genre d’aménagement. Nous sommes dans un monde façonné par le rapport prédateur. La solution philosophique, - et non plus seulement juridique, - serait d’inventer une culture qui soit davantage fondée sur ce rapport de réciprocité que sur le problème des droits. travailler avec eux signifie avoir des égards pour eux.

Questions de droit

La question du droit n’est pas la bonne. Il n’y aura pas une conquête des droits pour les animaux comme ce fut le cas pour les esclaves, les Noirs et les femmes. Ce n’est pas la même chose, bien sûr. Mais il faut refaire une place aux animaux. Nous sommes omnivores : il y a donc avec les animaux un rapport alimentaire. Cela n’entame ni l’affection ni le respect que nous devons avoir pour eux. Les sociétés humaines se sont faites avec les animaux et ne pourront pas vivre sans eux. Il faut changer leur statut et considérer que nous avons un rapport de travail avec eux ce qui implique d’en prendre soin, d’arrêter l’élevage intensif et la course à la productivité dans lesquels ce rapport affectif est brisé." On demande aux éleveurs de sélectionner les animaux non rentables et de les tuer. Cela va contre leur sens éthique, raison pour laquelle et ils se fabriquent des défenses : la virilité, l’insensibilité. Ils banalisent la violence envers les animaux dont il reçoit la vie puisqu’il s’en nourrit. Cela crée une dette, et il lui doit quelque chose en échange, à savoir une dignité et un confort de vie qui soient respectueux. L’animal domestique vit sous la protection de l’homme qui en cas d’abandon brise le contrat conclu avec lui. La plupart ont un fond de culpabilité. Ils savent que ce qu’ils font en élevage industriel est “mal”. Ne conviendrait-il pas de parler d’animaux non humains” pour les distinguer des “animaux humains” que nous sommes. Une solution à tous les problèmes ou une échappatoire par la sémantique ?