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Des attentats répétés et répartis ?

mercredi 12 décembre 2007, par Picospin

Retour de l’horreur : les deux explosions qui ont frappé les quartiers de Ben Aknoun et de Hydra à Alger hier matin ont replongé les habitants de la capitale dans les pires heures de la guerre civile des années 90. Les attentats ont fait au moins 62 morts et une quarantaine de blessés.

Bombes sur Alger et Beyrouth

La première bombe a explosé peu avant neuf heures du matin dans le quartier de Ben Aknoun, et a visé deux lieux symboliques des institutions de l’Etat : la Cour suprême, plus haute juridiction d’Algérie, et le Conseil constitutionnel, dont le bâtiment de style mauresque, entièrement rénové, avait été inauguré par le président Bouteflika début septembre. A cette heure-là, l’avenue du 11-Décembre-1960 est toujours fortement embouteillée. Quelques minutes à peine après la première déflagration, un kamikaze s’est fait exploser à bord d’une voiture dans le quartier de Hydra, zone résidentielle située sur les hauteurs d’Alger appréciés pour leur température plus clémente où se trouvent les locaux du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et ceux du Programme des Nations Unies pour le développement.

Hydra : la fraîcheur et la vue

Depuis la guerre d’indépendance, c’est sans doute l’attentat le plus meurtrier qui ait eu lieu à Alger et qui a ensanglanté la ville. Hydra, fief de la nomenklatura algérienne qui abrite de nombreuses ambassades, accueille depuis quelques années les bureaux d’entreprises étrangères et de nombreux expatriés. Même durant la « décennie rouge » de la guerre civile, le quartier huppé était épargné par la violence. C’est un kamikaze qui vient de se faire exploser dans une voiture suicide à Hydra, le quartier chic le plus sécurisé de la capitale. Le siège du HCR, le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, est détruit. Hier, le bilan macabre s’est alourdi de 62 morts, selon des sources hospitalières, de 26 morts et 177 blessés selon les autorités. Un attentat aussi sanglant a eu lieu au Liban où, près de Beyrouth, un général de l’armée libanaise, proche du candidat favori à la présidence et responsable des opérations contre des rebelles islamistes l’été dernier, a été tué mercredi dans un attentat qui a fait quatre morts dans une banlieue chrétienne.

De l’Algérie au Liban

Au total, quatre personnes au moins ont été tuées et huit autres blessées, selon la Croix-Rouge libanaise et la police. Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005, sept autres personnalités anti-syriennes ont été tuées dans des attentats imputés par la majorité parlementaire à la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban. Le général François el-Hajj est la première personnalité militaire assassinée.
François el-Hajj était le chef des opérations au sein de l’armée libanaise et avait supervisé l’été dernier les combats meurtriers entre l’armée et les islamistes du Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban.

Un tapis rouge de sang

C’était aussi un proche du candidat favori à la présidence, le chef de l’armée Michel Sleimane. Selon plusieurs sources, il était pressenti pour le remplacer à la tête de l’armée après son éventuelle élection. "C’était un officier distingué à tous les niveaux : personnel, tactique, stratégique, et il allait peut-être devenir le futur chef de l’armée, c’est pour cela qu’il représentait une cible de grande importance", a ajouté M. Hanna.Pour le député de la majorité parlementaire anti-syrienne Boutros Harb, il s’agirait d’"une réaction contre l’armée" au moment où le général Sleimane faisait figure d’un candidat de consensus aux yeux de la majorité et de l’opposition soutenue par Damas.

Questionnement éthique :

1.Est-ce que ces attentats expriment le pouvoir qui est l’aptitude de l’homme à agir et à agir de façon concertée et qui n’est jamais une propriété individuelle mais celle d’un groupe qui la maintient jusqu’à la division du groupe ?

2. Si le groupe d’où le pouvoir émane se dissout, son pouvoir se dissout-il également ?

3. Est-ce qu’être au pouvoir signifie pour quelqu’un d’avoir reçu d’un certain nombre de personnes le pouvoir d’agir en leur nom ?

4. Quelle différence y a-t-il entre pouvoir et puissance ?

5. Est-ce que la puissance est bien la propriété d’une personne et de sa nature ?

6. D’aucuns prétendent que la force qui est différente de violence et de la contrainte, désigne plutôt les forces de la nature, des circonstances ou l’énergie qui se libère au cours des mouvements physiques ou sociaux. Est-ce vrai ?

7. Comment définir l’autorité ? C’est sans doute le terme le plus difficile à expliciter. Est-ce qu’elle ne s’applique qu’uniquement dans certaines situations comme celle qui lie les parents aux enfants, les professeurs aux élèves, la hiérarchie de l’Eglise aux croyants, c’est-à-dire une relation sans contrainte et sans persuasion ?

Sources :
Libération : 12.12.2007.
Arendt H. Du mensonge à la violence. Agora, Pocket, Paris 1972, Calmann-Lévy
Ferenczi T. Faut-il s’accomoder de la violence ? Bruxelles. Editions complexe, 2000