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Comment ne pas se dédire ?

Des contradictions aux mensonges

Comment prouver la rectitude de la pensée ?

samedi 10 avril 2010, par Picospin

Est-ce lié à sa personnalité, son art oratoire, sa structure corporelle, son agitation permanente comme s’il n’était pas sur de lui et qu’il lui fallait toujours en faire trop pour convaincre l’auditoire de ses bonnes intentions, de sa volonté de bien faire ?

Manier la rhétorique

Est-ce qu’en faire trop n’est pas suspect devant l’opinion ? On dit que sa rhétorique est liée à son ancien métier d’avocat. Est-ce tellement vrai ? De nombreux hommes politiques sont nés de cette profession sans que nécessairement ils aient gâché leurs cartouches à utiliser des méthodes de persuasion dérivées de celles utilisées par la plupart des membres de cette corporation. Il utilise souvent un discours qui tend à mélanger un brin d’ironie à une solennité parfois hors de propos lorsqu’il s’adresse à une population en souffrance et qui la ressent d’autant plus que M. Sarkozy a été accueilli comme un sauveur venu de loin pour apporter à la France une autre façon de lui parler, de la gouverner et d’engager le dialogue avec ses partenaires, ses amis et ses ennemis. En France, on a souvent recours à l’homme providentiel, être mythique sorti d’un chapeau ramassé on ne sait où et qui apparaît comme une image divine sans passé, sans ancrage politique, venu de nulle part et allant on ne sait où. Ces interrogations sur son parcours le revêtent de mystère et le transforment en mythe, en mystère jusqu’au moment où ses origines sont révélées, son chemin parcouru et son itinéraire déterminé.

Le mythe détruit

Lors de cette dernière étape, le mystère s’éclaircit, le mythe s’évanouit, le dieu revient sur terre avec toutes ses caractéristiques humaines qui conduisent à la déception après avoir porté aux nues une personnalité banale, une stature moyenne et un comportement tout simplement humain. C’est ce qui avait fait le succès de Jésus, Dieu fait Homme. Cela n’a pas été le cas de notre Président qui a rapidement dévoilé ses faiblesses et pire, ses contradictions. Les gens n’aiment pas qu’un homme les montre parce que ce double aspect conduit à le nier comme le pôle négatif annule le pôle positif. Dès lors, la croyance sinon la foi s’évanouissent dans la déception, le découragement d’autant plus intense que beaucoup trop a été attendu d’un dieu tout simplement fait homme. La stature de de Gaulle l’a sauvé de ce jugement malgré les contradictions de sa politique en particulier coloniale qui avait été difficile à rendre cohérente dans des circonstances chaotiques de l’après guerre, les fortes émotions des libérations successives des ancien colonisés. Ils n’avaient qu’à observer le destin de leurs frères enfermées dans les contraintes de la soumission pour avoir envie de tenter avec eux l’aventure de la libération à l’exemple de ce qu’avait réalisé avec succès l’empire colonial qui leur avait servi de modèle. La technologie joue de vilains tours à ceux qui se contredisent. Autrefois, la mémoire et l’oubli agrémentés par l’histoire pouvaient avoir des défections.

Enregistrement par l’histoire

Si cette dernière enregistre tout, elle ne le fait pas constamment dans les esprits toujours prompts à évacuer les faits, les sensations, les émotions et les sentiments qui dérangent. C’est ce qui est arrivé dans le passé aux politiques qui trahissaient, aux fidèles qui ne l’étaient plus, aux thuriféraires qui abandonnaient l’objet de leur admiration pour en changer plus vite que leur uniforme ou leur chemise. L’oubli était là pour les exempter de toute faute, de tout revirement, de tout mensonge. Ce furent les cas des propagandistes nazis qui se contentèrent de déchirer des pactes pour clamer qu’ils n’avaient jamais ni existé ni été signés, des bouleversements politiques et militaires du petit père des peuples passé de l’alliance avec l’ogre nazi à une guerre féroce qui n’a pas fait moins de 20 millions de morts. L’histoire était là pour enregistrer les faits mais les sacrifices imposés aux peuples soumis, les souffrances supportées, les massacres subis ont déchiré le souvenir, faussé les réalités et construit de nouveaux horizons idéologiques. Maintenant, les documents existent qui sont faciles à extirper des archives informatisées pour montrer aux hommes, acteurs des dérives et entorses à la vérité qu’elles ont bien existé. Il n’est pas certain que les justiciers en puissance en tiennent compte et rigueur. Aujourd’hui, en 2010, et depuis quelques années, ça a changé. Les raisons sont diverses, mais n’ont rien à voir avec une supposée plus ou moins grande audace des journalistes ou plus ou moins grande liberté de la presse.

Apport des techniques

C’est une question d’abord bêtement technique. Nous sommes passés de la bande magnétique et vidéo au numérique et nous pouvons garder, chacun d’entre nous, journaliste ou non, et classer tout ce qui se dit. Internet fait le reste : tout est à la disposition de tout le monde en un clic. Les sites d’informations comme Slate, Rue89, Mediapart, Arrêt sur Images font ce travail dit de fact checking, le plus naturellement du monde. Le reste de la presse audiovisuelle s’y met aussi dans un même élan. Et c’est absolument ravageur pour le mode de communication de Nicolas Sarkozy qui a été élaboré selon des critères dépassés et par de vieux publicitaires du XXe siècle. Le discours du président de la République, empreint de volontarisme, basé sur des préoccupations de l’instant, lié à l’actualité immédiate, truffé d’affirmation d’actions, ponctué de promesses de résultats rapides et suggérant en permanence la rupture par rapport à un immobilisme du passé, a aussi modifié le rapport du journaliste politique au discours politique. Cette « tyrannie de la cohérence » est nouvelle dans le débat politique français. Ce nouvel état de fait doit servir de leçon pour tous les prétendants à l’Élysée pour 2012. Ils devraient faire attention à ce qu’ils disent dès maintenant. Internet et le numérique obligent les hommes et les femmes politiques à davantage de constance en imposant une impitoyable « tyrannie de la cohérence », écrit Slate.fr dans son édition de ce jour.

Messages

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