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Des hectares aux circonvolutions d’un célèbre circuit

mardi 7 juin 2011, par Picospin

Une fois de plus, le piège s’est tendu sur les circonvolutions cérébrales d’un Ministre habituellement représenté comme doux et pieux. Ce qui ne l’empêche pas de faillir à la tâche quand par inadvertance on lui demande de résoudre de façon très simple un problème n’exigeant que la simple application de la règle de trois, pilier de notre enseignement des mathématiques

Ingénieur ou commerçant

On sait aussi que cette matière ne trouve plus preneur en raison de la répulsion qu’elle inspire aux jeunes engagés dans le difficile chemin de l’école. On lui préfère les carrières commerciales considérées comme plus faciles à établir, plus attractives et plus rémunératrices. Toujours est-il que notre Ministre, chaud partisan d’une réforme urgente, une de plus, des programmes d’enseignement pour nos chers petits est loin de se comporter comme poisson dans l’eau quand on lui parle de son savoir dans certains domaines où il est supposé s’éclater. Cette idée ne reste qu’à l’état de supposition car on sait peu de choses sur le parcours scolaire, universitaire et professionnel de ce sympathique Ministre rondouillard dont les capacités relationnelles paraissent supérieures à celles de certaines de ses connaissances. Un membre de sa famille, on veut ici parler de celle du gouvernement, major de l’ENA et fin négociateur gouvernemental en agriculture a éprouvé l’autre soir les plus grandes difficultés à répondre à la question concernant la valeur d’un hectare et la saison du murissement des pommes. A ces questions, il a été répondu que les mathématiques n’avaient jamais été son fort ce qui le dispensait de répondre à l’interrogation de la conversion d’un hectare en m2, question des plus difficiles quand on est Ministre mais plus facile quand on est une vache qui doit parcourir la surface d’un pré de 100 x 100 m par temps sec et chaud quand l’herbe se fait rare et que la nourriture manque par temps de sécheresse.

Inadaptation

A cette faiblesse sélective et transitoire du savoir arithmétique, on trouvera peu de raisons si ce ne sont celles d’un enseignement inadapté au monde moderne. Cette reconversion et nouvelle adaptation semble avoir mieux réussie en Finlande où les résultats scolaires sont meilleurs qu’ailleurs pour des raisons qui n’apparaissent pas clairement. Elles doivent tenir surtout aux méthodes d’éducation, au taux de remplissage des classes, aux effectifs des enseignants, aux rythmes dits scolaires qui semblent mieux adaptés aux besoins des écoliers que ceux imposés et continuellement changeants des élèves français. Ces derniers servent volontiers de cobayes pour des essais constamment renouvelés comme s’il était nécessaire de soumettre la population des enfants de France à une expérimentation humaine dont les conclusions ne sont ni urgentes ni indispensables puisque ces études ont déjà été réalisées partout à maintes reprises. Il suffit dès lors de se fier aux résultats publiés ailleurs pour les adapter à l’enseignement français pour être renseigné sur la valeur et la validité des données déjà recueillies.

Rester dans ou sortir du nucléaire ?

Est-ce que la situation de la France serait identique dans le domaine de la réflexion sur la sortie du nucléaire à laquelle personne, pour l’instant ne s’est véritablement attelé. Les Allemands qui viennent de quitter brutalement cette voie de recherche et de développement sont surpris, sinon médusés par les comportements des décideurs français qui, pour le moment n’ont donné aucun signe de vie comme s’ils avaient mis leur tête dans les plumes de l’autruche pour cacher leur désarroi, leur angoisse, leur sidération devant les difficultés d’une prise de décisions susceptible d’engager le pays dans la continuité ou la reconversion pour au moins un siècle, si ce n’est plus. La survenue à répétition de catastrophes n’est pas nécessairement un argument pour l’une ou l’autre solution, pour peu qu’on analyse les données avec objectivité, calme et sérénité et qu’on ne panique pas devant l’importance des conséquences de chaque décision. On peut concevoir que, dans des mains criminelles, le radium puisse devenir très dangereux et on peut se demander si l’humanité a avantage à connaître les secrets de la nature, si elle est mûre pour en profiter ou si cette connaissance ne lui sera pas nuisible car c’est aussi un moyen terrible de destruction entre les mains des grands criminels qui entraînent les peuples vers la guerre.

"Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel, que l’humanité tirera plus de bien que de mal des découvertes nouvelles."

Imprudences

La catastrophe a été provoquée par l’imprudence des hommes due à une dégradation progressive du processus de décision politique. Celle de Fukushima met en lumière tout ce qui peut opposer le bien-être et la raison d’État, le savoir et le pouvoir. Cet accident n’étant pas le premier du genre, on est en droit de se demander où, quand et comment se produiront les suivants. Quand on sait que les enjeux économiques des ressources énergétiques posent des problèmes politiques, on comprend pourquoi l’industrie nucléaire civile est considérée comme stratégique à tous égards, d’où une information très contrôlée.
Découverte inopinément peu avant 1900, la physique nucléaire a marqué les temps modernes dans des domaines souvent étrangers les uns aux autres comme la médecine (rayons X, radiothérapie), la guerre (armement nucléaire), les arts (carbone 14) ou encore l’astrophysique (observation des supernovae). Le gouvernement allemand vient d’adopter son abandon du nucléaire d’ici 2022 et le parlement doit maintenant voter cette loi. En France, après Fukushima, le gouvernement préfère miser sur des normes de sécurité plus strictes. Que pensent les Allemands du pays du "tout nucléaire" ?

Berlin a annoncé ce lundi sa décision de fermer progressivement ses 17 réacteurs. Décision "irréversible" assure le ministre allemand de l’Environnement qui confirme un virage complet de la part d’Angela Merkel. En France, cette décision a évidemment fait beaucoup de bruit. "Ce n’est pas notre choix", a déclaré François Fillon qui reste accroché comme arapède aux noyaux et à ses électrons depuis qu’il a cessé de caresser le volant de ses voitures de course, souvenirs accumulés depuis sa naissance dans le bonne ville du Mans, avec son circuit mondial, ses longues 24 heures et ses énormes consommations d’essence pour remplir les tonneaux des danaïdes des Ferrari et autres Mercédès soustraites à la convoitise de la foule.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les combustibles fossiles sont réellement limités, non recyclables et proches de leur épuisement ?

2. Est-ce que cette même combustion des matières fossiles pose véritablement le problème du réchauffement global comme on vient de le voir au cours de ces derniers moi ?

3. Quel est cet étrange filtre qui n’est malheureusement pas celui de l’amour entre Tristan et Yseult qui laisse entrer la radiation solaire sans laisser échapper de la terre la radiation thermique ?

4. Comment les générations futures vont-elles résoudre le problème des choix entre fission et fusion nucléaire et l’exubérance technologique attendue de l’hybris de la science animée par un Prométhée déchainé ?