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Le football nourrit-il bien son homme ?

Des jeux au pain et à la dignité

Naissance d’un nouveau mythe ?

samedi 12 juin 2010, par Picospin

Aussi remarquablement, les commentaires parfois indigents, poussifs et de consonance ludique ont été remplacés par de véritables émotions exprimées avec une exceptionnelle sincérité, en quelque sorte hommage à un grand Monsieur, figure de proue d’un pays reconstruit mentalement, moralement et structurellement sur des bases encore vacillantes.

Elles ne devront pas tarder à se solidifier pour être en mesure de résister aux pressions qui ne manqueront pas de souffler du Cap pour tenter de renverser ce succès politique, sociologique et humain. Même si des forces obscurantistes se lèvent pour s’opposer par le crime, les méfaits, les dérives, l’alcoolisation, les dépravations aux intentions héroïques du maitre à penser et à inspirer de ces lieux, la confiance dans cette expérience unique au monde ne s’est jamais démentie. C’est une des raisons pour lesquelles, les manifestations d’empathie, de chagrin, de partage des tristesses et émotions est resté aussi vive dans cette nouvelle communauté qui tente de rassembler, d’égaliser, de répartir au lieu de s’enfermer, se cabrer, agresser. Pour l’instant, c’est le divertissement qui prévaut en raison des circonstances et de l’obligation de fêter et de noyer dans la joie, la vie festive, la musique et la danse les évènements récemment survenus et les dons réalisés pour que justice et fierté soit rendue à un peuple qui méritait bien de vivre en paix, dans le bonheur, l’allégresse, l’enthousiasme un nouvel épisode de son histoire. Cela, les commentateurs des blogs l’ont bien compris qui ont envoyé par milliers et avec une inhabituelle sincérité, communion, mais aussi exceptionnel ravissement, tristesse des condoléances chaleureuses et compatissantes à un peuple anonymisé par sa masse, sa multiplicité, son exaltation et l’entrain qu’il a trouvé dans la récompense immédiate de manifestations sportives de portée universelle. Ce partage de sentiments humains au-delà des préoccupations nationales et nationalistes a transcendé les escarmouches entre obscurs défenseurs de causes perdues, d’orgueils désuets et de thèses fondamentalistes plus préoccupées de victoires que de justice, d’équité, de réflexion et d’intelligence. Faut-il une âme pour partager et aimer ? C’est bien toute la question posée par la civilisation née il y a quelques deux mille ans entre Égypte et Mésopotamie, Canaan, Palestine et Babylone ?

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