Ethique Info

Accueil > Sciences > Des loupes fortement grossissantes

Qui est Pitot ?

Des loupes fortement grossissantes

Que fait-il ?

jeudi 11 juin 2009, par Picospin

Les nouvelles se succèdent à un rythme accéléré dont on ne connaît pas la vitesse réelle, puisque les sondes installées pour la mesurer auraient un dysfonctionnement lié partiellement et par moments à la couche de givre qui se forme en altitude lorsqu’on traverse des zones de fortes turbulences. Pendant que d’aucuns cherchent à déchiffrer ce qui a bien pu se passer avant que l’avion troué ou disloqué ne se soit abattu dans les flots apparemment en position verticale comme cela a été noté sous une forme dissimulée dont le sens n’apparaissait pas clairement aux profanes qui ne sont ni des pilotes endurcis ni des membres d’un syndicat de cette profession.

Des pitots aux boites noires

Si certains cherchent des indices au niveau de ce qui est appelé Pitots, terme dont on vient de faire la connaissance pour la première fois, d’autres pensent qu’il faut chercher des indices au fond de l’eau en faisant appel à un engin aussi mystérieux et révolutionnaire qu’un « sous-marin d’attaque » dont on se demande bien en quoi il est armé ou habilité à attaquer et si oui quelle est sa cible ? Cette recherche risque de ne pas être très féconde tant la vitesse de descente de l’avion a été rapide ce qui a empêché toute intervention efficace de l’équipage pour redresser un avion en perdition en essayant de prendre les commandes manuelles. Par où est passé le circuit qui a permis de révéler que cet avion n’était pas le seul à avoir des ennuis et qu’en réalité, il y en avait d’autres sur des lignes du globe ce qui n’a pas empêché les responsables techniques de retarder le remplacement des mystérieux pitots par des dispositifs améliorés. Cette mesure n’aurait de sens que dans la mesure où auraient été reconnues les causes du mauvais fonctionnement de ces anémomètres. D’autres pilotes interrogés sur la multiplication des incidents auraient déclaré que cet effet était du simplement aux informations « pilote » si l’on peut dire émises à l’occasion de la chute du A 330. La série noire pour Airbus ? Dix jours après le crash de l’AF447 au milieu de l’Atlantique, trois incidents concernant des avions du constructeur européen ont été rapportés mercredi et ce jeudi, sans qu’ils fassent de victimes. Le premier a eu lieu hier aux Canaries. Un A320 affrété par un voyagiste norvégien a dû effectuer un atterrissage d’urgence dix minutes après le décollage. Plusieurs passagers ont évoqué des flammes et des explosions. Puis, c’était au tour d’un A330-200 effectuant une liaison entre le Japon et l’Australie de connaître un départ de feu dans le cockpit. L’appareil a dû réaliser un atterrissage d’urgence sur l’île de Guam dans le Pacifique. Enfin, ce matin, un A320 de la compagnie russe Aeroflot avec 122 personnes à bord a fait un atterrissage d’urgence jeudi en Sibérie occidentale, après une fissure sur son pare-brise.

Peur ou panique ?

Dans ce contexte que signifie pour des passagers inquiets d’apprendre la série impressionnante d’incidents, le communiqué de l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) qui affirme sans sourciller que tous les modèles d’Airbus étaient « aptes au vol » et pouvaient être exploités « en toute sécurité ». On ne craint pas d’ajouter que six incidents liés aux sondes Pitot sont survenus sur des A330-340 d’Air France. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) chargé de l’enquête avait fait état vendredi d’« une incohérence des vitesses mesurées » par ces sondes dans le cas du vol AF 447. Six incidents liés aux sondes Pitot sont survenus sur des A330-340 d’Air France. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) chargé de l’enquête avait fait état vendredi d’« une incohérence des vitesses mesurées » par ces sondes dans le cas du vol AF 447. Cette décision accrédite la thèse d’une défaillance des sondes Pitot de l’A330 qui s’est écrasé au dessus de l’Atlantique il y a huit jours. Air France a en effet soumis aux pilotes un « calendrier de remplacement » en quelques jours des sondes permettant de contrôler la vitesse des avions sur ses long-courriers A330 et A340. « La direction d’Air France a convoqué les syndicats de pilotes lundi soir pour les informer de l’état de remplacement des sondes Pitot et leurs a présenté un calendrier extrêmement volontariste », a déclaré à l’AFP le porte-parole du SNPL, Erick Derivry. Il a précisé qu’en l’état actuel de l’enquête, il n’y avait pas encore de lien établi entre ces sondes et l’accident de l’A330 d’Air France entre Rio et Paris survenu le 1er juin, mais que c’était une hypothèse. Néanmoins, les premiers éléments de l’enquête divulgués à Paris se sont concentrés sur le mauvais fonctionnement des capteurs de vitesse ou sondes Pitot. Une note interne d’Air France de novembre 2008, consultée par l’AFP, signale ainsi qu’« un nombre significatif d’incidents » liés aux calculateurs de vitesse sont survenus sur des Airbus A330-340 d’Air France.

Volontarisme

Que signifie le terme de "volontariste" alors qu’il s’agit d’épargner la vie de nombreuses personnes, qu’elles soient des professionnels ou de simples passagers qui ont toutes les raisons de craindre pour leur vie. Dans cette affaire, le terme de volontariste n’ajoute rien au sens de la phrase puisqu’il s’agit aussi bien de remplacer des systèmes défectueux par d’autres dont on espère que le fonctionnement sera mieux contrôlé. Les informations sont si incohérentes qu’on ne sait plus s’il faut choisir entre des termes opposés utilisés dans les rapports, reportages, articles concernant cette tragédie à propos de laquelle on parle successivement de traces introuvables de l’avion, puis de débris n’appartenant pas à cet avion, enfin de « mer de débris », toute terminologie qui suggère une certaine inconsistance entre les formules utilisées. ». L’empressement d’Air France à remplacer, dès aujourd’hui, au moins deux sondes sur les trois qui équipent tous les long-courriers A330/340, tend pourtant à confirmer l’hypothèse d’un dysfonctionnement sérieux. Les tubes Pitot servent à mesurer la vitesse des appareils. Sous l’effet du givre, leur orifice peut se boucher, ce qui « fournit une information erronée et aberrante de vitesse », comme l’explique François Hamant, vice-président du syndicat Alter, premier organisme à demander à Air France leur remplacement. « Cela peut générer une demande de "plein gaz", ou de "tout réduit". Cette panne peut donc avoir les conséquences qu’on a vues pour le vol AF44 », poursuit ce commandant de bord d’A320. Selon lui, la météo (qualifiée d’« habituelle » par des météorologues) pourrait avoir aggravé la situation.

Comment fabriquer autant de dispositifs complexes en si peu de temps ?

Comme nous l’avons souligné dans nos précédentes éditions, un responsable d’Air France reconnaît que la compagnie peut avoir eu des « problèmes d’approvisionnement » pour effectuer ces remplacements sur les appareils de sa flotte. Qui, où et comment, à quel rythme fabrique-t-on ces fameux « pitot » ? « Les retours d’expérience sur les incidents de Pitot n’ont pas été bons », on en est resté à de la légèreté, alors que cette question aurait dû être traitée d’urgence ». Air France, comme d’autres grosses compagnies, est victime d’une « dilution des responsabilités ». Alors que le remplacement complet de ces sondes n’était prévu que dans quelques semaines, Air France a semble-t-il décidé d’accélérer les choses pour calmer une polémique naissante. D’autres compagnies l’ont d’ailleurs imitée. US Airways a annoncé avoir commencé à remplacer les capteurs de vitesse sur ses neuf A330-300.