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Rêves pour une nouvelle Amérique ?

Des professeurs plutôt que des ponts

Programme pour une autre Amérique

lundi 12 janvier 2009, par Picospin

Ils s’apprêtent à donner naissance à une somme considérable à utiliser pour stimuler l’économie sous forme de diminution d’impôts, de nouvelles infrastructures, d’autoroutes, de capacités de circulation et de nouveaux mécanismes pour fabriquer des sources d’énergie.

Un cochon ?

Si cependant ces deux nations donnent naissance à un cochon, un énorme animal capable de dévorer de l’énergie, de changer le climat pour en gâcher les possibilités d’utilisation, nos enfants risquent de voire leur avenir fortement compromis. Ils risquent aussi de devoir porter une charge considérable compromettant leurs chances de survie. Si au contraire, ils donnent naissance à une gazelle, autrement dit un objet de stimulation suffisamment mince pour être rentable et capable d’économiser de l’énergie cette chance peut devenir celle de toute leur vie. S’il ne faut pas se leurrer, au moins devons-nous espérer que la nouvelle administration et le Congrès seront guidés de telle sorte que ces derniers seront capables de sculpter ce stimulus en lisant John Maynard Keynes d’un côté de façon à pouvoir injecter autant d’argent que nécessaire et aussi rapidement que possible tout en lisant « Une élévation au-dessus d’une tempête qui va s’abattre sur nous : fournir assez d’énergie et de travail à l’Amérique pour qu’elle accroisse son économie ». Ce dernier titre n’était autre que le rapport exceptionnel paru en 2005 sous l’égide des Académies nationales américaines dont le but était de montrer comment il fallait s’y prendre pour que l’Amérique reste compétitive par une politique visant à améliorer l’enseignement des maths et des sciences, à investir largement dans dans la recherche à long terme, à recruter des étudiants du plus haut niveau susceptibles de venir de l’étranger et en rendant les lois de ce pays les plus aptes à promouvoir l’innovation.

Au fond du trou

Même avant la crise actuelle, nous étions déjà au fond du trou dans la compétition mondiale, une période fort longue au cours de laquelle les gens produisaient déjà de l’argent à partir de l’argent ou du commerce dans l’immobilier ou des hamburgers et pas assez de monde était préoccupé de gagner de l’argent en fabriquant de nouveaux objets à partir de travaux et de connaissances scientifiques, des maths, de la biologie ou des sciences de l’ingénieur. La crise actuelle n’a fait qu’agrandir le trou ce qui rend d’autant plus impérieux la nécessité de stimuler nos énergies aussi bien du côté budgétaire que de celui de l’éducation. Ce programme doit tendre non seulement à produire des emplois et des travailleurs mais aussi davantage de gens capables de travailler pour Google ou pour Windows avec les connaissances les plus pointues et les plus appropriées. Si nous dépensons notre argent uniquement pour construire de plus belles autoroutes et de plus jolis ponts, plutôt que des nouveaux Google, Apple, Intel ou Microsoft, les enfants ne pourront que remercier pour avoir facilité leurs moyens de transport journaliers de leur domicile aux bureau aux ASSEDIC. Barack Obama l’a assurément bien compris mais il n’est pas certain que le Congrès ait fait de même. Obama a affirmé qu’il ferait tout pour que les gens se remettent au travail pour réparer des routes défoncées, des ponts et des écoles en se débarrassant des retards pris dans les projets les plus importants, les mieux ficelés et les plus urgents en termes d’infrastructures.

Combler des retards

Il faut aussi tout faire pour combler le retard pris dans le domaine de l’économie ce qui signifie aussi investir dans la science, la recherche et la technologie indispensables pour aboutir à de nouvelles percées dans les découvertes et de toutes nouvelles industries. Le problème à résoudre serait à partir de ce moment celui d’une stimulation simultanée de l’économie et de la population ? Au lieu de de donner seulement 1.500 $ à chaque citoyen pour qu’il hante les centres commerciaux afin d’acquérir des TV importées de Chine ou de créer une masse d’emplois pour les salariés les moins doués, ne ferait-on pas mieux de donner à toute personne suffisamment douée et volontaire une somme plus importante de 5.000 $ pour retourner à l’école. La plupart des enseignants sont dans une situation misérable qui ne leur permet pas de se déplacer comme ils le souhaiteraient, d’habiter dans des logements proches de leur lieu de travail. Ne pourrait-on réduire les impôts des enseignants du secteur publique pour leur permettre d’accéder à un salaire plus élevé qui servirait d’attraction aux autres candidats à cette profession délaissée.

Doubler les salaires

De même ne serait-il pas plus sage de doubler le salaire des professeurs de mathématiques et de sciences et de délivrer des cartes vertes aux diplômés et aux étudiants étrangers au lieu de couvrir les fais de leurs études aux Etats-Unis puis de les renvoyer chez eux ? Kennedy nous a emmenés dans la lune, qu’Obama fasse retourner l’Amérique à l’école. Tout cela prendra du temps sans qu’il y ait aucun moyen de courtcircuiter ce parcours. On peut secourir en urgence une banque, on ne peut le faire avec toute une génération. On peut toujours imprimer des billets de banque, on ne peut imprimer du savoir. Certainement, une telle politique risque parfois de faire perdre de l’argent mais cette éventualité survient aussi lorsqu’on construit des ponts. Un étudiant qui n’a pas d’intérêt pour la science, mais peut être stimulé par un bon professeur ou un excellent laboratoire sinon une belle paillasse pourrait devenir le prochain Steve Jobs ou Bill Gates. Ceux-là créent de bons bouleaux pour des années. Il se peut que les ponts nous sortent de la dépression mais seuls davantage de Bills et de Steve sont susceptibles de nous conduire vers la prospérité.

Ethique :

1. Est-il nécessaire de donner une bonne formation en sciences et en maths pour assurer l’avenir d’une nation ?

2. Comment stimuler l’intérêt de la population pour acquérir un savoir, une culture et le goût d’apprendre ?

3. Est-ce que l’investissement dans l’enseignement et l’apprentissage est la clé de la réussite d’une nation qui prétend pouvoir concurrencer les autres ?

4. Quel serait le rôle de l’éthique dans ce type de programme de gouvernement ? L’épanouissement de l’individu, la richesse de la collectivité, son bienêtre sinon son bonheur ?