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Quels risques ?

Des sciences en général aux nano sciences

Quels avantages ?

mercredi 24 février 2010, par Picospin

Elles utilisent l’optique, la biologie, la mécanique, la chimie, ou la microtechnologie. Ce secteur en plein développement, fait aussi l’objet d’interrogations éthiques et scientifiques quant aux risques environnementaux et sanitaires et aux incertitudes encore associées aux nanoparticules et à certains de leurs usages.

Coucou, voici le retour des nanotechnologies

Conformément aux lois de la mécanique quantique, une particule adopte un comportement ondulatoire aux dépens du comportement que nous lui connaissons au niveau macroscopique. Cette dualité onde-particule de la matière, qui reste à ce jour une des grandes interrogations de la physique, va provoquer au niveau nanométrique une possibilité de quantification de l’électricité car dans un fil nanométrique le courant électrique n’est plus constitué d’un flux continu d’électrons qui circulent par "paquets" dans le circuit. Lorsque l’on décrit une particule, on ne parle plus de position en un temps donné, mais de probabilité que la particule se trouve à un endroit plutôt qu’à un autre. L’enjeu majeur des nanosciences est donc de comprendre ces phénomènes mais aussi et surtout d’en tirer profit lors de la conception d’un système nanométrique. Des réductions de la consommation d’énergie sont rendues possibles par des systèmes d’isolation thermique, une amélioration des matériaux conducteurs comme dans le domaine de la lumière des matériaux issus des nanotechnologies tels que les LEDs qui permettent d’obtenir un meilleur rendement.

Se faire une beauté

Pour l’instant les applications commercialisées se limitent aux nanoparticules de dioxyde de titane dans les crèmes solaires, cosmétiques et certains produits alimentaires ; des nanoparticules de fer dans le packaging alimentaire ; des nanoparticules d’oxyde de zinc dans les crèmes solaires et les cosmétiques, dans les enduits extérieurs, peintures, et dans les vernis d’ameublement ; et des nanoparticules d’oxyde de cérium intervenant comme un catalyseur de carburant. Le risque existe qu’une « bulle nano » se forme issue de l’utilisation du terme par les scientifiques et les entrepreneurs afin de recueillir des moyens financiers supplémentaires, aux dépens de l’intérêt réel que représentent les possibilités des transformations technologiques à long terme. La plupart des personnes sont dans l’ignorance de ce que sont les nanotechnologies et n’ont rien à en dire. Les sociologues qui se concentrent sur l’analyse des discours tenus par les scientifiques et les hommes politiques, formulent un véritable projet de société. Dans lequel le développement de ces nouvelles techniques est présenté comme irrésistible et conduisant naturellement au progrès social, selon une vision scientiste, c’est-à-dire mécanique, rationnelle et programmable de l’évolution des connaissances.

Vers un progrès social

Les développements technologiques sont présentés comme inévitables par des experts, qui sont suivis par les responsables politiques, induisant un développement tout aussi inéluctable de la société. Une science prédictive de la société permet de justifier les politiques à mettre en œuvre, y compris les actions correctives destinées aussi bien à limiter les risques qu’à réduire les résistances. La possibilité pour les nanomachines de se reproduire elles-mêmes, en mimant le vivant, implique également le risque d’une perte de contrôle à la suite de mutations non voulues ni prévues. La "gelée grise" est sans doute la peur la plus emblématique des nanotechnologies : un amas de nanoparticules qui, devenu autonome, voire organisé, pourrait tout détruire, y compris la croûte terrestre, pour se reproduire. Comment réagit la société civile à cette découverte susceptible de bouleverser de très vieux concepts scientifiques et de trouver des applications multiples dans les domaines de l’industrie, de la pharmacie, de la médecine et des usages les plus courants où l’on cherche à améliorer les performances tout en économisant de l’énergie pour en appliquer les caractéristiques si particulières.

Crainte plus qu’enthousiasme

La séance de clôture du débat national sur les nanotechnologies, mardi 23 février, à la Maison de la chimie à Paris, aura été la plus calme des réunions tenues depuis quatre mois. Echaudés par la contestation, les organisateurs s’étaient prudemment cantonnés à un public choisi de deux cents invités, composé principalement d’experts. Ces derniers se sont surtout intéressés aux systèmes miniaturisés susceptibles de réduire la consommation d’énergie, de rendre les panneaux solaires plus performants, de stocker efficacement l’hydrogène des piles à combustible ou d’améliorer les procédés d’épuration des eaux. le premier cas, qui touche à la vie quotidienne (alimentation, produits de beauté, vêtements, automobiles, produits d’entretien…), l’accent est mis sur l’insuffisance des études sur la toxicologie et l’écotoxicologie des nanoparticules : 3% seulement des budgets publics de recherche sur les nanotechnologies leur sont aujourd’hui consacrés, l’essentiel des financements allant au développement des produits.

De l’informatique à la lumière et à la médecine

S’agissant des usages informatiques, les craintes tournent davantage autour des libertés individuelles, mises en danger par de futurs dispositifs de surveillance indétectables, capables de pister les citoyens à la trace. Quant au domaine médical, il fait naître l’espoir de nouvelles approches thérapeutiques (imagerie plus précise, nanomédicaments plus sélectifs, traitement des troubles neurodégénératifs comme la maladie de Parkinson), mais aussi redouter des interventions sur le cerveau visant, par des implants, à créer des "plus qu’humain", ou des "hommes augmentés". De quoi sera-t-il question tout au long de ces débats ? De technique ou de politique ? On peut craindre que l’explication cache la forêt, la plupart des Français n’ayant jamais entendu parler de ces nano-objets.

Discours sur l’invisible

Difficile de débattre sur un tsunami resté invisible. Les nanotechnologies – qui désignent les interventions sur la matière pour réarranger ses briques élémentaires ou atomes – déferlent en effet depuis dix ans sur le marché sans crier gare." Si l’initiative semble louable et pleine de bonnes intentions, les objectifs paraissent un peu flous, [et] on comprend assez rapidement que le débat est orienté dans un sens précis. Si l’internaute curieux souhaite s’informer et se faire un avis, le site du débat public propose une ’base de connaissance’ impressionnante de plusieurs centaines de pages entièrement consacrées à valoriser l’énorme potentiel des nanos et dans laquelle on trouve à peine … dix lignes sur les risques liés à ces technologies

Questionnement éthique :

1. D’où peut venir la terreur qu’inspirent les nouvelles technologies et le peu d’enthousiasme qu’elles suscitent ?

2. Est-ce cette réaction négative est liée à la peur viscérale déclenchée par les recherches atomiques ?

3. N’y a-t-il pas dans ce rejet et cette méfiance un manque d’information sur les bases scientifiques de ces techniques, leurs risques réels et le silence sur leurs avantages ?

4. Est-ce que le fameux principe de précaution ne jour pas un rôle négatif trop important auprès d’une population mal informée, dépourvue de culture scientifique et chez laquelle on titille plus la précaution que la curiosité de la nouveauté ?