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Le brouillard n’est pas que dans la rue

Des séparatistes revendiquent plusieurs attentats et veulent cibler les manifestations sportives de Pékin. Les autorités ne s’en émeuvent guère

Bonnes conditions à Pékin ?

lundi 28 juillet 2008, par Picospin

Il se dit aussi l’auteur de l’attaque contre un autobus à Shanghaï en mai, qui avait fait 3 morts dans un incendie resté mystérieux, ainsi que d’une attaque contre la police avec un tracteur chargé d’explosifs à Wenzhou le 17 juillet et d’un attentat à la bombe contre une usine de Canton le même jour. Le responsable militaire du groupe séparatiste ouïgour menace la Chine de nouvelles attaques durant les Jeux olympiques. « Notre but est de prendre pour cibles les points névralgiques des JO, affirme-t-il, nous allons attaquer des grandes villes chinoises en utilisant des tactiques qui n’ont jamais été employées. »

Séparatisme et terrorisme

Les questions sont nombreuses. Le Parti islamique du Turkestan est une dénomination jusqu’ici inconnue qui a été placée par les États-Unis sur la liste noire du terrorisme. Washington, comme Pékin, l’accuse de liens avec al-Qaida, car des activistes ouïgours ont été capturés en Afghanistan dont certains ont été enfermés à Guantanamo. Le Turkestan est le nom donné par les séparatistes ouïgours au Xinjiang, la province du nord-ouest de la Chine, peuplée à l’origine majoritairement de musulmans. Depuis plusieurs mois, les autorités chinoises stigmatisent cette menace terroriste en affirmant avoir démantelé des cellules qui avaient projeté de réaliser des attentats contre les JO. Les spécialistes occidentaux observent une absence flagrante de preuves et suspectent Pékin d’agiter cette menace pour justifier une sécurité draconienne. Cette fois, les autorités relativiseent la menace et contestnt la réalité des revendications. Des experts américains du centre de surveillance des menaces terroristes « IntelCenter », qui ont transcrit la vidéo, ont jugé très crédible la menace sur les JO. Les capacités opérationnelles des activistes ouïgours en Chine paraissent pourtant limitées. Et en privé, des responsables de la sécurité américains confient qu’ils sont beaucoup moins inquiets actuellement que lors des JO d’Athènes de 2004, où l’environnement géographique était beaucoup plus « poreux » que l’espace chinois, actuellement placé sous un contrôle rigoureux et sévère. Cette information vient à point nommé pour débattre du choix de la Chine comme site des JO 2008. Ce dernier a été apparemment choisi par le Comité olympique associé ou non à d’autres organismes, ce qui permet de lui imputer une grande partie de le responsabilité de la décision.

Responsabilité

Qu’elle ait été confondue ou influencée par des considérations d’ordre politique, économique ou géographique ne modifie pas considérablement la part de responsabilité qui incombe à leurs auteurs. Il était logique, et sans doute aussi souhaitable, que cet immense empire puisse être associé à la manifestation sportive ou dite sportive qui se déroule tous les 4 ans sur un site de rassemblement des nations dans un but moins de compétition ou de concurrence que de manifestation de la fraternité, de l’amitié, du partage des valeurs et des soucis de la planète. De là à accumuler les difficultés, les handicaps, les problèmes politiques et économiques et maintenant les dangers pour les acteurs eux-mêmes de ce rassemblement en un lieu à risques, il y avait un pas qu’on se devait de franchir avec précaution (selon le principe si souvent répété à propos d’autres questions), avec réflexion et après avoir épuisé tous les sujets de débats et de discussions posés par ce choix. Les inconvénients de ce transport collectif, y compris celui des pauvres chevaux qui voyagent en 1ère classe d’avions, la pollution qu’on voit tous le jours à Pékin, la pression policière et maintenant celle du terrorisme s’accumulent à l’horizon de la dizaine de jours qui nous séparent de la cérémonie d’ouverture des Jeux. La seule question qui ait été vraiment abordée et diffusée à l’opinion publique était celle de la participation des responsables politiques à la cérémonie d’ouverture des jeux.

Individualismes

Les Européens y ont répondu de façon individuelle sans concertation alors que la France en la personne de Nicolas Sarkozy y avait un rôle à jouer en raison de sa position prédominante. Angela Merkel et Gordon Brown pour ne citer que les principaux intéressés ont répondu de façon ferme et définitive, sans tergiversations et sans que apparemment ce positionnement ait joué un rôle prédominant sur les conséquences politiques et surtout économiques des relations commerciales entre la Chine et l’Occident. Au delà de ces considérations, il n’en demeure pas moins que soumettre les athlètes à des conditions climatiques aussi désagréables sinon dangereuses, à des risques d’actes terroristes susceptibles de rappeler ceux de Munich, de s’exposer à l’opprobre du pays pour avoir simplement osé témoigner du respect au daläi lama constituent des circonstances physiques et psychologiques pour le moins défavorables à l’accomplissement de hautes performances. En cela, la responsabilité des autorités engagées dans la prise de décision du choix du site olympique est pleinement engagée.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’Europe aurait du prendre une décision commune au sujet de sa participation aux JO de Pékin ou bien devait-elle permettre à chacun des états qui la composent à "voler" de ses propres ailes et à décider en son âme et conscience ce qui était le mieux pour ses intérêts, sa réputation dans le monde et l’impact que son positionnement pourrait imprimer à la Chine, à la nation et au reste de la planète ?

2. Fallait-il mettre en balance les avantages commerciaux des décisions de chaque état à ce propos, les inconvénients vis à vis de la Chine et le type de regard que risquait de porter sur chaque pays son attitude politique, éthique ou diplomatique ?

3. Est-ce que ces problèmes auraient pu prendre une autre orientation si le sites des JO avait été placé ailleurs ?

4. Y a-t-il compatibilité ou incompatibilité entre le sport, le commerce, la diplomatie, les relations entre pays et la conduite morale ?