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Du haut des tribunes

Des tribuns et des hommes (et des femmes)

Discours ou musique

jeudi 26 mars 2009, par Picospin

Il accuse notamment les pouvoirs publics de s’être livré à des dépenses excessives à un moment où la crise sévit pour tout le monde et plus particulièrement pour les moins favorisés d’entre nous.

Des mots durs

Il a prononcé des mots très durs pour les parachutes dorés, les niches fiscales, les injustices sociales, les souffrances de ses compatriotes qu’il ne cesse d’appeler ses chers compatriotes à un moment où ils éprouvent les plus grandes difficultés à survivre pendant une période qui s’annonce longue si l’on en croit les avis autorisés de ceux qui n’en ressentent que peu sinon pas du tout. Au milieu de ce dysfonctionnement du capitalisme que les nouveaux pompiers s’emploient à vouloir réparer, l’auteur de l’article incriminé a saisi au vol au-dessus d’un nid construit sur le toit de l’église de St Quentin des propos qui ont fait agiter ses oreilles à l’instar de celles du chat qui, très fines et captant un large spectre d’ondes, des plus amples aux plus fréquentes, sont animées en permanence par des mouvements brefs et subtils pour capter le chant des oiseaux, proie éventuelle pour ces tigres de salon aussi bien sinon mieux que les paroles pas toujours parfaitement adaptées qui sortent des précieuses bouches des célébrités politiques. Il aurait pu imaginer, avec un peu plus d’inspiration ou de créativité, une compétition entre des personnages les plus reconnus issus des grandes écoles nationales d’excellence qui se sont à un moment donné emparé du micro pour y inventer des mots lâchés à la cantonade ou des segments de phrases dont les malfaçons dans la construction ont risqué à tout moment de faire écrouler le mince échafaudage placé là pour soutenir un édifice déjà branlant.

Trop ou pas assez de diplômes

Dans la veine choisie pour égratigner les acteurs de la vie politiques bardés de diplômes au cours de l’ascension spectaculaire et acrobatique le long des travées de la construction provisoire ci-dessus mentionnée, des sentences ont été élaborées et prononcées qui auraient pu déchaîner la foudre et la tempête si les témoins, auditeurs de ces sonorités rugueuses n’avaient pas été éduqués pour les entendre sans bruits de fond hostiles et les recevoir sans ébranlement des tympans. Le terme de phrase a été à l’origine du mot « phrasé » qui s’adresse par privilège aux musiciens et mélomanes pour souligner les battements, la cadence, la pulsation, le tempo, la succession des silences et des motifs, la mélodie et l’enchainement des dessins et intervalles mélodiques. Ces détails s’appliquent aussi au discours qui doit être considéré, non pas comme une simple succession de mots, mais plutôt comme un enchaînement de membres de phrases de propositions, de syntagmes... —, chaque membre étant à son tour composé d’une succession de mots.

Musique

Dans le domaine de l’exécution musicale, une mélodie doit être considérée, non pas comme une simple succession de notes, mais plutôt comme « un enchaînement de phrases musicales », chaque phrase étant à son tour composée de plusieurs motifs — ou dessins mélodiques —, chacun d’entre eux consistant en une succession d’intervalles mélodiques. Dans ces exercices, certains excellent par leur capacité à nuancer le timbre de la voix, son intensité, la fréquence des sons pour faire de cette harangue une allocution, une exhortation, une homélie ou un sermon selon sa profession, son engagement, ou le type de message à délivrer. Y faut-il du talent, de l’intelligence, de la culture, du métier ? La question continue de rester posée tant sont variables les modes de réception des auditeurs, du public, des soutiens ou des fans qui se précipitent au bas de l’arène pour déguster le contenu des messages délivrés qu’ils soient d’avertissement, de haine, de menace, sinon de colère ou d’hostilité.

Questionnement :

1. Quel doit être le rôle d’un tribun ? Un entraineur d’hommes, un père qui rassure, protège et encourage ?

2. Quelles sont les qualités que le peuple peut exiger d’un homme d’état ? La sincérité, la franchise, la vérité, l’honnêteté, la vertu ?

3. Doit-on exiger d’un discours qu’il soit soit construit en suivant les lois de la raison, de la clarté, de la rhétorique, d’une construction sans faille et sans défauts ?

4. Peut-on s’autoriser à y introduire des néologismes, des constructions chaotiques dans la succession des mots et des phrases, des expressions populaires ?