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Saturation

Des trous dans les écoles ou de si longues vacances

Gavages ?

samedi 30 janvier 2010, par Picospin

Tout s’est passé comme si les adultes et enseignants, administratifs et autres catégories de personnels avaient plus d’importance que les enfants auxquels l’école, l’enseignement, l’apprentissage, l’éducation étaient spécialement destinés.

Rythmes scolaires

On parle de rythmes scolaires mais on pourrait tout aussi bien dire rythmes d’enseignants, d’organisation cohérente des cours, de répartition juste des horaires, de périodes de vacances adaptées au rythme général de la nation. Ce qui caractérise l’aménagement des horaires de travail en France, c’est l’extrême concentration des heures dans les journées œuvrées. Le résultat de cette gestion si particulière, c’est que pendant la très ou trop courte période de travail effectif dans l’année, les programmes, se chevauchent ce qui a pour conséquence une forte indisponibilité des personnes, l’impossibilité d’honorer les rendez-vous, les calendriers des réunions et de faire déclarer de façon laconique aux personnes concernées qu’elles sont « débordées ». Or cette situation est due uniquement au fait que les périodes de vacances, de départs vers des lieux de détente ou de résidences secondaires, de repos, créent une forte indisponibilité des actifs. De ce fait, ils sont retirés légalement et officiellement de toute activité productive pour la nation.

Trinquer

Comme pour l’alcool, dans cette affaire, les parents boivent et les enfants trinquent. Le rythme scolaire adopté actuellement crée une forte surcharge de travail d’absorption, de mémorisation, de compréhension, d’attention chez les enfants car ces derniers sont placés devant les mêmes contraintes que celles subies par les parents, une débauche de travail, d’occupation, de concentration fonctionnant en alternance avec de longues ou de trop longues périodes dites de détente. Ces dernières créent une véritable rupture avec la vie professionnelle en raison même de la longue durée d’un repos forcé et de loisirs dont on pense qu’ils seront capables de rééquilibrer le déséquilibre d’une alternance qui joue surtout au profit d’une démobilisation qui rend encore plus pénible toute habituation à un mode de vie à orienter vers l’activité professionnelle et non pas vers celle des loisirs. Ceux-ci ne sont destinés à préparer les corps et les âmes au courage indispensable à la réalisation d’objectifs réclamant tous un investissement psychologique, une préparation physique, des habitudes de vie renouvelées.

Traditions

Une autre tradition scolaire française veut que dans les priorités attribuées à l’enseignement, celle qui prédomine de loin est non seulement celle de l’exécution totale et intégrale du programme mais aussi celle du suivi fidèle et rigide de son contenu sans que nécessairement soit tenu compte dans ce bilan du niveau de compréhension des enseignés. Que dans ce secteur, on enregistre de bonne foi des pertes monstrueuses culpabilise moins que d’éventuelles lacunes qu’on s’accuse d’avoir laissé dans l’exécution des programmes qui restent marqués du sceau de la sacralité. Est-il bien certain que ce soit la docilité au programme qui doit être prioritaire plutôt que sa compréhension, l’aptitude à sa « métabolisation », l’apprentissage des manières de se servir des expériences transmises, des inventions et créations susceptibles d’être conçues et exécutées par l’enfant novice, désormais élevé à un degré de réflexion capable, moins de lui faire prendre l’ascenseur social que de lui faire comprendre comment il fonctionne. Avant de s’attacher à promouvoir l’innovation et l’invention, ne serait pas plus logique, sage et pertinent d’observer ce que font les autres, en particulier ceux qui atteignent de meilleurs résultats. Avant de peindre comme Rembrandt, ne faut-il pas tenter de le copier ?