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Comment vendre le vin ?

Des viticulteurs à Spinoza

Interdiction ou bénédiction ?

mardi 28 octobre 2008, par Picospin

Le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoire" préparé par la ministre de la santé prévoit à cet effet plusieurs mesures comme l’interdiction stricte de vente d’alcool aux moins de 18 ans et la prohibition des "open bars", ces soirées étudiantes où l’on peut boire à volonté après s’être acquitté d’un ticket d’entrée.

Pas d’opposition

Mais, dans le même temps, Roselyne Bachelot vient d’annoncer, avec un sens aigu de la litote, qu’elle ne s’opposera pas, lors de l’examen de ce texte au début de 2009, à un amendement parlementaire autorisant la publicité pour l’alcool sur Internet. La ministre s’est empressée d’ajouter que cette "actualisation" de la loi Evin, qui encadre strictement depuis 1991 la publicité pour les boissons alcoolisées, serait assortie de nombreuses protections : maintien de l’interdiction sur les sites voués aux jeunes ou au sport, messages assortis de mises en garde sanitaires, etc. Est-ce vouloir une chose et son contraire. Non seulement Internet est sans conteste le média préféré des jeunes, mais c’est un média sans frontières dans lequel les jeunes se sentent aussi à l’aise que des poissons dans l’eau, à ceci près que dans ce cas de figure il ne s’agit pas d’eau mais d’un liquide plus toxique à fortes doses. Rien n’interdit à un adolescent de naviguer à sa guise sur le Web, sur des sites qui ne lui sont pas destinés ou sur des sites étrangers qui ne se privent pas de faire de la publicité pour des boissons alcoolisées. Prétendre y poser des garde-fous est donc illusoire. A moins qu’il ne s’agisse d’une politique de gribouille, destinée à concilier l’inconciliable, en l’occurrence les impératifs de santé publique et les demandes insistantes des industriels du secteur pour lever les carcans qui brident leurs stratégies commerciales. L’abus d’alcool est en forte augmentation chez les jeunes depuis quelques années, phénomène qui n’est pas fait pour décourager l’alcoolisme et les dégâts qu’il provoque en France : 45 000 décès prématurés chaque année, 2 millions de personnes dépendantes, un tiers des accidents de la route provoqués par l’alcool et responsable de la plupart des violences conjugales. La ministre de la santé ne saurait l’ignorer. Roselyne Bachelot a préféré prendre les devants et composer avec le "lobby" des députés et sénateurs des régions viticoles. Dans un entretien au Figaro du 27 octobre, la ministre de la santé a fait un pas pour autoriser la publicité des boissons alcoolisées sur Internet à condition d’ interdire les "techniques intrusives", spams, pop-up et autres messages qui surgissent inopinément. Mme Bachelot veut aussi que "la promotion de l’alcool soit assortie de messages sanitaires bien visibles". Elle entend exclure de tout message les "sites dédiés à la jeunesse, au sport et aux activités sportives". Ces précautions ne satisfont pas pour autant les défenseurs de la prévention de la lutte contre l’alcoolisme, qui s’en tiennent à une application stricte de la loi Evin de 1991 qui définit les supports et les conditions de la publicité en faveur des boissons alcoolisées.

Une nouvelle loi modernisée

Il faut moderniser la loi au vu de l’évolution des nouvelles technologies. C’est pourquoi, je ne m’opposerai pas, lors de l’examen de la loi hôpital-santé-territoire au Parlement, à un amendement parlementaire qui actualise la loi Evin à condition de prévoir des garde-fous." Ce projet de loi qui prévoit l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs a été présenté lors du conseil des ministres du 23 octobre, mais son examen au Parlement n’aura pas lieu avant le premier semestre 2009. D’ici là, Jacques Domergue, chirurgien, député UMP de l’Hérault, a été chargé de réfléchir aux moyens de combler ce "vide juridique". La cour d’appel de Paris a reconnu les lacunes de la loi Evin qui ne retient pas explicitement les sites Internet parmi les supports autorisés à accueillir de la publicité pour des boissons alcoolisées. Saisie par l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), la cour a condamné la société Heineken - sponsor de la coupe du monde de rugby de 2007 - pour ses messages répétés et ses renvois à son site officiel. Outre les producteurs, les adresses de vente en ligne se retrouvent exposées. Microsoft a commencé de supprimer le référencement des sites producteurs ou de revendeurs de vin en France. Par crainte de poursuites, Google et Yahoo pourraient faire de même, alors que les vins étrangers ne sont pas concernés. Si Claude Evin n’est pas foncièrement hostile à l’initiative de Mme Bachelot, il s’acharne à verrouiller le contenu des messages limités aux seuls sites des professionnels des régions de production. Alors qu’elle s’apprêtait à tolérer des messages d’information des producteurs qui n’aient aucun contenu incitatif, l’ANPAA considère que l’option prise par le ministre est une fausse route qui ne préserve en rien la jeunesse. Ouvrir tous les sites à la publicité, c’est livrer le marché français à la publicité massive des grands groupes industriels ou des multinationales des brasseurs et spiritueux. La publicité pour l’alcool fleurit sur Internet, hors des limites prévu par la loi Evin. La loi « Hôpital, patients, santé et territoires », en cours d’élaboration, devra fournir un nouveau cadre juridique.

Publicité interdite sur Internet ?

La publicité pour l’alcool fleurit sur Internet, hors des limites prévu par la loi Evin. La loi Hôpital, patients, santé et territoires, en cours d’élaboration, devra fournir un nouveau cadre juridique. Cette mise en garde se fait aujourd’hui d’autant plus pressante que François Fillon devrait rendre dans les prochains jours un arbitrage très attendu sur ce thème. Quelle est cette histoire ?, Comment l’interpréter ? Peut-on croire qu’il y ait une tension entre la nécessité de renforcer la loi contre l’alcoolisme en fonction des récentes données sur les dérives de la communication, en particulier celle de l’Internet particulièrement accessible aux jeunes qui savent mieux la manier que leurs parents et grand-parents ? Face à ce problème, y-a-t-il intervention de certains lobbies qui profitent de cette situation pour exploiter les brèches ouvertes dans le système de communication et de publicité ? Ou bien, assiste-t-on à une tentative de brouiller les cartes, de masquer des stratégies et d’exploiter des défaillances dans la cohérence d’une action destinée à protéger les jeunes délinquants ? Les exemples viennent d’en haut. Ils peuvent difficilement prendre une source plus élevée, puisque c’est dans la Bible qu’on rapporte de telles situation. C’est Spinoza qui a osé lever le voile sur le contenu très suspect de la Bible dans laquelle on assiste à une combinaison entre la morale rationnelle et un fondement historique qui en fait un commandement divin et partant que Dieu soit présenté comme un législateur ce qui est contraire à toute interprétation philosophique. D’un autre côté, cette dernière est liée au désir de Paul d’être un Grec parmi les Grecs et de rendre l’Evangile acceptable pour une multitude teintée de philosophie grecque. Spinoza suggère aussi que la Bible est inintelligible par son contenu ce qui explique qu’il ne la comprend pas et par conséquent qu’elle est remplie de mystères, sinon de contradictions, voire de doctrines absurdes ou contradictoires et de préjugés primitifs et de superstitions. Il ajoute que d’après lui, Paul parle à la manière des hommes ce qui se traduit pas les opinions du vulgaire. Ces dernières sont opposées à l’opinion véritable de l’auteur dont, de ce fait, il faut se méfier. Lui-même veut adapter l’expression de sa pensée aux opinions généralement acceptées en les professant même s’il les tient pour absurdes ou fausses.